Jusqu’au 28 juin 2026 au musée d’histoire de Nantes, Sorcières invite à regarder autrement une figure longtemps reléguée aux contes et aux légendes. Pendant plusieurs siècles en Europe, des femmes ont été accusées de sorcellerie, jugées et exécutées. Derrière ces procès, des mécanismes sexistes ont transformé certaines femmes en coupables idéales. L’histoire des sorcières explorée par l’exposition montre ainsi comment une société peut fabriquer une ennemie pour maintenir son ordre social.

L’exposition s’ouvre sur une immersion dans l’imaginaire des sorcières. Des œuvres contemporaines, comme Into the Woods d’Iris van Dongen, convoquent les motifs familiers des contes et de la culture populaire. Une entrée en matière qui montre combien cette figure hante encore les représentations actuelles. Le 5 février 2026 © Amélie Fortin

À l’étage, l’exposition quitte l’univers des contes pour adopter une approche chronologique, de l’Antiquité aux chasses aux sorcières de l’époque moderne. En fil rouge, montrer comment la figure de la sorcière s’est construite progressivement dans les sociétés européennes. Le 5 février 2026 © Amélie Fortin

La statue de la déesse Hécate rappelle que les pratiques magiques existaient déjà dans l’Antiquité, où les rituels font partie du quotidien. La figure de la sorcière criminelle apparaît plus tard, lorsque la magie commence à être associée à une menace pour l’ordre social. Le 5 février 2026 © Amélie Fortin

Au Moyen Âge, magie, religion et croyances populaires coexistent. Contrairement aux idées reçues, la grande chasse aux sorcières n’a pas encore commencé. À partir de la fin du Moyen Âge et à l’époque moderne, les autorités religieuses et politiques associent la sorcellerie à l’hérésie et au crime, contribuant à construire une figure inquiétante, très souvent féminine. Le 5 février 2026 © Amélie Fortin

La commissaire de l’exposition, Krystel Gualdé, devant Circé la magicienne de John William Waterhouse. Cette œuvre du début du XXᵉ siècle illustre un retournement progressif du regard porté sur la sorcière : d’ennemie redoutée, elle devient parfois une figure de femme puissante et mystérieuse. Le 5 février 2026 © Amélie Fortin

Les visiteur·euses circulent entre peintures, gravures, manuscrits et objets historiques. Le parcours rassemble près de 180 œuvres issues de musées et de collections européennes. Ensemble, elles permettent de comprendre comment les accusations de sorcellerie ont nourri un imaginaire persistant autour de la peur des femmes jugées dangereuses. Le 5 février 2026 © Amélie Fortin

À la fin de l’exposition, des photographies de manifestations féministes témoignent d’une réappropriation contemporaine de la figure de la sorcière. Dans plusieurs pays, elle devient un symbole de résistance face aux violences et aux discriminations subies par les femmes. Le 5 février 2026 © Amélie Fortin

Le catalogue de l’exposition prolonge la réflexion sur cette figure complexe, jusqu’à la pop culture et les mouvements féministes actuels. L’exposition elle-même aborde ces usages contemporains plus brièvement, en privilégiant une approche historique centrée sur les faits et les imaginaires. Le 5 février 2026 © Amélie Fortin

L’entrée du château des ducs de Bretagne annonce l’exposition Sorcières. Présentée au musée d’histoire de Nantes jusqu’au 28 juin 2026, elle rassemble près de 180 œuvres consacrées à cette figure, entre histoire, croyances et imaginaires. Le 5 février 2026 © Amélie Fortin