« C’était une super expérience, le projet d’album ça faisait longtemps qu’on travaillait dessus. Certains morceaux ont commencé à être composés il y a cinq ans », se rappelle Louis Roms. Mi-avril, Marine Pichot et Louis Roms ont sorti Pour des grands, un premier album de douze titres. Après un EP totalement anglophone sorti en 2023, le duo Coconut assume désormais un virage vers le français. Un changement plus naturel, mais aussi plus exigeant : « Écrire en français, c’était plus instinctif mais ça a été beaucoup plus de travail. J’avais plus d’exigence. »
« Dans la vingtaine, on se pose beaucoup de questions sur la confiance en soi » confie la chanteuse sur ces morceaux écrits entre leurs 20 et 25 ans. Pour les deux musicien·nes, les morceaux de l’album retracent « le cheminement de toutes [leurs] interrogations », tout en laissant une place à « de simples histoires », indique le guitariste. Pour Marine, l’album retrace une écriture sensible, souvent traversée par « un rapport à la nature ».

L’enregistrement de l’album, réalisé entièrement en studio sur une vingtaine de jours, représente aussi un investissement important pour le groupe. « On s’est bien ruinés », plaisante Louis.
« Dès qu’on veut faire les choses bien, ça a un coût. » Un choix assumé : « On savait qu’on dépenserait beaucoup en faisant un album. C’était surtout pour nous, d’en faire un bel objet », complète Marine. Le duo reste indépendant malgré l’accompagnement du petit label Archipel, auquel il tient pour la liberté artistique laissée aux musicien·nes.
Deux voix et deux guitares
À l’origine de Coconut, il y a une rencontre pendant des études de musique à Tours en 2020. « On faisait tous les deux des études dans la musique. Louis avait besoin d’une chanteuse pour ses morceaux », raconte Marine. « On a vite joué ensemble », ajoute Louis.
Le Covid ralentit pourtant les débuts du groupe. « C’est vraiment à partir de 2022 que le projet a pu bien démarrer », précise Marine. Aujourd’hui installé à Nantes, le duo défend une formule simple : « Le cœur du projet, c’est juste deux guitares, deux voix », explique Louis. Une base nourrie par leur amour commun des harmonies vocales : « On aime bien tous les deux les Beatles, toutes les musiques où il y a des harmonies vocales. » Inspiré d’abord par la folk des années 70, le duo puise aujourd’hui aussi dans la pop actuelle.

Au fil des années, chacun·e a développé de nouvelles compétences. « Ma spécialité c’est plus le chant et Louis la guitare, mais on fait les deux dans le groupe », explique Marine. « C’est marrant parce qu’avec le temps, Marine a progressé en guitare et moi en chant. Je ne chantais pas vraiment avant », poursuit Louis. Sur scène, Coconut se produit parfois accompagné d’une basse et d’une batterie, sans abandonner l’essence du projet.
Nantes, entre entraide et précarité
Depuis leur arrivée à Nantes, Marine et Louis disent avoir trouvé une scène musicale accueillante. « On a eu la chance d’être très bien intégrés », raconte Marine. « Il y a un soutien immense entre toute cette communauté de musicien·nes », ajoute Louis. Les deux artistes saluent aussi la diversité des lieux dédiés à la musique dans la ville.
Mais le duo observe également les difficultés économiques qui touchent les cafés-concerts et les structures culturelles. « Depuis les coupes budgétaires, on voit que c’est de plus en plus compliqué », souligne Marine. « On échange beaucoup avec les lieux pour comprendre leur économie. » Conséquence directe : « Ils paient moins les musiciens donc on peut être payé au lance-pierre parfois », regrette Louis.
Malgré cela, Coconut continue d’avancer, porté par son public et son envie de créer. Lors de leur concert de sortie d’album, le duo avait mis en place un « tarif soutien », largement choisi par les spectateur·ices. « Les gens savent que c’est galère et que s’ils ont envie de soutenir, ils le peuvent », note Marine.
« Pour moi, Coconut, c’est notre refuge où l’on met toute notre âme et notre sensibilité », confie Louis. Une musique « sensible, sincère », selon Marine, pensée avant tout pour le partage : « En concert, on veut vraiment créer un lien avec le public. »
Pour aller plus loin
- Le compte Instagram du groupe




