8 février 2026

La semaine du film Palestinien, sensibiliser autrement

Du 28 janvier au 8 février l'AFPS-44 organise la Semaine du film palestinien à Nantes et ses alentours. Ce jeudi 5 février était diffusé au Cinématographe "À la recherche d'un pays perdu" de la réalisatrice palestinienne Maryse Gargour. Cet événement organisé en partenariat avec de nombreux établissements du département depuis 2017 constitue un moyen supplémentaire pour l'AFPS-44 de sensibiliser le public nantais à la cause palestinienne.

La semaine du film Palestinien, sensibiliser autrement

08 Fév 2026

Du 28 janvier au 8 février l'AFPS-44 organise la Semaine du film palestinien à Nantes et ses alentours. Ce jeudi 5 février était diffusé au Cinématographe "À la recherche d'un pays perdu" de la réalisatrice palestinienne Maryse Gargour. Cet événement organisé en partenariat avec de nombreux établissements du département depuis 2017 constitue un moyen supplémentaire pour l'AFPS-44 de sensibiliser le public nantais à la cause palestinienne.

Éric Thomas est membre de l’association France Palestine solidarité 44 (AFPS-44), une association de « défense des droits des Palestiniens » comme il le dit. En plus de l’organisation de manifestations tous les samedis et l’organisation de missions en Palestine avec l’envoi d’élus locaux même si « maintenant au vu de la situation c’est plus difficile », l’association organise chaque année la Semaine du film palestinien à Nantes et ses alentours.

L’historienne Sandrine Mansour et Eric Thomas après la diffusion du film. 05/02/26 ©Elliot Biskri

Porter un regard différent

Cette Semaine du film palestinien en est à sa neuvième édition ; c’est pour Éric, membre de l’équipe d’organisation « quasiment depuis le début », un moyen de montrer les Palestinien·ne·s sous un autre regard : « on voulait montrer que les Palestiniens ont une culture, qu’ils ont des artistes, des réalisateurs et des acteurs, parfois internationaux ». Ces films sont pour Éric un moyen d’informer les Nantais·e·s sur la situation en Palestine : « forcément même dans leur vie quotidienne on ne peut pas ignorer tout ce qu’ils subissent au quotidien et la pression de l’occupation ».

L’affiche du film « A la recherche d’un pays perdu » devant l’entrée du Cinématographe. 05/02/26 ©Elliot Biskri

Sensibiliser les Nantais·e·s

Cet événement, organisé tous les ans depuis 2017, constitue donc un moyen de conscientiser les Nantais·e·s vis-à-vis de la situation palestinienne ; pour Éric, « on essaie d’amener les gens à être au courant concrètement, pas par ce que racontent les journaux et la télé ». C’est dans ce but de sensibilisation qu’à la fin du film, l’historienne Sandrine Mansour, qui a participé à la création du film, a répondu aux questions des Nantais·e·s présent·e·s dans la salle.

Sandrine Mansour répondant aux questions des Nantais.es présent.es dans la salle. 05/02/26 ©Elliot Biskri

« Intéresser de plus en plus de monde »

Depuis presque 10 ans, l’AFPS 44 attire les Nantais·e·s dans les salles de la région pour diffuser des films palestiniens, avec une fréquentation qui avoisine le millier de spectateurs ; Éric considère que c’est aux associations de porter ce genre d’initiative : « c’est clair que si on ne le faisait pas nous, les cinémas ne le feraient pas aussi spontanément que la Semaine du film espagnol ou allemand». Le regain d’intérêt pour la cause palestinienne se ressent pour Éric depuis quelques années : « ça fait 3 ans qu’on voit plus de jeunes dans les salles, avec des questions différentes du public habituel et c’est ce qu’on cherche, attirer les jeunes ».

Le cinéma le Cinématographe après la fin de la séance. 05/02/26 ©Elliot Biskri

Ce dimanche 8 février à 15 h se tiendra la séance de clôture à La Chapelle-sur-Erdre (ville récemment jumelée avec le camp de réfugiés de Jénine) à l’espace culturel Capellia ; la séance sera suivie d’un concert de Radio Gaza.


Liens Utiles :

 

Étudiant en histoire, Elliot a pour projet de s’orienter professionnellement vers le journalisme dans les années à venir. Son expérience au sein de Fragil constitue pour lui une première expérience dans le milieu, dont il compte bien profiter pour élargir ses horizons.

L'édito

Touche pas à mon info !

L’investigation vit-elle ses derniers mois sur l’audiovisuel public en France ? Contraints par une réduction budgétaire de 50 millions d’euros en 2018 par rapport au contrat d’objectifs et de moyens conclu avec l’ancien gouvernement, les magazines « Envoyé Spécial » et « Complément d’enquête » verront leurs effectifs drastiquement diminués et une réduction du temps de diffusion au point de ne plus pouvoir assurer correctement leur mission d’information. Depuis l’annonce, les soutiens s’accumulent, notamment sur Twitter avec le hashtag #Touchepasàmoninfo, pour tenter de peser sur les décisions de Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, déjà visée par une motion de défiance. L’association Fragil, défenseur d’une information indépendante et sociétale, se joint à ce mouvement de soutien.

Après la directive adoptée par le Parlement européen portant sur le secret des affaires en avril 2016, il s’agit d’un nouveau coup porté à l’investigation journalistique en France. Scandales de la dépakine, du levothyrox, du coton ouzbek (pour ne citer qu’eux), reportages en France ou à l’étranger sur des théâtres de guerre, à la découverte de cultures et de civilisations sont autant de sujets considérés d’utilité publique. Cela prend du temps et cela coûte évidemment de l’argent. Mais il s’agit bien d’éveiller les consciences, de susciter l’interrogation, l’émerveillement, l’étonnement ou l’indignation. Sortir des carcans d’une société de consommation en portant la contradiction, faire la lumière sur des pratiques, des actes que des citoyens pensaient impensables mais bien réels. Telle est « la première priorité du service public », comme le considère Yannick Letranchant, directeur de l’information.

En conclusion, nous ne pouvions passer à côté d’une citation d’Albert Londres ô combien au goût du jour, prix éponyme que des journalistes d' »Envoyé Spécial » ont déjà remporté : « Je demeure convaincu qu’un journaliste n’est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie. »


Valentin Gaborieau – Décembre 2017