Simone d’Opale réunit Manon Claude (composition, chant, guitare, synthétiseur), Paul Dechaume (arrangements, synthétiseur, basse) et Federico Climovich (batterie). Leur univers : une indie pop poétique où “l’instrumental raconte autant que les mots”. Leur processus créatif est un passage de relais : Manon propose ses mélodies et ses textes, Paul réarrange les morceaux, Federico ajoute sa signature rythmique. “C’est la musique qui fait le groupe”, résume Manon.
À l’instar d’Agnès Obel dont elle s’inspire beaucoup, Manon propose des textes énigmatiques : “j’utilise beaucoup les symboles et l’écriture automatique pour que chacun.e puisse interpréter selon sa sensibilité”, précise la compositrice. Certains mots lui viennent parfois en rêve, comme leur propre nom : Simone d’Opale.

Créer pour exprimer : entre poésie et silence
Art-thérapeute de formation, Manon a commencé à se produire dès 17 ans et pratique aujourd’hui la musicothérapie auprès de demandeurs d’asile. Pour elle, la musique nourrit un double objectif : “c’est un moyen d’expression et, avec la musicothérapie, je crée un espace pour l’expression de l’autre”. Pour Manon, ce besoin est vital : “le besoin de s’exprimer est en chacun.e de nous. Les demandeur.ses d’asile, par exemple, sortent des phrases parfois hyper belles, personnelles et poétiques”.
Dans le brouhaha quotidien, il est parfois difficile de trouver sa voix. “Le silence est si important… mais il demande du temps”, explique Manon. Elle prend pour exemple Hélène Nicolas, alias Babouillec, poétesse autiste non verbale qui transforme ses textes en pièces de théâtre. “Longtemps considérée comme ‘l’idiote du village’, elle a trouvé sa manière de s’exprimer et d’exister autrement”, raconte la chanteuse, montrant comment la création peut faire entendre ce qui reste souvent silencieux.
Catharsis et émotions sont au cœur de la démarche de Simone d’Opale. Une musique sensible qui questionne le réel et invite à l’introspection : “mes textes posent plus de questions que de réponses, il y a beaucoup de silences pour laisser place à l’imaginaire, à l’émotion”, explique Manon. En tant que musicienne, la question du désir est centrale : “on ne fait pas ce métier pour l’argent. Il suffit de voir la grande précarité dans laquelle peuvent vivre les artistes, ça répond d’abord à un désir”.

Rassembler cultures et société
Refusant l’étiquette de “musique de bobo”, le trio privilégie le brassage culturel : “on s’appauvrit en allant seulement vers ce qu’on connaît” nous confie Manon. En plus des festivals, le groupe aime se produire dans les espaces plus intimistes des bars de quartiers : “l’Ortie Rousse à Rezé, par exemple, organise des soirées modulaires, des propositions différentes avec beaucoup de soin apporté à l’aspect visuel, lui aussi très important”, précise Manon.
Manon souligne également la nécessité de sortir de l’entre-soi, de faire évoluer les regards dans un contexte politique instable. Elle déplore une “flemme intellectuelle” qui appauvrit la réflexion et rend difficile le vivre ensemble. Quand le dialogue est rompu, les lieux de culture permettent une nouvelle forme d’échange : “la musique rassemble, pas pour débattre, mais pour expérimenter”, explique-t-elle.
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Actualité
Après leur dernier Ep Bonjour Fantômes (2025), le groupe prépare une tournée de mai à novembre en Bretagne et Sud Vendée, poursuivant sa démarche de création onirique et poétique.
Retrouvez toutes les dates de la tournée 2026 ci-dessous :
21.05 Laval – party teuf – off du festival 3 éléphants
12.06 Oudon (44) Guinguette
01.08 Les Herbiers (85) festival 16×20
28.08 Gâvres (56) Festival la Dérive
12.09 La Barre-de-Monts (85) Territoires Imaginaires
23.9 La Roche sur Yon (85) Quai M première partie Ciel
28.11 Quimper (29) Novomax première partie cascadeur




