Lava Lazuli a sorti le 3 avril dernier l’EP intime et volcanique « Bleu ». Rencontre avec Alice, l’artiste nantaise derrière le projet
Portrait de Lava Lazuli (Alice). Photo : Pauline Rouibi, 25/04/2026
Lava Lazuli, c’est un nom qui reflète une dualité : la lave d’un côté, la pierre semi-précieuse du lapis-lazuli de l’autre. Derrière ce pseudonyme se cache Alice, artiste nantaise, qui veut retranscrire « quelque chose de féroce, intense et doux. » Une tension qui traverse aussi bien son identité que sa musique.
C’est en 2021 qu’Alice rencontre Gaspard Ray, et de cette collaboration naît une alchimie immédiate. Lui vient du hip-hop et de la base music ; elle, de la chanson et de la pop. Ensemble, il et elle s’ancrent dans un genre : « le trip pop« . Ce son, qui ne s’ancre dans aucune case, porte l’empreinte des deux univers. Leur processus créatif est fluide et se fait toujours à deux, Alice joue du piano, compose et écrit. Gaspard apporte ses textures de batterie et de guitare. Parfois c’est lui qui pose une base instrumentale et elle qui vient l’habiter de mots et d’ambiances. Ils fonctionnent à deux, comme un seul organisme créatif.
Pourtant, Lava Lazuli (Alice) existait bien avant cette rencontre. Alice qui composait déjà des piano-voix, s’était déjà produite au Nid à Nantes il y a une dizaine d’années. Et avant cela, c’est en famille que tout a commencé. Avec son père et sa cousine, il et elles reprenaient de la bossa nova, des chansons d’Adèle. C’est dans ce cadre intime et bienveillant qu’elle a commencé à écrire ses premiers textes.
D’une île volcanique à un projet musical
Son nouvel EP, intitulé « Bleu », est né d’un voyage. Il y a un an et demi, Alice et Gaspard partent aux Canaries, sur l’île volcanique de Lanzarote. L’environnement les saisit : « la lave séchée qui se superpose en couches noires, l’océan qui l’embrasse, le ciel qui écrase tout ça de bleu« . C’est là que naît l’idée directrice du projet. Leur vision était claire dès le départ : sortir « Bleu » en premier, et plus tard, un EP intitulé « Rouge ». Écrit sur une longue période, l’EP tire de cette durée une richesse particulière. « Chaque son a sa propre personnalité, car ils sont écrits à des moments différents », souligne Alice. Le bleu, fil conducteur, est envisagé dans toute sa polysémie : mélancolie, affirmation de soi, amour. Ce n’est pas une couleur triste d’après elle, c’est une couleur complexe. À l’image de l’humain, multiple et souvent contradictoire. « J’ai voulu transmettre l’idée que l’humain est multiple et que chacun, nous avons plusieurs choses en nous qui sont contradictoires et difficiles à cerner. » L’idée que personne ne se réduit à une seule facette, et que ces contradictions font partie de ce qui nous constitue.
Pochette de l’EP « Bleu » sorti le 03/04/2026. Crédit photo pochette : Pablo Boissel-Arrieta.
Cet EP marque aussi une transition personnelle. Alice a terminé sa vingtaine cette année. Elle clôt une décennie de questions, de nouvelles sensations, d’émotions accumulées et elle pense avoir trouvé, dans l’écriture, certaines des réponses qu’elle se posait. « Je pense que je me suis trouvée dans plein de choses », confie-t-elle. Contrairement à ses premiers projets, portés par une quête encore ouverte, « Bleu » porte quelque chose de résolu et d’apaisé. « Le bleu, ça va bien avec l’apaisement. »
Pauline, angevine de naissance, s’est récemment installée à Nantes pour ses études. Depuis plusieurs semaines, elle rejoint l’équipe de Fragil dans l’attente de vivre une expérience unique, en explorant et riant. Son portrait