Brillos, « un reflet de toutes ces diversités qui composent la communauté LGBTQIA+ en Amérique latine hispanophone »

Dans le cadre du mois des fiertés, l’espace Cosmopolis accueille jusqu’au 12 juillet l’exposition Brillos : les cultures queer en Amérique latine hispanophone. Au travers d’œuvres de différent·es artistes, d’informations factuelles et d’une programmation pluridisciplinaire, l’association Comal donne à voir la diversité des réalités LGBTQIA+ dans cette région du monde.

Victoria Bazurto et Fernando González, co-organisateurices de l'exposition Brillos, devant deux œuvres de l'artiste colombien Manu Mojito. Photo : Florence Calvez, 09/06/2026

« Au cours d’un de mes voyages au Mexique, je suis allé dans un musée de la mémoire et de la tolérance, où il y avait une expo autour de la communauté LGBTQIA+ du pays. C’est ça qui m’a donné cette envie de commencer à travailler sur quelque chose pour montrer comment ça se passe là-bas », déclare Fernando González, président de l’association franco-mexicaine Comal et co-organisateur de l’exposition Brillos.

Une exposition aux facettes multiples

Ce mot, brillo, peut se traduire par brillance ou éclat. Il fait le lien entre « la lumière que produit un corps, le reflet qui lui est renvoyé et l’identité, qui est ce que je veux être, ce que je construis de moi en tant qu’individu mais aussi ce que la société me renvoie », explique la Colombienne Victoria Bazurto, l’autre co-organisatrice de l’événement. L’exposition explore ces facettes de diverses manières. On y trouve des éléments factuels, comme une frise chronologique des personnes et événements importants dans l’histoire mondiale de la diversité sexuelle. Les deux organisateurices ont également rassemblé des données chiffrées sur les avancées des droits de la communauté LGBTQIA + dans les pays d’Amérique latine hispanophone, ainsi que sur les personnes qui y ont été assassinées en raison de leur identité de genre ou de leur orientation sexuelle.

Mais Brillos va au-delà du simple constat : « On ne voulait pas une proposition qui soit uniquement dans la logique de résistance passive, mais que cette résistance puisse conduire aussi à d’autres formes de regard, d’autres identités et un autre discours créé par la communauté elle-même », détaille Victoria. Tout en se gardant bien de s’approprier ce discours : « On ne voulait pas non plus être porte-parole, mais plutôt être facilitateurs pour que cette parole puisse être entendue ou vue  », poursuit-elle.

Les œuvres de la graphiste et illustratrice péruvienne Shañu. Photo : Florence Calvez, 09/06/2026

Le choix des artistes participant à l’exposition s’est fait selon deux critères. D’abord iels sont tou.tes queers et « s’identifient comme tel », précise Fernando. De plus, « il y a beaucoup d’artistes qui font partie de la communauté mais qui ne parlent pas de choses queer dans leur art. On s’est donc dit qu’on allait choisir non seulement des gens qui font partie de la communauté mais aussi dont le travail parle et expose des choses qu’ils vivent eux-mêmes et que vit la communauté. » Victoria ajoute : « On voulait que ce soit un reflet de toutes ces diversités qui composent la communauté en Amérique latine hispanophone.  »

Une volonté d’accueillir le plus grand nombre

Outre les œuvres et les panneaux informatifs, le langage tient également une place importante dans l’exposition. Elle s’ouvre en effet avec une définition de termes courants au sein de la communauté LGBTQIA+ mais que le grand public ne connait pas nécessairement, tel que « cisgenre », « non-binaire » ou encore « deadname ». Cette contextualisation reflète une volonté des organisateurices d’accueillir un public varié et ça fonctionne : « On voit qu’il y a vraiment des gens de la communauté qui viennent voir l’expo, il y a des familles, il y a des curieux et il y a aussi les habitués », constate Fernando. La programmation accompagnant l’exposition est « éclectique » comme la définit Victoria : « il y a du cinéma, il y a des tables rondes, il y a du théâtre et il y a aussi des fêtes. » Et ce, pour tous les âges.

Le placard construit par Fernando, dans lequel le public peut entrer. Photo : Florence Calvez, 09/06/2026

Au milieu des photographies et tableaux explorant les diverses visions artistiques des identités queer, les visiteurices tombent sur une armoire, dans laquelle iels peuvent entrer pour ensuite faire l’expérience de sortir littéralement du placard. C’est Fernando lui-même qui a réalisé cette installation. « C’est quoi, sortir vraiment du placard, c’est quoi c’est faire son coming out ? Ce qu’on trouve intéressant, c’est combien de fois on le fait en tant que membre de la communauté. Parce que tu ne sors pas du placard une fois, tu sors tout le temps. Cet espace-là, on l’a aussi créé parce que soyez libres, soyez ce que vous voulez être, en fait », s’exclame-t-il.


Pour aller plus loin :

  • Retrouvez la programmation autour de l’exposition sur le site de Cosmopolis
  • Entrée libre et gratuite à l’exposition, du lundi au vendredi de 13h30 à 18h et le week-end de 14h à 18h
  • Visites guidées tous les vendredis, samedis et dimanches à 15h

 


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