Avec Talk, la Base D veut « ouvrir la parole » dans le hip-hop nantais

L’incubateur artistique nantais La Base D organise le lancement de son premier cycle de table ronde jeudi 25 juin. À la Licorne Noire, ce premier « talk » abordera les questions d’emprise et les rapports de force dans les danses hip-hop et esthétiques voisines, un événement en partenariat avec Fragil.

L'équipe de la Base D : Marine Rioult, coordinatrice, Sarah Rousseau, chargée d'administration et communication, Franziska Fiedler, chargée de production. Photo : la Base D

« On a reçu beaucoup de témoignages de danseureuses dans le milieu hip-hop, alors on a rapidement réfléchi à un moyen d’en faire quelque chose », explique Sarah Rousseau, chargée d’administration et de la communication à la Base D. Cette maison ressource pour les personnes qui font vivre les danses hip-hop et esthétiques voisines (comme le waacking, le voguing, …) accompagne les artistes dans leur professionnalisation. « Ce sont souvent des danseureuses qui ont beaucoup pratiqué, mais qui ne savent pas vraiment comment fonctionne le milieu du spectacle vivant, et qui ont des projets de création artistique », ajoute Sarah. Ainsi, leur but est de les accompagner sur l’aspect administratif, la création de compagnies ou d’associations, mais aussi sur le spectre créatif, et désormais, questionner la santé mentale et déconstruire les mentalités dans ce milieu.

Un milieu propice à l’emprise

« Dans le milieu des danses hip-hop, explique Sarah, il y a la particularité de travailler avec des mentors. Et souvent, en tant que jeune, on ne se rend pas compte que certains comportements sont problématiques. » Ces danses qui s’apprennent couramment en autodidacte sont également pratiquées dans des milieux informels, à la différence d’autres pratiques plus classiques comme la danse contemporaine qui s’apprend au conservatoire ou en école de danse et est encadrée par des professeur·es.

Un espace pour parler de ces thématiques silenciées

Si cette réalité est systémique, peu d’espace existent pour en parler : « Les gens abordent ces thématiques entre eux mais ce n’est jamais « outé » », précise Sarah. Outre l’emprise, ce milieu n’échappe également pas aux discriminations et aux violences et harcèlement sexistes et sexuels (VHSS), comme le démontre la récente affaire autour du festival nantais Hip Opsession, dans laquelle la victime accuse un membre de l’organisation d’« un fait de violences sexistes et sexuelles ».

Alors, pour questionner le caractère systémique, la Base D a décidé de prendre le sujet en main. Et grâce au bar La Licorne Noire, un cycle de table ronde peut voir le jour dont le premier talk abordera les questions d’emprises et les rapports de force dans les danses hip-hop et esthétiques voisines. Pour en parler, quatre personnes aux profils complémentaires apporteront leur analyse et leur vécu : Solange Maribé, chargée d’animation pour She Said So France, branche française du réseau international des professionnel·les femmes cis, personnes trans et non-binaires de la musique. Avec elle, Lisa Dulin, coordinatrice du programme Initiatives d’Artistes en Danses Urbaines (IADU) et programmatrice de danses hip-hop, danses de club et danses affiliées. La danseuse et chorégraphe nantaise Vénus sera également présente avec Clémentine Roul, juriste et coordinatrice de formation chez Consentis, association qui forme les professionnel·les et le public aux violences sexuelles et discriminatoires en milieu festif. Enfin, Romane Tirel, chargée de projet médiatique et numérique chez Fragil, animera cet échange.

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