Départ de FeuX, un « besoin vital » de nouveaux espaces politisés

Samedi 21 mars 2026 se déroulait la soirée de lancement du collectif FeuX a Stereolux. Mathilde Le Nevet, à l’initiative de l’organisation, souhaitait que cet évènement soit le premier d’une succession d’espaces pour discuter des systèmes de domination tout en passant un moment festif.

Jeune de moins de 4 mois, le collectif d’une vingtaine d’adhérent.es est devenu une association quelques jours avant sa soirée de lancement. Mathilde Le Nevet, ayant pris la responsabilité de l’organisation de la soirée Départ de FeuX qui s’est tenue samedi 21 mars 2026 à Stereolux, décrit l’initiative : « FeuX est un collectif culturel, artistique, intime et politique. On veut créer des espaces où l’intime devient politique et où la culture prend position. »

Une volonté de nouveau

Avant FeuX, Mathilde était membre de SweatLodge, une association dédiée aux cultures sound system et aux arts forains. Cependant, bien que l’organisation d’espaces festifs faisait déjà partie de son quotidien depuis « 15 ans » , l’ancienne technicienne du spectacle souhaite dépasser le format : « on a eu le besoin commun de faire du festif mais pas que. On veut s’emparer de sujets politiques, de quelque chose de plus radical. »

Tout est né « d’une impulsion à vouloir autre chose » que ce que SweatLodge proposait. Mathilde et d’autres ancien.nes membres de l’association ont donc décidé de faire un pas de côté et de se lancer dans leur propre collectif. Elle justifie ce choix par le besoin « d’un nouvel espace pour une nouvelle direction » car iels n’y « trouvaient pas ce qu’iels voulaient politiquement ».

L’ancienne régisseuse ajoute : « SweatLodge existe depuis longtemps, lors de sa création on ne se posait pas les mêmes questions. » De plus, il devenait compliqué de faire évoluer les choses car « un statu quo a émergé ». Cependant bien qu’une scission ait eu lieu avec SweatLodge, l’ancienne adhérente ne rompt pas tout lien. C’est d’ailleurs par le biais de l’association que le collectif FeuX a pu se produire à Stereolux sur une des dates réservées aux soirées Sweatlodge party.

Mathilde Le Nevet, créatrice de FeuX, dans les locaux de SweatLodge au quai des Chaps. Crédit Nathan Brunaud 17/03/26

Questionner pour faire évoluer les consciences

Cette nouvelle direction veut « interroger le mythe de la neutralité » qui plane sur les espaces festifs selon Mathilde. Consciente que « la culture est un bon moyen de toucher les gens » , elle et son collectif cherchent à aller plus loin encore. « Le contexte politique est difficile, il est révélateur de la capacité du système à traiter les humains de manière néfaste », il devient « vital de prendre le risque de se décaler ».

« La fête n’est pas un refuge hors-sol.
Elle est un espace de conscience. »

Cette redéfinition d’espaces festifs vers des espaces politisés se fait pour interroger les rapports de dominations. Pour l’initiatrice du collectif, « la fête n’est pas un refuge hors-sol. Elle est un espace de conscience. Organiser des soirées n’est plus suffisant pour moi, j’ai besoin qu’il y ait une vrai critique du pouvoir ».

Le collectif doit permettre de « pouvoir parler de politique sans être spécialiste » en créant des espaces de paroles où tous.tes se sentent légitimes. Entre mise en avant d’artistes engagé.es ou cercles de discussions, le panel d’activités que compte proposer l’association est large et reste encore à préciser. Bien que la soirée Départ de FeuX est un modèle pour toutes les actions à venir, Mathilde a implanté d’autres axes d’interventions à explorer. Directement inspirées de son travail avec SweatLodge, des activités de médiations telles que des tournois sportifs ou des thalasso bien-être feront partie des futurs évènements organisés sous réserve de la volonté des adhérent.es.

Un fonctionnement interne exigeant

Ces espaces d’expression s’étendent aussi à l’intérieur du collectif. Mathilde a « écrit des statuts où on a tous.tes le même niveau, la même voix ». Riche de ses expériences passées, elle a pu identifier ce « qu’elle veut et ne veut pas » dans un cadre associatif.

Il est important pour elle de « ne pas répéter les schémas de domination » à l’intérieur du collectif. En conséquence, elle souhaite « pour l’instant ne pas être trop nombreux.ses » car à ses yeux, il devient alors « compliqué de gérer l’écoute, de gérer la parole, de gérer les affects » dans une organisation trop grande. Elle a pour objectif un « système décisionnel qui soit vraiment horizontal » et surtout une exigence sur la transparence et l’existence écrite des décisions pour éviter « les non-dits » et « affirmer des vraies limites ».


Infos pratiques

Départ de FeuX, Stereolux

SweatLodge


Avatar de Nathan Brunaud