Refugee Food Festival : « on cuisine, on échange, on fait connaissance »

Le 10 juin, dans le cadre du Refugee Food Festival à Nantes, les associations Wontanara et Maison Jeunes Migrants se sont associées à La Cocotte Solidaire pour une soirée placée sous le signe de la bonne chère, de solidarité et d’une expérience positive pour les jeunes migrant·es non accompagné·es.

Le menu du soir. Photo : Amandine Masson, 10/06/2026

Une soixantaine de personnes se sont retrouvées à La Cocotte Solidaire le soir du 10 juin pour un dîner. Ce repas, cependant, était unique. Dans le cadre du Refugee Food Festival, les convives ont pu déguster un plat préparé par de jeunes participant·es de Wontanara et de la Maison Jeunes Migrants (MJM), sous la houlette de Maëlle Cron, seconde de cuisine du restaurant La Mandale.

Cette année marque la 10e édition du Refugee Food Festival, un événement qui se déroule dans douze villes de France durant tout le mois de juin. À Nantes, cinq festivités ont eu lieu du 6 au 12 juin. La soirée à La Cocotte Solidaire était la seule à impliquer un collectif de jeunes mineur·es exilé·es, plutôt qu’un·e chef·fe migrant·e associé à un·e professionnel·le nantais·e. Mais la mission du festival restait la même.

« L’idée, c’est que chacun ait sa place dans la société qu’on imagine. Chacun a sa place aussi autour de la table, en cuisine », a déclaré Nadège Bakhti, co-porteuse de l’édition nantaise du Refugee Food Festival.

Les associations participantes, Wontanara et MJM, accompagnent les jeunes migrant·es non accompagné·es à Nantes vers le logement, l’éducation et l’intégration sociale. La collaboration entre le Refugee Food Festival, Wontanara et MJM s’est faite tout naturellement selon Véronique Haspot, co-présidente de MJM. « Je trouve qu’à plusieurs on est plus fort », a dit Véronique. « Et donc c’est important de lier des partenariats comme ça avec les autres associations sur le terrain. »

Des bénévoles et des jeunes de Wontanara et de MJM travaillent ensemble dans la cuisine. Photo : Mimi Huelster, 10/06/2026

Travail d’équipe en cuisine

L’étape suivante a consisté à inviter Maëlle Cron-Abraham comme cheffe cuisinière. Nadège a expliqué que les organisateurs·trices estiment important « qu’il y ait une cheffe qui vient partager ses connaissances et que les jeunes partagent avec elle aussi ». Le plat principal choisi pour la soirée était une adaptation du mafé, un ragoût d’arachides typique d’Afrique de l’Ouest et originaire du Sénégal.

Aux côtés de Maëlle en cuisine, une quinzaine de garçons, pour la plupart originaires d’Afrique de l’Ouest, et d’autres bénévoles de Wontanara et MJM. Al-My, bénévole à Wontanara et immigré guinéen, avait déjà participé aux éditions précédentes de Refugee Food Festival. « L’expérience ici, c’est de faire de belles rencontres », a-t-il déclaré. « Là, on cuisine, on échange, on fait la connaissance. C’est très agréable. »

Steph, bénévole régulière à La Cocotte Solidaire, était également présente en cuisine. Malgré le caractère exceptionnel de l’événement, elle a confié que l’ambiance était la même que d’habitude à La Cocotte : « On plaisante, chacun met sa musique qu’il veut écouter. Que ce soit des réfugiés ou des non-réfugiés, c’est pareil. »

Les participants attendent dans une ambiance conviviale à La Cocotte Solidaire. Photo : Amandine Masson, 10/06/2026

« Occuper un maximum l’espace » contre la xénophobie

Face à la montée de la xénophobie et du sentiment anti-immigré·es en France et dans le monde, les participant·es ont ressenti que le Refugee Food Festival revêtait cette année une importance particulière pour Nantes.

« C’est toujours important d’être là et d’occuper un maximum l’espace », assume Nadège, « parce qu’on a beaucoup de discours xénophobes, racistes qui nous envahissent et qui prennent trop de place. »

« Il y en a beaucoup qui sont contre l’immigration alors que c’est la mondialisation », constate Al-My. « On ne peut pas lutter contre ça en fait. C’est impossible. Ça a toujours existé et ça va exister qu’on veut ou pas, parce que le monde est comme ça.  »

Selon Véronique, les événements de la soirée étaient tout aussi importants pour les jeunes mineur·es exilé·es que pour les organisateurs et les convives. « C’est des jeunes formidables qui sont hyper courageux, qui sont dignes d’admiration », observe la co-présidente de MJM. « Et si on leur apporte des choses, ils nous apportent énormément. Ils nous transmettent plein de valeurs qu’on a tendance à oublier ici dans nos sociétés. »

Wontanara, qui héberge temporairement des mineur·es non accompagné·es, recherche désespérément des bénévoles pour accueillir ceux qui en ont besoin. « Il faut savoir qu’il y a plusieurs jeunes qui sont dans la rue aujourd’hui », regrette Al-My. Et pour le moment, il n’y a pas assez de logements pour les accueillir. « On en manque beaucoup. » La soirée du Refugee Food Festival a été un succès, mais le travail pour un monde plus accueillant pour les exilé·es se poursuit.


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