Sasha compte « aller parler à des gens à qui on ne donne pas la parole »

À 19 ans, Sasha n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer. Entre son master en architecture, le cheerleading, la photographie, les concours de beauté, ses réseaux sociaux et la lecture, elle multiplie les activités. Lors de cette rentrée 2026-2027, elle remplit davantage son emploi du temps en rejoignant Fragil, avec une envie : aller à la rencontre de celles et ceux qu’on n’écoute pas assez.

Sasha, au bord de l'Erdre. Photo : Armel Bihan, 11/10/2026

En 2023, le bac en poche à 16 ans, Sasha quitte sa Bourgogne natale et arrive à Nantes pour ses études. À la recherche de médias nantais, en quête d’informations et de bons plans, elle découvre Fragil au détour de recommandations sur Instagram. Elle s’est alors reconnue dans ce « magazine associatif, tourné vers la culture, le sport et les acteurs de la vie nantaise, avec un fil rouge : la lutte contre les discriminations ».

Aujourd’hui, la licence obtenue et en master d’école d’architecture, la jeune étudiante considère qu’elle a désormais le temps, l’envie et l’énergie pour participer à la rédaction du magazine nantais. « C’est quand même une ville chouette et il se passe des trucs sympas », explique-t-elle. Ce qui l’a poussé à rejoindre le média et la motive serait notamment de contribuer à faire découvrir ces initiatives à celles et ceux qui, « comme [elle] à son arrivée », cherchent encore leurs repères.

Les idées de sujets ne manquent pas

Sa première idée de projet ? Un reportage sur les épiceries de quartier, « souvent tenues par des familles immigrées et victimes de préjugés ». Pour Sasha, ces commerces sont bien plus que des lieux où faire ses courses : ce sont aussi des espaces de rencontre et de sociabilité. Elle s’imagine déjà interroger les commerçants et raconter leur quotidien, accompagnant ses portraits de photographies. « Juste aller parler au plus de gens, des gens à qui on ne donne pas la parole. Ils auraient sûrement des choses à dire. »

Un autre sujet lui tient particulièrement à cœur : la représentation mentale des sports dits « féminins ». Très investie au Royalty, son club de cheerleading, celle qui pratique une activité sportive au moins six jours sur sept constate notamment que des hommes hésitent encore à s’inscrire parce que cette activité serait considérée comme féminine. Elle aimerait alors questionner ces stéréotypes et rappeler que cette discipline, mixte, demande de « réelles capacités physiques » : « Par exemple, tous les hommes de mon équipe sont « tankés ». »

Médailles de cherleading, portfolio, maillot de football, livre de Pierre Bourdieu, couronne de miss, pot de cornichons allemands… : autant d’objets qui résument la personnalité et les multiples occupations de Sasha. Photo : Armel Bihan, 11/10/2026

Si Sasha possède « un bon bagage niveau réseaux sociaux », adore la radio – qu’elle écoute quotidiennement le matin pour se tenir au courant de l’actualité – et est à l’aise avec la vidéo, elle ne s’interdit pas de participer à différents projets, mais compte avant tout travailler et progresser à l’écrit : « Solidifier l’écrit, ça me paraît important. »

Son défi cette année sera peut-être de choisir parmi toutes ses idées. Et de réussir à se dégager du temps. Mais pour répondre à cela, elle récite déjà son proverbe personnel : « Un objet en mouvement reste en mouvement. Alors qu’un objet à l’arrêt a toujours plus de mal à redémarrer. »


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