Cela fait déjà trois ans que le groupe Dispersion s’est formé au cours d’un atelier animé par la musicienne nantaise Alice H.A au lycée Livet. Au départ composé de 6 membres, le groupe se stabilise finalement avec ses 4 musicien·nes actuel·les. Elias à la batterie, Lou au chant et à la guitare, Louis à la guitare principale et Soumiya à la basse offrent un répertoire « rock alternatif, métal et même un peu funk », comme le précise le guitariste. Pour elleux, leur nom Dispersion, s’est imposé comme une évidence suite aux nombreux rappels à l’ordre de leur encadrante.
L’atelier, un terrain de découverte
L’atelier réunissant près d’une dizaine de lycéen·nes a vu se succéder plusieurs animateur·ices durant les quatre ans qui se sont écoulés depuis la reprise du concept « MAD » de Trempo par le lycée. Charlotte Bauget, médiatrice socioculturelle, Alice H.A, le groupe punk TREAKS et les deux régisseurs son Clément Poline et Antoine Gandon ont pu, à tour de rôle, faire découvrir le monde du spectacle aux élèves. Un enjeu important pour Charlotte, présente dès le début du projet, qui a fait le constat que « beaucoup ne sont jamais allés à un concert ou une représentation ».
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Cependant l’animation a évolué. Aujourd’hui, à raison d’une réunion par mois, l’atelier prend une direction un peu différente. « Alice nous a beaucoup aidés à comprendre les enjeux du métier, à jouer en groupe, à prendre confiance en nous et en nos instruments », confie Soumiya. Elle poursuit : « Pour moi, c’était quelque chose d’inatteignable. Jamais je ne me suis dit que je pouvais faire de la musique, encore moins en étant une fille. » Initiée à la basse grâce à l’atelier, elle est aujourd’hui complimentée par ses pair·es : « Au final, t’as dead ça ! »

Des musiques frivoles tout comme engagées
« On a peu de galères à trouver des dates de concert, mais on rencontre beaucoup de préjugés car on est jeune », se livre Lou. Le groupe se heurte à des regards surpris. Alternant entre compositions personnelles et reprises, Dispersion n’a rien n’a envier à des groupes plus expérimentés.
Bien que tiraillé·es entre études et vie personnelle, les quatre membres trouvent le temps d’écrire leurs propres morceaux. « Le processus créatif commence par des jams », explique Elias. Quant au choix des thèmes, ces derniers varient en fonction de l’humeur, que ce soit des « sujets profonds ou juste pour le fun ». Leur première composition parle d’anorexie. Un sujet important aux yeux de Lou qui explique que « ça fait trois ans qu’on la joue » et qu’elle ne s’en lassera « jamais ». Elle déplore tout de même : « On doit faire attention à l’image qu’on renvoie, même dans le monde du rock et du post-punk. » D’où la volonté de parler des corps.
Un tournant à venir
« L’année prochaine va sûrement être un peu galère », prophétise Elias. À la fin de l’année, l’intégralité des musicien·nes passeront en études supérieures. Une étape qui soulève de nombreux questionnements quant à l’avenir du groupe. « On fait nos répétitions au lycée mais l’année prochaine, ça ne sera plus possible, donc il va falloir qu’on trouve un nouveau lieu », précise la bassiste.
De plus, Louis ajoute qu’iels n’ont « pas toujours tout qui s’aligne entre le matos, le local et les disponibilités ». Soumiya complète : « Par exemple pour enregistrer nos compos, c’est galère. Le peu de temps qu’on a, on l’utilise pour créer et répéter. » Lou précise : « On a des maquettes qui ne sont pas terminées car il manque un instrument quand l’un·e d’entre nous n’est pas là. […] C’est aussi une question de matériel, le nôtre est rudimentaire. »
Les quatre membres restent très motivé·es à poursuivre. « La crainte c’est l’éloignement physique car je vise des écoles sur Paris », partage Lou. « Les répétitions vont ralentir mais pas stopper », rassure Elias. Leur certitude se cristallise par les voix de Soumiya et Louis qui, respectivement, assurent que « la musique c’est plus qu’un loisir, c’est une priorité ». Les membres du groupe confient qu’iels aimeraient enregistrer un EP ou même un album, jouer en dehors de Nantes et continuer à faire plus de rencontres.




