En 2023, le bac en poche à 16 ans, Sasha quitte sa Bourgogne natale et arrive à Nantes pour ses études. À la recherche de médias nantais, en quête d’informations et de bons plans, elle découvre Fragil au détour de recommandations sur Instagram. Elle s’est alors reconnue dans ce « magazine associatif, tourné vers la culture, le sport et les acteurs de la vie nantaise, avec un fil rouge : la lutte contre les discriminations ».
Aujourd’hui, la licence obtenue et en master d’école d’architecture, la jeune étudiante considère qu’elle a désormais le temps, l’envie et l’énergie pour participer à la rédaction du magazine nantais. « C’est quand même une ville chouette et il se passe des trucs sympas », explique-t-elle. Ce qui l’a poussé à rejoindre le média et la motive serait notamment de contribuer à faire découvrir ces initiatives à celles et ceux qui, « comme [elle] à son arrivée », cherchent encore leurs repères.
Les idées de sujets ne manquent pas
Sa première idée de projet ? Un reportage sur les épiceries de quartier, « souvent tenues par des familles immigrées et victimes de préjugés ». Pour Sasha, ces commerces sont bien plus que des lieux où faire ses courses : ce sont aussi des espaces de rencontre et de sociabilité. Elle s’imagine déjà interroger les commerçants et raconter leur quotidien, accompagnant ses portraits de photographies. « Juste aller parler au plus de gens, des gens à qui on ne donne pas la parole. Ils auraient sûrement des choses à dire. »
Un autre sujet lui tient particulièrement à cœur : la représentation mentale des sports dits « féminins ». Très investie au Royalty, son club de cheerleading, celle qui pratique une activité sportive au moins six jours sur sept constate notamment que des hommes hésitent encore à s’inscrire parce que cette activité serait considérée comme féminine. Elle aimerait alors questionner ces stéréotypes et rappeler que cette discipline, mixte, demande de « réelles capacités physiques » : « Par exemple, tous les hommes de mon équipe sont « tankés ». »

Si Sasha possède « un bon bagage niveau réseaux sociaux », adore la radio – qu’elle écoute quotidiennement le matin pour se tenir au courant de l’actualité – et est à l’aise avec la vidéo, elle ne s’interdit pas de participer à différents projets, mais compte avant tout travailler et progresser à l’écrit : « Solidifier l’écrit, ça me paraît important. »
Son défi cette année sera peut-être de choisir parmi toutes ses idées. Et de réussir à se dégager du temps. Mais pour répondre à cela, elle récite déjà son proverbe personnel : « Un objet en mouvement reste en mouvement. Alors qu’un objet à l’arrêt a toujours plus de mal à redémarrer. »




