Grande soirée Enfance des Fameuses : « On a besoin d’avancer »

Reportage photos. Mercredi 14 octobre 2026, l’association féministe nantaise Les Fameuses a réuni 310 personnes au cinéma Pathé de Nantes pour une soirée consacrée aux violences dans l’enfance. Témoignages, tables rondes et ateliers participatifs ont invité le public à questionner la place accordée aux enfants et à réfléchir aux moyens d’agir.

Le stand de la librairie Les Vagues accueillait les participant·es à la soirée "En finir avec les violences dans l'enfance : comprendre et agir", organisée par Les Fameuses au cinéma Pathé de Nantes. Une sélection d'ouvrages permettait de prolonger les réflexions sur les droits des enfants, les violences éducatives et les rapports de domination. Photo : Amélie Fortin, 14/10/2026.
De gauche à droite : Lucile Vannier, Anne Pedron et Louise Clisson, co-présidentes de l’association Les Fameuses, entendent sensibiliser aux mécanismes de domination et aux violences systémiques subies par les enfants, en soulignant leur continuum avec les luttes féministes. « En tant qu’adulte, on fait partie du problème et de la solution », rappellent-elles, avec l’ambition de faire de la réflexion collective, de l’art et de la culture des leviers d’action. Photo : Amélie Fortin, 14/10/2026.

 

Lors du discours d’ouverture, les co-présidentes des Fameuses ont rappelé leur volonté de dépasser le simple constat des violences faites aux enfants pour « comprendre vraiment le système de violence que subissent les enfants ». Au-delà des constats, la soirée était pensée pour transformer la prise de conscience en action collective. Photo : Amélie Fortin, 14/10/2026.

 

Malou, 17 ans, et Anouk, 15 ans, lycéennes nantaises, ont dénoncé l’adultisme au sein de l’Éducation nationale, entre conditions d’apprentissage dégradées, répression des mobilisations et absence de consultation des élèves. « On n’est inclus dans aucune décision qui nous concerne directement », regrettent-elles, avant d’appeler les adultes présent·es à rejoindre leurs mobilisations. Photo : Amélie Fortin, 14/10/2026.

 

Marlène Collineau, élue à la Ville et à la Métropole de Nantes, a appelé à élargir la mobilisation contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Elle a notamment défendu la nécessité d’une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, dotée de moyens financiers à la hauteur des besoins, tout en alertant sur la montée des mouvements masculinistes et conservateurs. Photo : Amélie Fortin, 14/10/2026.

 

Originaire d’Évry et installée à Nantes depuis 2020, la rappeuse et chanteuse Shadéblauck a ponctué la soirée d’un showcase. Elle écrit et interprète notamment des chansons inspirées de traumatismes vécus dans l’enfance, pour explorer les thématiques « de la mémoire, de l’identité et de la guérison ». Active sur la scène musicale nantaise depuis 2021, elle se produira gratuitement le 23 octobre au Petit Café de Rezé. Photo : Amélie Fortin, 14/10/2026.

 

« Les droits des enfants, c’est quoi ? » : plusieurs filles et garçons ont tenté de répondre à cette question dans une série de capsules sonores diffusées pendant la soirée. Entre droit de jouer, d’aller à l’école, de manger des bonbons ou de ne pas subir de violences, leurs réponses ont tour à tour amusé et attendri les spectateur·rices, toujours très attentif·ves à leurs réflexions, parfois drôles, parfois étonnamment lucides. Photo : Amélie Fortin, 14/10/2026.

 

« Je suis une enfant saccagée par la protection de l’enfance. » Placée à l’âge de 7 ans pour échapper aux violences de sa mère, Médina Djoé raconte au micro avoir subi de nouvelles violences, notamment sexuelles et racistes, au sein du système de protection de l’enfance. Aujourd’hui âgée de 24 ans, elle évoque un parcours marqué par « à peu près 25 déménagements » et l’absence de stabilité. Une colère qu’elle transforme désormais en engagement pour faire entendre la voix des jeunes encore placés. Photo : Amélie Fortin, 14/10/2026.

 

La première table ronde a réuni quatre regards complémentaires sur les violences faites aux femmes et aux enfants : Agathe Willaume, directrice de Citad’elles à Nantes, Alice Gayraud, ancienne responsable du plaidoyer de la Ciivise, Cécile Kovacshazy, universitaire spécialiste de la misopédie (le mépris et la dévalorisation des enfants), et Médina Djoé, militante engagée. « On est toutes et tous tombé·es dans la marmite de la misopédie », estime Cécile Kovacshazy, pour souligner à quel point cette domination est ancrée dans notre culture. Photo : Amélie Fortin, 14/10/2026.

 

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La soirée a également donné la parole à Julie Molimard (en photo, au micro), pédiatre à l’Unité d’accueil pédiatrique des enfants en danger du CHU de Nantes, spécialisée dans le repérage et la prise en charge des enfants victimes de violences. Une intervention qui témoigne de la volonté des Fameuses de mettre en lumière les acteurs du territoire nantais. Claire Bourdille, fondatrice du Collectif Enfantiste en 2022, est quant à elle intervenue en vidéo. Les débats ont été animés par Clémence Leveau et Clémentine Lemaire, du collectif féministe nouEs, spécialisé dans la sensibilisation aux inégalités de genre. Photo : Amélie Fortin, 14/10/2026.

 

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Lors d’un atelier participatif, l’association Iki Iki a invité le public à questionner les violences éducatives ordinaires, avant de retracer l’évolution des droits des enfants à travers un quiz historique. Certaines réponses ont provoqué une vague de réactions outrées dans la salle, révélant à quel point la domination adulte reste profondément ancrée dans notre société. Photo : Amélie Fortin, 14/10/2026.

 

La dernière table ronde a réuni Alissa Denissova, engagée pour les droits des enfants placés, Ann-Laure Bourgeois, spécialiste de l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle, et Capucine Coudrier, militante féministe. Ensemble, elles ont imaginé les contours d’une société où les droits des enfants seraient pleinement respectés : mieux les informer, leur donner les moyens de se défendre et construire des politiques publiques qui protègent aussi les plus vulnérables. Les échanges ont également soulevé une question centrale : comment prévenir les violences plutôt que se limiter à punir leurs auteurs ? Photo : Amélie Fortin, 14/10/2026.

 

Portrait de la créatrice de contenus Capucine Coudrier. Photo : Ambre Guitton, 12/05/2026

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Pour faciliter la participation du plus grand nombre, l’ensemble des échanges a été interprété en langue des signes française (LSF). La salle était également adaptée aux personnes à mobilité réduite et un service de garde d’enfants était proposé sur inscription. Photo : Amélie Fortin, 14/10/2026.

 

310 personnes ont participé à la soirée selon les organisatrices. Lors du temps d’échange final, les questions du public ont notamment porté sur les moyens d’agir face à des situations de maltraitance et sur les structures à contacter pour protéger les enfants. Au lendemain de l’événement, les organisatrices ont reçu de nombreux messages de remerciement. « Ça fait tellement de bien de se retrouver dans un espace safe où les paroles sont libérées (et surtout écoutées) », témoigne une participante. Pour les co-présidentes, l’objectif est atteint, à savoir « diffuser les savoirs féministes, rendre visibles les associations et organisations engagées, créer du lien et donner envie d’agir ». Photo : Amélie Fortin, 14/10/2026.

 


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