27 juin 2023

Une classe de SEGPA crée son média

Dans le cadre du dispositif Classe Média, financé et coordonné par le conseil départemental, une classe de 4ème SEGPA du collège Raymond Queneau à Machecoul a créé son média : Queneau média. Retour sur ce projet qui a permis aux adolescents et adolescentes de s'adonner au journalisme et d'en comprendre certains rouages.

Une classe de SEGPA crée son média

27 Juin 2023

Dans le cadre du dispositif Classe Média, financé et coordonné par le conseil départemental, une classe de 4ème SEGPA du collège Raymond Queneau à Machecoul a créé son média : Queneau média. Retour sur ce projet qui a permis aux adolescents et adolescentes de s'adonner au journalisme et d'en comprendre certains rouages.

« C’était bien de parler de ce qu’on aime, c’était bien d’écrire et de publier sur Instagram, j’ai bien aimé comprendre comment les réseaux sociaux récoltent des données sur nous !« , a confié une élève dans son bilan de fin de projet.

Comme les deux années précédentes, le conseil départemental a confié à Fragil le soin d’accompagner huit classes dans le dispositif Classes médias. Parmi ces huit classes se trouvait la 4ème SEGPA du collège Raymond Queneau à Machecoul, composée d’une douzaine d’élèves plutôt intéressé·es et motivé·es par le projet bien que le passage à l’écrit les effrayait de prime abord.

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La classe de 4ème SEGPA au travail

La naissance de Queneau média

Lors de la première séance, les élèves ont commencé par se présenter et par identifier leurs sources d’information qu’ils et elles ont partagées avec leurs camarades. Il a ensuite été question des réseaux sociaux et de leur modèle économique basé sur la récolte de données personnelles et la publicité ciblée. Pour finalement revenir au média que la classe devait créer. Première étape : choisir un nom. Queneau média s’est facilement imposé à tous et toutes. Deuxième étape : choisir la ligne éditoriale. Bien que la professeure ait entamé la réflexion sur ce sujet avant l’arrivée de l’animateur, rien n’était décidé. Les envies étant si éloignées les unes des autres, les élèves ont décidé d’opter pour une thématique suffisamment large pour pouvoir accueillir tous les sujets désirés : la vie au collège.

La deuxième séance a été consacrée aux initiations journalistiques (écriture, interview et photos de presse) et au choix des sujets dans le respect de la ligne éditoriale préalablement définie. Répartis en groupes, les élèves ont ainsi choisi de parler de sport au collège en se demandant comment étaient choisis les épreuves d’EPS, des transports privilégiés de l’équipe éducative et des autres collégiens et collégiennes, de la possibilité d’intégrer la pêche dans les sports pratiqués en EPS, et du bien-être du personnel de l’établissement. Pour finir cet atelier, les élèves ont rédigé une charte de l’utilisation du compte Instagram (abonnements, live, story…). Charte qu’ils et elles ont signé individuellement au début de la séance suivante.

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Queneau
Queneau média sur Instagram

Utiliser le smartphone au collège

Une fois lancés dans leur projet d’article, les élèves devaient choisir qui ils et elles allaient interviewer, préparer les questions, puis recueillir les témoignages de ces personnes. De plus, ils et elles avaient l’obligation de ramener des visuels afin d’illustrer leur post sur Instagram. Pour se faire, autorisation leur a été donnée d’utiliser leur smartphone au sein du collège, aussi bien pour enregistrer les interviews que pour prendre certains clichés. Privilège qu’ils et elles ont particulièrement apprécié s’il on en croit les bilans rédigés de manière anonyme à la fin du projet.

Le plus dur dans tout ce processus a été sans nul doute le passage des interviews à la rédaction de l’article. La professeure en charge de la classe avait précisé, au démarrage du projet, que ce serait sûrement la plus grande difficulté pour l’ensemble de la classe. Cependant, malgré de réelles lacunes, les élèves, bien accompagné·es tout au long de l’élaboration de l’article, ont tout fait pour qu’ils soient finalement publiés sur le compte Instagram.

En guise de conclusion, on notera que la majorité des élèves a pointé le manque de temps comme aspect négatif du projet. Constat partagé par les animateurs et animatrice de Fragil qui aimeraient effectivement avoir plus de temps pour approfondir cette initiation journalistique ou pour permettre de réfléchir à l’avenir de ce média qui, comme tous les autres, n’est malheureusement plus actif dès lors que le projet a touché à sa fin.

Deux heures pour réfléchir à l'information au Lycée Agricole du Grand Blottereau

Des associations se réunissent à St Hilaire de Clisson pour sensibiliser les parents aux écrans

Réalisateur de formation, Merwann s’intéresse à la musique, à la littérature, à la photographie, aux arts en général. Depuis juillet 2017, il est rédacteur en chef du magazine Fragil et coordinateur de l'association.

L'édito

Touche pas à mon info !

L’investigation vit-elle ses derniers mois sur l’audiovisuel public en France ? Contraints par une réduction budgétaire de 50 millions d’euros en 2018 par rapport au contrat d’objectifs et de moyens conclu avec l’ancien gouvernement, les magazines « Envoyé Spécial » et « Complément d’enquête » verront leurs effectifs drastiquement diminués et une réduction du temps de diffusion au point de ne plus pouvoir assurer correctement leur mission d’information. Depuis l’annonce, les soutiens s’accumulent, notamment sur Twitter avec le hashtag #Touchepasàmoninfo, pour tenter de peser sur les décisions de Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, déjà visée par une motion de défiance. L’association Fragil, défenseur d’une information indépendante et sociétale, se joint à ce mouvement de soutien.

Après la directive adoptée par le Parlement européen portant sur le secret des affaires en avril 2016, il s’agit d’un nouveau coup porté à l’investigation journalistique en France. Scandales de la dépakine, du levothyrox, du coton ouzbek (pour ne citer qu’eux), reportages en France ou à l’étranger sur des théâtres de guerre, à la découverte de cultures et de civilisations sont autant de sujets considérés d’utilité publique. Cela prend du temps et cela coûte évidemment de l’argent. Mais il s’agit bien d’éveiller les consciences, de susciter l’interrogation, l’émerveillement, l’étonnement ou l’indignation. Sortir des carcans d’une société de consommation en portant la contradiction, faire la lumière sur des pratiques, des actes que des citoyens pensaient impensables mais bien réels. Telle est « la première priorité du service public », comme le considère Yannick Letranchant, directeur de l’information.

En conclusion, nous ne pouvions passer à côté d’une citation d’Albert Londres ô combien au goût du jour, prix éponyme que des journalistes d' »Envoyé Spécial » ont déjà remporté : « Je demeure convaincu qu’un journaliste n’est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie. »


Valentin Gaborieau – Décembre 2017