• Sortie du guide Nantes, 9 balades street art et graffiti
12 juin 2024

Le street-art nantais a enfin son guide à mettre en poche

Le Voyage à Nantes (VAN) a sorti vendredi 7 juin « Nantes, 9 balades street art et grafitti » proposées par Sarah Guilbaud, guide conférencière et spécialiste du street art et du graff. Alors que le VAN a dans son ADN de travailler dans l’espace public et de valoriser la création, quoi de plus logique que de faire appel à l’experte dans le domaine qui a déjà édité deux livres sur le sujet.

Le street-art nantais a enfin son guide à mettre en poche

12 Juin 2024

Le Voyage à Nantes (VAN) a sorti vendredi 7 juin « Nantes, 9 balades street art et grafitti » proposées par Sarah Guilbaud, guide conférencière et spécialiste du street art et du graff. Alors que le VAN a dans son ADN de travailler dans l’espace public et de valoriser la création, quoi de plus logique que de faire appel à l’experte dans le domaine qui a déjà édité deux livres sur le sujet.

Le jour du lancement de « Nantes, 9 balades street art et grafitti » de Sarah Guilbaud aux éditions Ar Collection, Fragil a assisté à la rencontre presse organisée par le VAN en présence de l’autrice, des artistes Persu et Korsé et de l’éditeur breton Yvon Lechevestrier.

Sarah Guilbaud, c’est 25 ans de passion, une expertise et une reconnaissance acquise avec deux livres dédiés au street art nantais, parus en 2012 et 2018. Elle a collecté plus de 51 000 photos que l’on peut retrouver sur son compte Flicker.

Spray Cat par Persu

Spray Cat par Persu (visite guidée de Sarah Guilbaud en présence de l’artiste Persu – 1er octobre 2024 – photo C. Cornu)

Avec le VAN, Sarah Guilbaud proposait déjà des visites guidées pour sillonner la ville et apprécier les œuvres dissimulées ou à l’inverse avec pignon sur rue telle le M.U.R. Nantes. Désormais, vous pouvez découvrir en autonomie 70 graffeur·euses et street artistes au travers de 9 circuits proposés dans le guide. L’auteure vous donne également les clés pour découvrir les mille et une facettes des street artistes nantais·es et leurs pratiques principalement du tag et des graffs. Mais si vous connaissez aussi « les techniques du pochoir, collage, les autocollants qu’on appelle stickers et la mosaïque », peut-être êtes vous passé·e à côté d’œuvres réalisées en bouchon, tricot ou autre matériau.

Sarah Guilbaud n’est pas venue seule, deux grands noms des street artistes nantais étaient présents pour parler de leurs parcours et de leurs œuvres visibles sur les murs de la ville : Persu et Korsé. Les artistes graffeurs se vivent comme une grande famille « C’est des rencontres, les graffeurs, c’est un petit village ! ». Sarah les remercie et précise qu’à ses débuts : « ils m’ont aidée, ils m’ont initiée, ils m’ont donné des photos, raconter des histoires, des anecdotes. Sans eux, je ne suis rien ! ».

On compte plus de 200 artistes sur Nantes avec les tagueur·euses. Mais Persu rappelle qu’on ne dénombre qu’une trentaine de femmes à ce jour, d’après le constat fait par « Plus de couleurs« , le collectif d’artistes de graffeur·euses nantais·es.

C’est vrai que la tendances générale des graffeurs serait gauchiste.

À la question de Fragil de savoir si les graffeur·euses portaient un message politique, Persu répond que « Le collectif BlackLines a des fresques très engagées ». Il poursuit « dans nos graffs on n’a pas forcément de messages politiques, mais c’est vrai que la tendances générale des graffeurs serait gauchiste ». Korsé, quant à lui, a pu faire partie du collectif, il précise toutefois « Je pense que ça va être plutôt mon cheval de bataille par la suite, faire passer le message avec de l’humour. » Et Persu d’ajouter : « parfois avec des private jokes à l’ancienne ».

Blacklines - Miss Veneno

Le collectif BlackLines peint souvent des fresques engagées en noir et blanc – Miss Véneno en fait partie… (extrait du guide)

Le VAN propose des visites guidées « Histoires de street-art et graffitis ». Deux circuits sont ainsi à découvrir avec Sarah Guilbaud et en présence d’un graffeur les premiers dimanches du mois : le circuit des grues et celui du centre ville. Ils permettent d’en savoir plus sur les lieux, les artistes, les techniques et le vocabulaire très spécifique du milieu des graffeurs avec la rencontre des protagonistes.

En papier ou en chair, n’hésitez pas à suivre les guides !

Une des œuvres de Sébastien Bouchard à Nantes

Une des œuvres de Sébastien Bouchard, artiste très présent sur les murs nantais à retrouver ici en suivant le parcours n° 5 « Ile de Nantes » (photo C. Cornu)

Info utiles :

  • 7 juin : mise en vente du guide « Nantes, 9 balades street art et grafitti » de Sarah Guilbaud,  Ar Collection Éditions et le Voyage à Nantes (144 pages, 15 €)
  • Samedi 16 juin : séances de dédicaces avec Fast, Tanala et Seb Bouchard (Accueil du Voyage à Nantes, 9 rue des États)
  • 7 juillet et 1er septembre : visites exclusives avec un graffeur (réservation www.levoyageanantes.fr)

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L'édito

Touche pas à mon info !

L’investigation vit-elle ses derniers mois sur l’audiovisuel public en France ? Contraints par une réduction budgétaire de 50 millions d’euros en 2018 par rapport au contrat d’objectifs et de moyens conclu avec l’ancien gouvernement, les magazines « Envoyé Spécial » et « Complément d’enquête » verront leurs effectifs drastiquement diminués et une réduction du temps de diffusion au point de ne plus pouvoir assurer correctement leur mission d’information. Depuis l’annonce, les soutiens s’accumulent, notamment sur Twitter avec le hashtag #Touchepasàmoninfo, pour tenter de peser sur les décisions de Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, déjà visée par une motion de défiance. L’association Fragil, défenseur d’une information indépendante et sociétale, se joint à ce mouvement de soutien.

Après la directive adoptée par le Parlement européen portant sur le secret des affaires en avril 2016, il s’agit d’un nouveau coup porté à l’investigation journalistique en France. Scandales de la dépakine, du levothyrox, du coton ouzbek (pour ne citer qu’eux), reportages en France ou à l’étranger sur des théâtres de guerre, à la découverte de cultures et de civilisations sont autant de sujets considérés d’utilité publique. Cela prend du temps et cela coûte évidemment de l’argent. Mais il s’agit bien d’éveiller les consciences, de susciter l’interrogation, l’émerveillement, l’étonnement ou l’indignation. Sortir des carcans d’une société de consommation en portant la contradiction, faire la lumière sur des pratiques, des actes que des citoyens pensaient impensables mais bien réels. Telle est « la première priorité du service public », comme le considère Yannick Letranchant, directeur de l’information.

En conclusion, nous ne pouvions passer à côté d’une citation d’Albert Londres ô combien au goût du jour, prix éponyme que des journalistes d' »Envoyé Spécial » ont déjà remporté : « Je demeure convaincu qu’un journaliste n’est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie. »


Valentin Gaborieau – Décembre 2017