Le lancement de BON.NES, un collectif nantais pour les restauratrices

BON.NES a été créé il y a quelques mois par un groupe de restauratrices qui ont constaté le besoin de solidarité entre les femmes travaillant dans la gastronomie. Leur premier événement, une fête du solstice d’été, aura lieu le 20 juin à l’AERoFAB Taproom pour célébrer la création du collectif et son manifeste.

Deux des fondatrices de BON.NES, Maëlle Cron et Alice Thierry de Ville d’Avray, devant La Mandale, où Maëlle est la seconde de cuisine. Photo : Mimi Huelster, 15/06/2026

BON.NES, un nouveau collectif nantais, a vu le jour il y a environ deux mois. «  Ça part toujours d’une rencontre avec une personne », se rememore Alice Thierry de Ville d’Avray, cofondatrice du collectif. « Et l’envie de la valoriser, de montrer ses talents, son savoir-faire. De donner à voir, de la faire connaître, de la rendre visible. »

Alice est également la fondatrice de Fair-e, un restaurant sur l’Île de Nantes qui accueille des personnes réfugiées pour les former à la cuisine. De plus, elle est organisatrice de la section nantaise du Refugee Food Festival, où elle a rencontré plusieurs collègues femmes travaillant dans la restauration. Certaines ont été si inspirantes pour Alice qu’elle a décidé d’organiser un banquet avec et pour elles. « Pour être très honnête, admet-elle, c’était juste un banquet que je voulais faire, avec trois ou quatre cheffes, des nappes rouges à carreaux. Et en fait, on se retrouve à créer un collectif. J’en suis encore plus heureuse.  »

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L’une des premières membres de ce qui deviendra BON.NES est Maëlle Cron, la seconde au restaurant La Mandale. Elle et Alice se sont rencontrées plus tôt cette année alors qu’elles travaillaient ensemble pour préparer le Refugee Food Festival. Ce qui a commencé avec huit ou neuf femmes organisant un banquet s’est rapidement transformé en un groupe d’au moins vingt-trois membres avec son propre manifeste.

« Longtemps, les femmes et minorités de genre ont nourri le monde sans qu’on prononce leurs noms », indique le manifeste publié sur le compte Instagram de BON.NES. « BON.NES est né pour remettre les bonnes personnes au milieu de la table. »

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« J’avais pas mal de mauvaises expériences auparavant dans des restaurants avec des hommes », soupire Maëlle, qui vient d’être nommée présidente du collectif. « Les premières fois où il m’est arrivé des embrouilles en cuisine, je n’ai rien dit. Je ne suis pas allée aux Prud’hommes parce que je savais que ça réduirait mes chances de travailler dans d’autres restaurants qui pourraient me plaire. Si tu te plains, tu es très vite qualifiée de ‘personne qui fait chier.’ Personne n’a envie d’embaucher ‘des personnes qui font chier.’ »

Alice a pris connaissance ce matin-là qu’elle avait entendu parler d’un apprentissage d’une jeune femme qui s’était mal passé en raison de la misogynie sur son lieu de travail. « C’est la preuve que c’est nécessaire qu’il faut qu’on fasse front et qu’on se serve de ce collectif pour essayer de faire bouger les choses à notre petite échelle », remarque Alice.

Un repas avec « un menu manifeste »

Le tout premier événement BON.NES aura lieu le samedi 20 juin à l’AERoFAB Taproom. A partir de 13h aura lieu un banquet, un format «  assez convivial, assez festif  », décrit Alice. « Pendant le repas il va quand même y avoir un menu qui sera un menu manifeste, où justement on expliquera notre raison d’être.  »

Le thème général des plats qui seront proposés, explique Maëlle, « c’est que chacune puisse exprimer son univers sans qu’il y ait d’injonction d’utiliser tel ou tel truc ou de suivre tel directif. Le but du collectif est qu’on puisse s’exprimer librement, qu’on ait une voix et qu’elle soit entendue. »

«  La seule prérogative c’était d’utiliser les produits des maraîchères qui sont dans le collectif  », ajoute-elle. « Ça, c’était la grosse injonction.  »

De 15h à 2h, des assiettes à partager seront également proposées, créées par les membres du collectif, ainsi que des DJ sets de Flora, La Plaisir, et Pauline Gompertz.

Un prétexte pour se réunir et preparer l’avenir

Les membres du collectif qui préparent les plats du samedi soir prévoient toutes de cuisiner ensemble le vendredi après-midi. « Il va y avoir des échanges, des connexions. C’est un peu ça l’harmonie du moment », explique Alice avec enthousiasme.

Non seulement samedi marquera le premier événement organisé par BON.NES, mais ce sera aussi la première fois que la plupart des membres du collectif se rencontreront. L’occasion pour Alice de sonder les envies de chacune « et aussi du temps que chacune peut investir dans le collectif.  »

L’avenir de BON.NES reste grand ouvert, avec l’enthousiasme et l’énergie d’une toute nouvelle organisation. Alice espère continuer «  à séduire les femmes de la gastronomie.  » Elle conclut : « Plus on est nombreuses, plus on sera fortes dans ce qu’on veut faire valoir. »


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