Ciné Pride : « Faire un festival queer reste encore un combat »

Ciné Pride célèbre sa 22e édition du 23 au 28 juin au Katorza. Ce festival nantais de cinéma LGBTQIA+, s’inscrit dans le mois des Fiertés et vise à promouvoir le septième art sous un prisme queer.

Yanis Teillard, membre de l'oganisation de Ciné Pride qui a lieu du 23 au 28 juin 2026. Photo : Aline Lemaire, le 18/06/2026

Si les festivités ont déjà commencé à Portevent ou au cinéma Saint-Paul, c’est bien mardi 23 juin que Ciné Pride lance sa 22e édition. Vitrine du cinéma LGBTQIA+ à Nantes, cet événement co-organisé par Nosig et le Katorza propose durant une semaine de « mettre en avant des films plus fragiles, qui ne sortiront pas en salle, en voulant montrer à nos spectateurs d’autres modalités de représentation queer », explique Yanis Teillard, membre de l’organisation de Ciné Pride.

Si cette année est plutôt « classique », c’est la soirée de lancement qui apporte de la nouveauté à cette édition. C’est à l’espace Cosmopolis que la soirée d’ouverture aura lieu, mardi 23 juin. En plus d’une visite de l’exposition Brillos : les cultures queer en Amérique latine hispanophone, le premier film intitulé Alma do deserto sera projeté au Katorza en partenariat avec l’association Comal. Durant la semaine, il sera ensuite possible de voir le long métrage Maspalomas en présence du co-réalisateur, Jose Mari Goenaga et du festival du cinéma espagnol, ou encore du Fioul dans les artères, prix découverte du Jury de la Queer Palm à Cannes en 2026, avec la venue du son réalisateur Pierre Le Gall. Les diverses associations qui soutiennent l’événement seront également présentes pour présenter des films. Ainsi, Summer’s Camera sera projeté en partenariat avec la structure Contact44, qui a pour but d’aider les jeunes personnes LGBT à communiquer avec leur entourage, ou la Foule avec le collectif Femmes Vie Liberté – Nantes.

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Les femmes encore dans l’ombre

Si les réalisateurices mis à l’honneur cette année sont majoritairement des hommes, c’est que le festival « dépend surtout des films français, explique Yanis Treillard, or, trop peu ont été réalisés par des femmes. » Outre cet aspect-là, ce sont également les coûts qui influencent les choix des organisateurs : « On a eu des échanges autour de certaines réalisatrices qui ont réalisé des films dans notre programmation, mais ça monte facilement à mille cinq cents euros pour les inviter, et c’est impossible pour nous. » Le cinéphile l’admet : «  Faire un festival queer reste encore un combat. »

Cinéma le Katorza qui accueille le festival Ciné Pride du 23 au 28 juin. Photo Aline Lemaire, le 18/06/2026

Des soutiens essentiels

Depuis la perte de leurs subventions par la Région en 2017, Ciné Pride compte notamment sur la Ville pour faire perdurer le festival. Anne-Lise Ceran, élue en charge de la défense et de l’accompagnement des personnes LGBTQIA+ à la ville de Nantes, l’explicite : « La ville de Nantes subventionne à hauteur de quatre mille euros le festival Ciné Pride tous les ans, et c’est un festival qui fait partie de Nosig et nous les subventionnons également. » Si leur présence est aussi un point clé, la mise en relation du festival avec l’exposition Brillo est pour l’adjointe « une manière de les aider, de créer aussi du lien entre les collectifs et les associations pour qu’iels puissent monter, créer un événement et collaborer ensemble.  »

Pour celle qui était, il y a six mois encore, co-présidente de Nosig avant de devenir adjointe, une prise de conscience s’avère nécessaire : «  La culture, c’est une des premières choses à laquelle l’extrême droite va s’attaquer.  » En utilisant l’exemple de l’Italie, elle complète : « Ensuite ce seront les médias, les droits LGBTQIA+ puis l’éducation. Ainsi, en étant un festival culturel queer, on est sincèrement dans l’axe des premières choses qui vont être attaquées. » 


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