Rassemblement en hommage à Lyhanna : « Je suis en colère »

Après la mort de Lyhanna, 11 ans, les collectifs féministes et enfantistes ont appelé aux rassemblements. Lundi 8 juin, à 19 heures, plus de deux mille de personnes se sont réunies devant le tribunal correctionnel de Nantes pour exprimer leur indignation et demander des moyens supplémentaires.

Des centaines de Nantais·es ayant répondu à l'appel des collectifs pour rendre hommage à Lyhanna, en face du tribunal de Nantes. Photo : Aline Lemaire, le 08/06/2026

« J’accuse l’État. » Deux mots lourds de sens visibles sur l’une des nombreuses pancartes recouvrant la foule, sur le parvis ensoleillé du tribunal de Nantes. Ce sont plus de deux mille personnes qui ont répondu à l’appel des collectifs enfantistes et féministes, ce lundi 8 juin, Quai François Mitterrand. Un appel qui surgit à la suite de la disparition de la jeune Lyhanna, 11 ans, retrouvée morte dans le silo d’une exploitation agricole, le jeudi 4 juin, alors que le principal accusé était déjà est visé par plusieurs plaintes, dont certaines pour viol sur mineures.

Parmi cette assemblée de nantais·es réunie, Catherine Vignaud, directrice de l’association SOlidarité femmeS Loire‑Atlantique, (qui accompagne les femmes et leurs enfants victimes de violences conjugales et/ou intra-familiales) déplore : « On ne peut pas traiter les violences faites aux enfants et aux femmes si on considère que ça ne nécessite pas de moyens. » En colère, la directrice cite le juge Édouard Durant, spécialiste de la protection de l’enfance, « Protéger les femmes, c’est protéger les enfants. Protéger les enfants, c’est faire en sorte qu’une fois adultes, les enfants qui ont été victimes ne deviennent pas des agresseurs. »

L’association SOlidarité femmeS Loire-Atlantique, présente lors de l’hommage pour Lyhanna devant le palais de justice de Nantes. Photo : Aline Lemaire, le 08/06/2026

« Passer d’un filtre de la méfiance à un filtre de la confiance »

Comme elle, Enfantiste 44, collectif qui lutte de manière intersectionnelle aux violences faites aux enfants et adolescent·es,  répondait également présent. Justine, co-référente de la structure alerte sur la situation locale : « Au niveau de la protection de l’enfance, la Loire-Atlantique n’est pas la mieux placée, notamment sur l’Aide sociale à l’enfance (ASE) qui est complètement abandonnée ! » Si les services publics les délaissent, c’est notre regard sur les enfants qui doit changer «  Il faut passer d’un filtre de la méfiance à un filtre de la confiance. » 

À quelques mètres du collectif, Christelle Thauvin est également venue exprimer son ras-le-bol et son émotion en tant que mère et responsable départementale de l’association « Les violences, moi j’en parle ! » Cette structure vise à faire de la prévention auprès des enfants en leur expliquant leurs droits et en les sensibilisant aux  différentes formes de maltraitance, ainsi qu’en formant les adultes. « Les violences sexuelles découlent aussi d’un système de domination sur les enfants, regrette Christelle, il est nécessaire de prendre conscience de l’adultisme dont on fait part, de nos postures éducatives qui sont complètement problématiques. »

Christine Thauvin, responsable départementale de l’association « Les violences, moi j’en parle ! », parmi la foule devant le tribunal de Nantes. Photo : Aline Lemaire, le 08/06/2026

Investir les Nantais·es dans cette lutte

Signer la pétition de la loi intégrale est déjà un premier pas pour investir ces luttes insiste Catherine Vignaud, « Si 600 000 signatures arrivaient de la part des Nantais·es, pour voter cette loi, ce serait un grand pas. » De la même manière, le collectif Enfantiste44 appelle à se pencher sur cette pétition créée en octobre 2024, qui réunit plus de 130 associations féministes, enfantistes et ONG portant 140 mesures pour une réforme systémique contre les violences sexuelles.

« Être présent·e aujourd’hui permet déjà de mettre en lumière cette cause », ajoute Justine. Toutes sont unanimes : il faut croire les enfants. Et si le temps le permet rejoindre les association et militer auprès d’elleux.

En France, d’après le gouvernement, un enfant est victime d’inceste toutes les trois minutes, et selon la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Civiise), 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année.


Pour aller plus loin :

  • Lien Instagram collectif Enfantiste 44
  • Lien SOlidarité femmeS Loire‑Atlantique
  • Lien Les maltraitances, moi j’en parle !
  • Lien pétition loi intégrale

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