Festival Molow 2026 : « Ralentir, c’est résister »

Du 20 au 24 mai 2026, le festival Molow revient à Nantes pour une deuxième édition placée sous le signe du « ralentissement » et du « faire ensemble ». Porté par Stereolux, cet événement déploie une programmation hybride mêlant musique, mode responsable et alimentation durable pour questionner collectivement nos modes de vie face à l’urgence climatique.

Molow - Ralentir et faire ensemble (Nantes 2026)
L'identité visuelle de l'édition 2026. Photo : Stereolux

« C’est à la fois quelque chose de merveilleux et à la fois un joyeux bordel parce que c’est compliqué d’avoir une organisation dans les idées de tout le monde », confie Jean-Philippe Ollivier, responsable du service communication et des relations médias à Stereolux. Contrairement aux festivals classiques, Molow n’est pas le fruit exclusif d’une direction artistique restreinte. L’événement s’appuie sur un groupe de travail interne à Stereolux, composé d’une dizaine de membres volontaires issu·es de tous les services. Cette approche collective se veut le reflet de la thématique du festival, celle de sortir d’une démarche individuelle pour privilégier le commun.

Une programmation horizontale incluant des lycéen·nes

Cette volonté de collaboration s’étend au-delà des murs de Stereolux. Le « Club Stereolux », un nouveau partenariat avec le lycée Nelson Mandela à Nantes, permet à une quinzaine de lycéen·nes de s’impliquer directement dans la programmation. Jean-Philippe Ollivier précise : « Au lieu de parler à leur place et de penser ce qu’ils aiment ou ce qu’ils n’aiment pas, c’est plutôt de les faire collaborer directement. »

Ces élèves ont ainsi eu « carte blanche » pour proposer une sélection de films au cinéma Le Katorza le dimanche 24 mai, choisissant notamment « Les Temps Modernes » de Charlie Chaplin pour illustrer la critique de la société de consommation. Lors de la conférence de présentation au lycée, Laurent Decès, le directeur de Stereolux, a souligné l’importance de cet engagement volontaire qui voit certain·es élèves proposer des exercices d’éloquence sur le ralentissement pour le vernissage du festival.

L’équipe communication de Stereolux aux côtés de Laurent Decès lors de la conférence de présentation au lycée Nelson Mandela. Photo : Josué Texier, 11/05/2026

Du défilé upcyclé aux concerts à la bougie

La programmation s’étale sur cinq jours, chacun explorant une facette du ralentissement. Le festival débutera le mercredi 20 mai à Trempo avec un volet « Slow Fashion ». Charlotte Guillot, chargée de communication musique à Stereolux, détaille ce lancement par la collaboration avec l’école nantaise Atelier Chardon Savard : « Ce sont les premières années qui présentent les collections sur lesquelles elles ont travaillé cette année et les années précédentes, et ce sont uniquement des collections upcyclées. » Cette mise en avant du réemploi textile sera complétée par la projection du documentaire « Génération Slow Fashion ».

Les journées de jeudi et vendredi feront la part belle aux arts numériques et aux installations immersives dans le hall de Stereolux, interrogeant notre rapport à la technologie et au vivant. Ce sera aussi le temps des « concerts intimistes » en salle Micro. « Ce sont des concerts acoustiques sans électricité, par terre, avec l’artiste au milieu et tout le monde assis autour avec des bougies », décrit Charlotte Guillot. Des artistes comme Sylvain Chauveau ou CJ Beth s’y produiront dans un format favorisant une écoute attentive.

Le week-end, le festival investira l’espace public. Le samedi 23 mai, un grand marché paysan s’installera sous les Nefs pour promouvoir l’agriculture locale, accompagné d’ateliers de fermentation et de bricolage avec le collectif « La Bricole ». Enfin, le dimanche 24 mai se clôturera par un banquet solidaire sous les Nefs, « La Belle Tablée », renforçant l’idée que le ralentissement doit être une expérience collective et joyeuse.

Ralentir comme acte de résistance

Au-delà de l’aspect festif, Molow porte une intention politique claire. Dans un monde saturé par l’information, le festival considère le temps d’attention comme une denrée précieuse. Jean-Philippe Ollivier explique que cette thématique est venue naturellement suite aux réflexions internes de la structure sur son empreinte carbone et la rémunération des artistes. Stereolux a par exemple choisi de passer de Spotify à la plateforme Qobuz, qui rémunère mieux les créateur·rices.

« Ralentir, c’est donc résister », affirme le manifeste du festival. En proposant des formats courts, des lives contemplatifs ou des « causeries paysannes », Molow tente de créer une « faille dans le système » pour imaginer des modes de vie plus soutenables. Le but est d’offrir un espace où la culture ne se consomme plus mécaniquement, mais se vit comme une expérience sensible et partagée.


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