27 janvier 2026

Rassemblement Place Royale en soutien au peuple iranien : « Ma pensée vient pour les iraniens, ma famille »

Une manifestation s’est tenue à 16h Place Royale samedi 17 janvier. Plus de 300 personnes sont venues en soutien au peuple iranien. Fragil est allé à la rencontre de Houchang Moradi, activiste démocratique et organisateur du rassemblement pour contester contre la politique répressive et violente du régime actuel.

Rassemblement Place Royale en soutien au peuple iranien : « Ma pensée vient pour les iraniens, ma famille »

27 Jan 2026

Une manifestation s’est tenue à 16h Place Royale samedi 17 janvier. Plus de 300 personnes sont venues en soutien au peuple iranien. Fragil est allé à la rencontre de Houchang Moradi, activiste démocratique et organisateur du rassemblement pour contester contre la politique répressive et violente du régime actuel.

Plus de 300 personnes se sont rassemblées à 16h Place Royale en signe de protestation contre la très sanglante répression orchestrée par le régime de la République islamique d’Iran. L’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, fait état d’au moins 3 428 personnes tuées durant les manifestations. C’était aussi l’occasion pour beaucoup d’entre elleux de montrer leur soutien et solidarité au manifestant·es iranien·nes qui luttent pour réclamer la fin du régime et la constitution d’une démocratie en Iran.

La députée LFI élue du 3è arrondissement de Loire-Atlantique, Ségolène Amiot, a exprimé son soutien aux manifestant·es en Iran. Plusieurs autres personnalités politiques comme le premier adjoint à la Mairie de Nantes, Bassem Asseh étaient présents ainsi que des ONG comme Amnesty International et associations comme la Ligue des droits de l’Homme (LDH). ©Farnoud Pierre 17/01/2026

Les Grands-mères debout est un mouvement créé en mars 2025. Il est composé de femmes militantes de gauches : « Nous essayons de résister à tout ce qui déraille dans la société actuelle. On est là pour soutenir le peuple iranien et leur combat. Mais on peut être sur d’autres combats. On a soutenu les manifestations pour Gaza cet été et on est contre l’extrême droite. On se demande comment on peut participer car la résistance n’a pas d’âge ». ©Farnoud Pierre 17/01/2026

Un groupe de plusieurs iranien·nes se sont réuni·es sous la bannière royale des Pahlavi, un lion solaire (Shir-o-Khorshid en persan) la dernière dynastie monarchique à avoir régné en Iran avant sa chute en 1979. Iels étaient plus d’une quarantaine, principalement des étudiant.es. Iels se sont rejoints Place Graslin en amont de la manifestation, puis iels sont introduit·es brusquement Place Royale, semant la confusion parmi les participant·es déjà rassemblé·es à 16h. Ils ont, à plusieurs reprises, scandé le nom de « Reza Pahlavi« , clamant que c’est la seule figure d’unité possible pour renverser le régime. ©Farnoud Pierre 17/01/2026

Ces jeunes monarchistes ont tenté par leur cri de ralliement, « Vive le roi Reza Pahlavi »  d’étouffer le discours d’Houchang Moradi, un des membres fondateurs du mouvement, Femme, Vie Liberté, à Nantes.  Ce dernier attribue leur intervention à un « manque de culture historique ». Cela a provoqué de légères tensions avec le reste des manifestant·es. ©Farnoud Pierre 17/01/2026

Moradi, nantais d’adoption et figure marquante de la contestation du mouvement Femme, Vie Liberté, a organisé avec ses ami·es nantais·es ce rassemblement. « J’appelle les compatriotes franco-iraniens et français à se retrouver et se rassembler en soutien aux iraniens qui luttent pour la liberté et la démocratie en Iran ». Très sensible à la montée de violence dans son pays natal, il avait aussi un message précis à faire passer : « nous voulons le rétablissement des moyens de communication pour qu’on puisse savoir  ce qui se passe et connaître l’ampleur des massacres organisés par le régime« . ©Farnoud Pierre 17/01/2026

Des centaines de nantais·es brandissaient des slogans s’inspirant du mouvement « Femme, Vie, Liberté ». Celui-ci est devenu un symbole de contestation universel pour la démocratie. Pour l’activiste Houchang Moradi, ce qui se passe en Iran, est dur à vivre : « Ma pensée vient pour les iraniens, ma famille avant tout ». Mais c’est peut-être aussi, le signe clair de la fin d’un régime qui dure depuis plus de 47 ans : « On assiste à un massacre de masse qui montre un resserrement de l’Etat et montrent les fragilités du gouvernement« . ©Farnoud Pierre 17/01/2026

Professeur d’histoire-géographie, Pierre observe avec curiosité les changements de sa ville natale. Entre ses promenades à Chantenay, sa passion pour le backgammon et ses racines iraniennes, il explore à sa manière l’histoire et la culture.

L'édito

Touche pas à mon info !

L’investigation vit-elle ses derniers mois sur l’audiovisuel public en France ? Contraints par une réduction budgétaire de 50 millions d’euros en 2018 par rapport au contrat d’objectifs et de moyens conclu avec l’ancien gouvernement, les magazines « Envoyé Spécial » et « Complément d’enquête » verront leurs effectifs drastiquement diminués et une réduction du temps de diffusion au point de ne plus pouvoir assurer correctement leur mission d’information. Depuis l’annonce, les soutiens s’accumulent, notamment sur Twitter avec le hashtag #Touchepasàmoninfo, pour tenter de peser sur les décisions de Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, déjà visée par une motion de défiance. L’association Fragil, défenseur d’une information indépendante et sociétale, se joint à ce mouvement de soutien.

Après la directive adoptée par le Parlement européen portant sur le secret des affaires en avril 2016, il s’agit d’un nouveau coup porté à l’investigation journalistique en France. Scandales de la dépakine, du levothyrox, du coton ouzbek (pour ne citer qu’eux), reportages en France ou à l’étranger sur des théâtres de guerre, à la découverte de cultures et de civilisations sont autant de sujets considérés d’utilité publique. Cela prend du temps et cela coûte évidemment de l’argent. Mais il s’agit bien d’éveiller les consciences, de susciter l’interrogation, l’émerveillement, l’étonnement ou l’indignation. Sortir des carcans d’une société de consommation en portant la contradiction, faire la lumière sur des pratiques, des actes que des citoyens pensaient impensables mais bien réels. Telle est « la première priorité du service public », comme le considère Yannick Letranchant, directeur de l’information.

En conclusion, nous ne pouvions passer à côté d’une citation d’Albert Londres ô combien au goût du jour, prix éponyme que des journalistes d' »Envoyé Spécial » ont déjà remporté : « Je demeure convaincu qu’un journaliste n’est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie. »


Valentin Gaborieau – Décembre 2017