« Cette année, on est reparti sur des bases de découverte et d’émergence », présente Thomas Nédélec, le créateur des Concerts Sauvages, après une édition anniversaire 2025 qui avait convié de nombreuses « têtes d’affiches » comme Birds In Row, Ko Ko Mo, Totorro ou encore Poésie Zéro « que tout le monde a vu 19 000 fois au Ferrailleur ».
« Je pense d’ailleurs que dans la programmation, il y a quand même plein de choses que les gens ne connaissent pas, enfin pas encore du moins, et que nous-mêmes, on ne connaissait pas non plus. », avoue-t-il.
Chercher pour trouver
Avec sa femme Élodie, également en charge de la programmation de l’association Tracass, et Maxime le co-programmateur, Thomas Nédélec a souhaité faire évoluer la méthode de sélection des artistes et prendre en compte les critiques qui avaient été formulées lors des éditions précédentes sur la diversité de genre.
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« On est allé chercher pas mal de groupes. On a du coup trouvé pas mal de groupes et on a fait une conception de programmation beaucoup plus inclusive que d’habitude cette année. »
Avec le recul, le gérant du Ferrailleur reconnaît un précédent manque d’effort : « On restait quand même vachement sur des propositions (de groupes) que l’on nous faisait par mails. » Cette année, l’équipe a élargi son champ de recherche et d’écoute, s’intéressant à d’autres groupes, d’autres réseaux, comme celui de Tracass ou du Raw Fest, plus inclusifs. « De fil en aiguille, on est tombé sur différentes choses qu’on a voulu produire cette année. Ce n’était pas si compliqué de trouver des choses qui étaient cohérentes avec ce qu’on voulait faire », conclut-il, impatient de faire découvrir au public ces nouveaux groupes.
La programmation 2026 compte ainsi un grand panel de genres musicaux et davantage d’artistes féminines ou de minorités de genre avec, par exemple, Radical Kitten (queer noise punk), Pussy Miel (punk) et Violent Sadie Mode (hardcore). La scène locale y sera également bien représentée avec notamment : Île de Garde, « groupe nantais montant », Gumspeed, « un groupe de punk » et puis aussi Arianna Monteverdi « pour la folk », détaille Thomas. Avec trois fois plus d’artistes de minorités de genre dans sa programmation estivale que l’an dernier, l’effort est notable, même si la marge de progression reste importante.
Il y aura aussi « des classiques » comme Geoffrey Le Goaziou « qui revient tous les ans avec Etienne Quénéa parce que c’est les copains que l’on adore faire jouer » ou encore Vincent Dupas « que je connais depuis 20 ans et qui vient jouer tous les ans avec différents projets ». Ce dernier se produira cette année avec un projet de reprises de R.E.M.

Un festival à l’identité musicale forte et au concept inchangé
La particularité des Concerts Sauvages ? « C’est que ces musiques-là ne sont jamais représentées gratuitement dehors, en terrasse, en extérieur, parce que là, c’est beaucoup de bruit », rappelle Thomas, conscient de la tolérance exceptionnelle dont il bénéficie au Hangar à bananes.
Si l’horaire de début des concerts est décalé à 19h30 cette année pour « s’adapter aux demandes de la mairie sur les terrasses » et ménager les voisins, le concept des Concerts Sauvages reste le même : proposer plusieurs fois par semaine un concert gratuit de 45 mn en terrasse pour découvrir des artistes émergent•es « de toutes les nuances de rock actuel et même de la folk, avec des artistes plus calmes pour le dimanche. »
C’est la graphiste nantaise Clémence Mira, fondatrice du Studio 333, qui a réalisé l’affiche illustrée de cet été. On y retrouve tous les codes de l’identité de l’événement annuel : rockeurs en mouvements, scène extérieure, et pour la symbolique de la découverte et de la musique émergente : un personnage curieux, écartant des herbes hautes pour dévoiler la scène.

Savoir anticiper de nouveaux besoins
Le Ferrailleur proposera un concept un peu différent cette année avec des doubles dates, certains soirs, où se succéderont concert sauvage extérieur et concert en intérieur. En complément, l’équipe a également souhaité développer une programmation jeune public. Le spectacle de Dada, concert punk pour enfants, a ainsi élu résidence au Ferrailleur. La première date de l’été aura lieu ce dimanche 28 juin, à 16h30, pour les petits à partir de 5 ans, mais pour les grands aussi. 5 à 6 dates sont prévues au cours de l’été.
Très satisfait des retombées suite aux grands travaux réalisés au Ferrailleur début 2025, le gérant du bar ne compte pas s’arrêter là : « Un lieu, il a besoin de renouveau. » Cette année, plusieurs nouveautés attendent le public nantais comme l’installation d’une cuisine à l’étage, permettant de faire évoluer la carte. « Avant, il y avait un peu de street food. Mais maintenant, on va faire plein de choses différentes chaque jour. On va proposer des trucs frais, des assiettes. On ne sera pas obligé de manger un hamburger entier, ni que des frites. On va proposer d’autres choses vegan, végé, des trucs un peu cool qu’on voulait proposer depuis longtemps. » Côté bar, l’équipe a aussi été fortement renouvelée, avec un soucis de parité.
À l’extérieur, la scène installée pour l’édition des 10 ans des Concerts Sauvages ne sera pas renouvelée : « trop de logistique », explique Thomas. En revanche, pour parer aux futures vagues de chaleur, « on va faire une terrasse ultra ombragée avec des brumisateurs pour que les gens soient hyper à l’aise ».
20 ans de concerts
En dehors de la programmation des Concerts Sauvages, cet été, comme tous les ans, des collectifs électro viendront mixer les vendredi et samedi, à partir de 22h. Des grosses dates de concerts, comme Soulfly ou Amenra, sont aussi prévues en salle intérieure.
Quant à l’avenir, l’équipe du Ferrailleur se projette déjà l’année prochaine pour une date anniversaire importante : « Il y aura une grosse fête d’au moins deux semaines pour les 20 ans du Ferrailleur, vers le mois de mai prochain. »




