Malgré l’interdiction de manifester, le mouvement anti-CRA se poursuit

800 personnes se sont rassemblées samedi 19 septembre à l’appel de la coordination COLERE Nantes – CRA ni ici ni ailleurs pour manifester contre le projet de Centre de Rétention Administrative (CRA) à Carquefou. Initialement prévu sur le terrain du Champ-de-Manœuvre, site de construction du CRA, le rassemblement a été interdit par la préfecture quelques heures plus tôt pour « jouer sur la sidération », selon l’un de porte-parole du mouvement. Reportage photo.

La manifestation était organisée à l'initiative de la coordination COLERE Nantes – CRA ni ici ni ailleurs, qui réunit depuis 2022 des syndicats, associations, organisations politiques ou non, ainsi que des personnes à titre individuel. (Photo : Florence Calvez, 19/09/2026)
Le rassemblement devait se tenir ce samedi 19 septembre à 15 h au Champ-de-Manœuvre, à la limite entre Nantes et Carquefou. Le préfet de Loire-Atlantique l’a cependant interdit quelques heures auparavant, évoquant un possible « trouble à l’ordre public ». « On dit toujours que quand un étranger arrive dans un pays, il doit en respecter les traditions », ironise Eric, militant de L’APRÈS (Alliance pour la république écologique et sociale). « Le nouveau préfet (Laurent Hottiaux, nommé le 24 juin, ndlr) doit faire la même chose : la tradition à Nantes depuis 1955 c’est de ne pas déclarer les manifestations, il doit la respecter. » En effet, depuis la mort de Jean Rigollet, touché par un tir de CRS lors d’une manifestation d’ouvriers, les organisateur·ices de manifestations ont pris l’habitude de ne pas déclarer celles-ci en préfecture. Photo : Florence Calvez, 19/09/2026

 

L’ARALB (Association des Riverains et Amis De La Beaujoire) avait déposé avec d’autres associations un recours auprès du tribunal administratif pour contester le défrichage de 4 hectares du Bois dormant sur le site du Champ-de-Manœuvre. L’abatage des arbres a finalement commencé lundi 14 septembre, avant même l’annonce du rejet de ce recours le lendemain. La mobilisation continue toutefois : « Avec COLERE, on ne lâche pas l’affaire », assure Anne, l’une des adhérentes de l’ARALB. Photo : Florence Calvez, 19/09/2026

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Plusieurs membres du Grenier Nantais, sous-branche des Soulèvement de la Terre (membre de COLERE), étaient présent·es lors de la manifestation. Leur rôle est de ravitailler les manifestant·e·s, en cookies à prix libre en l’occurrence. Pour Tony, porte-drapeau de l’organisation, il est crucial de « nourrir les luttes pour rassembler les âmes ». Photo : Florence Calvez, 19/09/2026

 

De nombreuses formations politiques et associatives étaient présentes lors du rassemblement, ainsi que des particulier·es comme cette famille avec des pancartes « DemoCRAtie en danger » et « CRA, ça CRAint ». La manifestation s’est déroulée dans le calme sur la place des Tonneliers. D’après un manifestant, « environ 300 personnes » se sont ensuite dirigées vers le Champ-de-Manœuvre, où elles ont été repoussées par les CRS, qui ont lancé « 2 ou 3 bombes lacrymogènes ». Photo : Florence Calvez, 19/09/2026
Benjamin Cuena a pris la parole au nom de COLERE en soulignant que « l’excuse pour la construction des CRA est l’insécurité. Mais les chiffres le montrent : dans les villes où il y a des CRA, ils ont 0 effet sur la délinquance ». Il a ensuite rappelé les chiffres clé du projet de CRA : son coût total est estimé à 40 millions d’euros, 4 hectares de forêt doivent être défrichés pour la construction. « 602€, c’est le coût de la détention d’une personne pour une journée », a-t-il ajouté. « Et on nous dit qu’il n’y a pas d’argent pour l’hôpital public, pour l’éducation ! » Il a également mis en avant la contradiction entre les canicules qu’a connu le pays cet été et la destruction d’un des derniers poumons verts de Nantes. Photo : Florence Calvez, 19/09/2026

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Même si les engins ont déjà abattus de nombreux arbres au Bois dormant, la lutte anti-CRA ne faiblit pas. Deux recours ont été déposés : l’un contre l’autorisation environnementale et l’autre contre le permis de construire. Cependant il est important selon Benjamin Cuena de « ne pas tout faire reposer sur des recours juridiques ». Pour lui, « le projet aurait pu passer comme une lettre à la poste, or aujourd’hui le chantier est une citadelle assiégée. » L’opposition au projet ne cesse de grandir, en témoigne l’augmentation du nombre d’organisations membres de COLERE, près d’une quarantaine aujourd’hui. La dernière en date à avoir rejoint la coordination est Nous Toutes 44. Le prochain rendez-vous aura lieu le samedi 10 octobre à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Photo : Florence Calvez, 20/09/2026

 


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