Le festival d’arts de rue Rebonds s’immisce dans la ville

Reportage photos. Du 10 au 12 juillet 2026, le festival Rebonds a transformé les rues, parkings et places en scènes à ciel ouvert, de la gare de Nantes jusqu’au boulevard Doulon. Organisée par Interstices, cette cinquième édition a réunit une dizaine de spectacles, ateliers et performances, autour de villages éphémères animés par des bénévoles et des associations locales. L’occasion, pour les artistes comme pour le public, de se réapproprier et redécouvrir les espaces du quotidien. Retour sur une sélection des temps forts du week-end.

Ce dimanche, le parvis de l’église Notre-Dame-de-Toutes-Aides est devenu le terrain de jeu du collectif Ussé Inné, entraînant avec lui les Nantais·es dans une expérience de danse joyeuse et pleine de surprises. Un moment suspendu pour laisser les corps s’exprimer et la bonne humeur se répandre. Photo : Amélie Fortin, le 12/07/2026

 

Rue de Richebourg, à deux pas de la gare, les façades, les trottoirs et les voitures sont devenus le décor du spectacle Le Grand OUI du collectif Ussé Inné, une chorégraphie improvisée au gré des rencontres avec les passant·es, sous le regard enjoué et intrigué des Nantais·es. Photo : Amélie Fortin, le 11/07/2026

 

Entre deux spectacles, le village du festival prolonge cette réinvention de l’espace, comme au parc de la Moutonnerie ce samedi. Public, bénévoles et associations s’y retrouvent pour discuter, prendre l’apéro ou découvrir les initiatives du quartier. L’édition 2026 festival a attiré 1 500 spectateur·ices environ, mêlant aussi bien des familles que des bandes de potes, des habitant·es du quartier et des résident·es venu·es des quatre coins de la métropole nantaise. Photo : Amélie Fortin, le 11/07/2026

 

« Rebonds c’est fun ! », lance Lorna à la cantonade. Bénévole recrutée en dernière minute, elle est accompagnée au stand de bienvenue par ses deux acolytes, Alice à gauche et Florent à droite. Chaque année, le festival Rebonds peut compter sur l’aide d’une trentaine de bénévoles pour accueillir le public sur chaque lieu, participer au montage et démontage des scènes et tenir la buvette. Photo : Amélie Fortin, le 11/07/2026

 

« Il y a toujours un petit village, avec des structures du quartier qui viennent participer », explique Alice Houssais, coordinatrice d’Interstices. Le festival a convié ici la librairie Maison Marguerite, venue proposer une sélection de livres et de fanzines dédiés à la poésie et au féminisme. Les spécialités serbes de Cœur de Miel, les galettes de Karl et Robin et les desserts rafraîchissants de la Lutte des glaces, tous restaurateurs des environs, ont également conquis les visiteur·rices. Photo : Amélie Fortin, le 11/07/2026

 

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Pendant la représentation, le public est tantôt hilare, tantôt interloqué par la portée politique et intime de la pièce Pour en finir avec l’origine du monde du Muerto Coco, conçue comme une investigation autour de la parentalité. Chaque spectacle est limité à une jauge allant de 100 à 400 places, entre gradins et assises au sol, pour que tout le monde soient dans de bonnes conditions. « C’est le format qui nous plaît, ça reste à taille humaine » précise Alice Houssais. Photo : Amélie Fortin, le 11/07/2026

 

Face à la canicule, le programme a été adapté, avec des horaires décalés et des pauses fraîcheur renforcées. L’atelier de fabrication et de dégustation de pizza, temps de convivialité signature d’Interstices, a été remplacé par une tortillas party le dimanche soir. Photo : Amélie Fortin, le 12/07/2026

 

Pendant une heure, le terrain de basket de la Noë Lambert a cessé d’être un équipement sportif pour devenir une scène de danse. La compagnie Chute Libre a ouvert le festival pour dévoiler sa création Brut(es), une performance K.R.U.M.P (Kingdom Radically Uplifted Might Praise), dont la scénographie immersive a permis au public d’assister au spectacle au plus près des danseur·ses. Photo : Amélie Fortin, le 10/07/2026

 

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« L’amour renaîtra dans la brèche des parkings bétonnés. » L’épopée théâtrale et musicale Danse Machine Volume du collectif La Toile a débuté par l’irruption d’une Peugeot 806 tunée. À bord de cette discothèque mobile, Milka et Ricky ont entraîné le public dans une love parade sur fond d’eurodance. Les Nantais·es dansent, s’amusent, soufflent des bulles, se parent de costumes et d’accessoires distribués pendant le spectacle, prenant pleinement part à la performance déjantée qui enflamme le bitume de Dalby ce soir-là. Photo : Amélie Fortin, le 11/07/2026

 

À mi-chemin entre l’atelier d’écriture et le spectacle vivant, Lettres d’inconnu·es à inconnu·es, de la compagnie Le Ventre, a clôturé le festival à la tombée de la nuit. Invité à déambuler dans le parc de Broussais, parmi des lettres anonymes autour du pardon, le public les découvre et y répond au fil de l’expérience. Entre lectures théâtralisées, danse et écriture, la frontière entre artistes et spectateur·ices s’estompe progressivement. Photo : Amélie Fortin, le 12/07/2026

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