12 février 2026

« Résistance » un thème fort pour les 10 ans de Nuit Blanche des Chercheur.es

Le 12 février 2026, le Stereolux à Nantes accueillera la dixième édition de Nuit Blanche des Chercheur.es. Un événement de médiation scientifique mêlant ateliers, conférences et formats participatifs. Chercheur.es, étudiant.es et artistes y croiseront leurs regards, des sciences aux arts et aux sciences humaines, autour d’un fil rouge commun: la résistance. À travers cette programmation transversale, l’événement interroge la manière dont cette notion a été pensée et déclinée au sein des différents champs de la recherche.

« Résistance » un thème fort pour les 10 ans de Nuit Blanche des Chercheur.es

12 Fév 2026

Le 12 février 2026, le Stereolux à Nantes accueillera la dixième édition de Nuit Blanche des Chercheur.es. Un événement de médiation scientifique mêlant ateliers, conférences et formats participatifs. Chercheur.es, étudiant.es et artistes y croiseront leurs regards, des sciences aux arts et aux sciences humaines, autour d’un fil rouge commun: la résistance. À travers cette programmation transversale, l’événement interroge la manière dont cette notion a été pensée et déclinée au sein des différents champs de la recherche.

« C’est d’actualité. Malgré les complications dans le secteur culturel, ça fait dix ans que l’évènement existe et surtout, qu’il résiste ». Jeudi 12 février 2026 prochain, pour la Nuit Blanche des Chercheur.es, l’Université de Nantes, en partenariat avec Stereolux a choisi un fil rouge bien spécifique : la résistance. Sophie Martin, responsable évènementiel et communication à Nantes Université depuis maintenant neuf années, explique que « le but est de surprendre le public avec un mot qui peut se décliner dans plusieurs domaines et attiser la curiosité ».

Face au succès croissant de l’événement, l’organisation s’étendra également à la Halle 6 Ouest, un bâtiment universitaire situé à proximité de Stereolux, permettant d’accueillir davantage de propositions et, pour la première fois, un public aussi nombreux, avec près de « 2 500 personnes attendues ». Un format qui séduit, selon Sophie Martin: « C’est une sortie scientifique, culturelle, artistique, festive et gratuite ».

Sophie Martin, responsable évènementiel et communication à Nantes Université 03/02/26 © Zineb Benkhider

Un fil rouge large pour une programmation plurielle

« Le souhait était de choisir une thématique forte et plurielle, capable de se décliner dans différents domaines de recherche » commence-t-elle. Chaque année, la rencontre s’articule autour d’un sujet central. « Cela permet d’orienter la programmation, aussi bien sur les conférences que sur les ateliers », précise Sophie Martin.

Cela s’inscrit dans une « logique institutionnelle. Il fallait un thème capable de parler à l’ensemble des laboratoires de Nantes Université ». Le contenu étant « construit à partir des propositions des équipes de recherche, il était essentiel que chacun puisse s’y reconnaître », insiste-t-elle.

Avec 42 structures de recherche, la diversité est au cœur du programme. Santé, climat, éco-anxiété, droit, musique : autant d’entrées qui permettent de décliner l’idée centrale sous des formes parfois « insoupçonnables ».

Construire la programmation : un travail en plusieurs temps

Derrière tout ces formats et ces disciplines, il y plusieurs étapes. À chaque édition, un.e responsable scientifique est désigné.e. Il.elle est « garant.e de la crédibilité scientifique et de l’interdisciplinarité de l’événement » détaille Sophie. Les grands axes sont identifiés et, ensemble, ils accompagnent les organismes pour les aider à démocratiser les contenus. C’est important « qu’ils se mettent à la place du public et expliquent à quoi sert leur recherche, quels sont les impacts sur la société ».

En parallèle, un appel à participation est lancé auprès des structures de recherche. « On n’avait jamais eu autant de réponses. Le thème a clairement résonné auprès des chercheur.es » souligne-t-elle. La sélection repose sur plusieurs critères. Il faut un lien clair avec l’idée principale, l’accessibilité au grand public et le caractère inédit des propositions. « On tient aussi à ce que les projets soient compréhensibles, sans prérequis scientifiques », ajoute-t-elle.

Des formes variées de résistance

Cette volonté d’ouvrir le sens du mot se retrouve dans les conférences proposées. La résistance ne renvoie pas seulement à l’histoire ou aux conflits. « Elle peut être émotionnelle, juridique, sociale ou même biologique » continue la responsable.

Céline Gallen, du Laboratoire d’Économie et de Management Nantes-Atlantique, interviendra, en collaboration avec des étudiant.es du Food Design Lab de Nantes, lors d’une conférence sur les habitudes alimentaires (2050 : plus de viande, on mange quoi ?).
Dans son travail de recherche, « la résistance, ce n’est pas un engagement militant. C’est un objet d’étude ». Elle analyse « les freins psychologiques et culturels qui empêchent d’adopter de nouvelles pratiques alimentaires ».

Céline Gallen, Professeure en Marketing, Responsable du Master Etudes et Actions Marketing, IAE – Département Management 06/02/26 © Zineb Benkhider

Pour Vincent Granata, maître de conférences et responsable de la spécialité Humanités et Musique à l’Université de Nantes depuis septembre 2024, « la musique est un espace de résistance, non pas parce qu’elle proteste explicitement, mais parce qu’elle permet une affirmation identitaire, souvent implicite ». Dans son travail, il explique également que « réduire la musique à un simple vecteur d’émotions est très réducteur. Elle est aussi un vecteur de signification, qui dit quelque chose du monde et des identités ». Il interviendra sur La face B de la musique, en collaboration avec Christophe Chassol, compositeur, arrangeur et claviériste.

Vincent Granata, Maître de conférences en Musique et musicologie – Nantes Université, Responsable de la spécialité « Humanités et Musique » – UFR Lettres et Langages, Centre Atlantique de Philosophie 06/02/26 © Zineb Benkhider

Une manifestation destinée à un large public

Au-delà de l’idée directrice, la Nuit Blanche des Chercheur.es revendique une ambition claire : rendre la recherche accessible à tous.tes. « Il n’y a pas besoin de s’y connaître. Les chercheur.es sont là pour expliquer, pour vulgariser, pour montrer à quoi servent leurs travaux », finit Sophie Martin.

Étudiant.es, curieux.ses ou simples visiteur.ices peuvent ainsi rencontrer des chercheur.es dans un cadre différent de l’université, le temps d’une soirée. Une manière d’ouvrir les portes de la recherche, et de montrer que, quel que soit le domaine, elle interroge le monde d’aujourd’hui et celui de demain.

Infos pratiques

Jeudi 12 février 2026

Stereolux et Hall 6 Ouest

Gratuit

Programmation Nuit Blanche des Chercheur.es

À 34 ans, Zineb entame un nouveau chapitre de sa vie en rejoignant le média nantais Fragil comme rédactrice bénévole. Issue du domaine de l’enseignement, elle voit dans le journalisme une autre façon de transmettre et de développer de nouvelles compétences.

L'édito

Touche pas à mon info !

L’investigation vit-elle ses derniers mois sur l’audiovisuel public en France ? Contraints par une réduction budgétaire de 50 millions d’euros en 2018 par rapport au contrat d’objectifs et de moyens conclu avec l’ancien gouvernement, les magazines « Envoyé Spécial » et « Complément d’enquête » verront leurs effectifs drastiquement diminués et une réduction du temps de diffusion au point de ne plus pouvoir assurer correctement leur mission d’information. Depuis l’annonce, les soutiens s’accumulent, notamment sur Twitter avec le hashtag #Touchepasàmoninfo, pour tenter de peser sur les décisions de Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, déjà visée par une motion de défiance. L’association Fragil, défenseur d’une information indépendante et sociétale, se joint à ce mouvement de soutien.

Après la directive adoptée par le Parlement européen portant sur le secret des affaires en avril 2016, il s’agit d’un nouveau coup porté à l’investigation journalistique en France. Scandales de la dépakine, du levothyrox, du coton ouzbek (pour ne citer qu’eux), reportages en France ou à l’étranger sur des théâtres de guerre, à la découverte de cultures et de civilisations sont autant de sujets considérés d’utilité publique. Cela prend du temps et cela coûte évidemment de l’argent. Mais il s’agit bien d’éveiller les consciences, de susciter l’interrogation, l’émerveillement, l’étonnement ou l’indignation. Sortir des carcans d’une société de consommation en portant la contradiction, faire la lumière sur des pratiques, des actes que des citoyens pensaient impensables mais bien réels. Telle est « la première priorité du service public », comme le considère Yannick Letranchant, directeur de l’information.

En conclusion, nous ne pouvions passer à côté d’une citation d’Albert Londres ô combien au goût du jour, prix éponyme que des journalistes d' »Envoyé Spécial » ont déjà remporté : « Je demeure convaincu qu’un journaliste n’est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie. »


Valentin Gaborieau – Décembre 2017