La proposition artistique faite par Angers Nantes Opéra sur sa programmation d’octobre vise la jeunesse mais ne se focalise pas uniquement sur elle. Bien qu’il soit « extrêmement important d’inscrire l’usage du spectacle vivant dès le plus jeune âge », Alexandra Lacroix, directrice générale et artistique d’Angers Nantes Opéra, ne veut pas pour autant exclure les autres générations. L’objectif est de les rassembler et créer « des moments de discussion, de partage ».
Présent sur la programmation du festival OP’ en famille avec le spectacle Quatre saisons dansées, le chef d’orchestre du Concert de la Loge, Julien Chauvin explique que sa démarche est similaire. Le chef violoniste remarque « qu’il y a quand même un certain a priori des jeunes [envers] la musique qu’on appelle classique ». La collaboration avec la troupe de danseur·euses Käfig spécialisée dans le hip-hop et menée par le chorégraphe Mourad Merzouki vient alors créer une « connexion avec un public plus jeune qui n’a pas les mêmes références que nous ».
Créer un moment intergénérationnel précieux
En observant le public, ces intentions de rassembler plusieurs générations autour d’une même œuvre se traduisent. Patricia, amatrice d’opéra, l’a remarqué lors de cette représentation. La mère de famille a « aimé observer la diversité du public, [que ce soit] par les âges ou les origines sociales ». Les Quatre Saisons dansées sont pour elle « un mélange d’univers peu commun mais qui reste harmonieux ». Un avis partagé par Antoine qui se considère « très mélomane » et a « beaucoup apprécié » le spectacle.

Une porte d’entrée sur l’univers de l’opéra
Du haut de ses 7 ans, Anna a adoré sa première expérience face à un opéra. De ses propres mots le spectacle était « trop bien ! » et a affirmé que cette représentation des Quatre Saisons dansées a éveillé un intérêt chez elle.
Le format hybride proposé par Mourad Merzouki et Julien Chauvin est une manière d’attirer un nouveau public, mais ce dernier ne pense pas que ça deviendra la norme. Malgré le fait que la demande du public et des programmateur·ices soit forte, le violoniste ne pense pas que « 100 % des formats seront comme ça a l’avenir ».
De son côté Alexandra Lacroix a observé que cette œuvre suscite une certaine curiosité chez le public. Curiosité qui s’est également reflétée sur le reste du festival, car les spectateur·ices sont autant « habitué·es que des personnes nouvelles ». Le vrai test pour Angers Nantes Opéra se fera lors de ses prochains spectacles, notamment The Carmen Case qui sera représenté entre le 1er et le 12 décembre 2026. Il faudra observer si le nouveau public capté par le festival répondra encore présent.
Reportage réalisé en collaboration avec Allie Heurguier.




