Meeting de La France insoumise à Rezé : « On n’a jamais vu ça »

Plus de 500 personnes se sont retrouvées à Rezé pour le meeting de La France insoumise (LFI) ce vendredi 18 septembre 2026. Entre une salle trop petite pour accueillir tout le monde et des équipes militantes locales qui constatent la dynamique des nouvelles recrues, la soirée s’est inscrite dans la lignée du mouvement insoumis de la métropole nantaise.

Écologie, VIe République, augmentation des salaires et lutte contre les discriminations font partie des principaux thèmes abordés pendant cette première réunion publique de campagne à Rezé, où Imane El Hamzaoui, Antoine Léaument, Andy Kerbrat et Ségolène Amiot ont pris la parole. Photo : Amélie Fortin, le 18/09/2026

« C’est une dinguerie ce qui se passe. » À la sortie du meeting, Irina Yahi s’émerveille encore de la file d’attente qui s’est formée devant l’Amicale laïque de Pont-Rousseau de Rezé. Conseillère municipale nantaise, elle dit n’avoir « jamais vu autant de monde » se déplacer pour un tel rendez-vous.

Dans la salle, l’engouement s’est exprimé pendant deux heures à coups d’applaudissements et de slogans repris en chœur. Derrière cette effervescence, des rapports très différents à LFI se sont croisés : militant·es aguerri·es, sympathisant·es de longue date ou simples curieux·ses. Une diversité qui permet de regarder au-delà du succès affiché de la soirée, du côté de celles et ceux qui font vivre le mouvement à Nantes.

Une salle qui déborde

Pour accueillir le public, assurer la logistique et surveiller les entrées, une quarantaine de bénévoles ont été mobilisé·es. « Vu le succès de ce soir, heureusement qu’on était nombreux pour aider, parce qu’il y avait quand même énormément de monde », raconte Alizée, affectée au service d’ordre ce soir-là et habituellement animatrice bénévole d’un groupe d’action, un collectif local de militant·es organisant les actions de terrain du mouvement France insoumise.

Peu après l’ouverture des portes, les centaines de chaises sont déjà occupées. Une partie du public s’installe alors debout, au fond et sur les côtés de la salle, relookée à l’occasion par les affiches et banderoles LFI. Selon les organisateur·ices, une centaine de personnes auraient suivi le meeting depuis l’extérieur et autant se seraient vues refuser l’accès, la capacité maximale du lieu ayant été atteinte. Des chiffres que Fragil n’a pu vérifier.

Les slogans On va gagner et Siamo tutti antifascisti (issu de l’italien, signifiant « Nous sommes tous antifascistes »), ainsi que les applaudissements ponctuent les prises de parole. À plusieurs reprises, les drapeaux LFI se lèvent dans la salle à l’évocation des mesures phares du programme défendues à la tribune. Photo : Amélie Fortin, le 18/09/2026

L’affluence surprend jusque sur scène. Député de l’Essonne et habitué des campagnes présidentielles de Jean-Luc Mélenchon, Antoine Léaument assure n’avoir « jamais vu ça ». « Je n’ai jamais vu une campagne comme ça », lance-t-il au public, avant d’estimer à plus de 500 le nombre de personnes présentes. La comparaison locale est elle aussi notable. Andy Kerbrat, député de Loire-Atlantique, indique qu’un meeting similaire organisé salle du Seil à Rezé pendant la campagne présidentielle de 2022 avait réuni environ 250 personnes.

Un besoin de collectif

Si l’engouement du public lors du meeting est manifeste et témoigne de nombreux soutiens déjà convaincus, les quelques personnes interrogées par Fragil révèlent des degrés d’engagement très différents. Anna par exemple, peine elle-même à se définir : « Curieuse, militante, sympathisante, ça varie. » Inscrite depuis près d’un an à un groupe d’action, elle n’a encore jamais participé à une réunion, notamment pour des contraintes d’emploi du temps. Son vote pour Jean-Luc Mélenchon est déjà décidé, mais ce n’est pas son programme qu’elle est venue découvrir au meeting : « Je suis juste venue chercher du collectif. »

Lou, étudiante et adhérente du syndicat Union Pirate à la faculté de droit de Nantes, assiste quant à elle à son premier meeting politique. Sympathisante LFI et déjà décidée à voter pour Jean-Luc Mélenchon, elle voulait aussi découvrir l’événement de l’intérieur. « Voir tous les gens applaudir et me sentir portée par le meeting et l’espoir des gens, ça m’a beaucoup apporté », raconte-t-elle à la sortie.

Enthousiasmés, deux étudiants applaudissent lorsque Antoine Léaument évoque la création d’une allocation d’autonomie pour les étudiant·es. Photo : Amélie Fortin, le 18/09/2026

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Toutes les personnes présentes ne partagent pourtant pas ce même degré de certitude. Électeur de gauche, Renaud envisage de voter pour Jean-Luc Mélenchon mais dit être « encore en réflexion ». Il explique notamment avoir été gêné par certains propos du candidat et attendre de comparer les programmes proposés à gauche. Sa participation au meeting relève davantage d’un « besoin de [se] sentir en lien avec LFI ».

Emmanuel soutient quant à lui le mouvement depuis ses débuts, sans vouloir renouer avec le militantisme qu’il a connu plus jeune. Il est surtout venu « voir le mouvement que cela entraîne et comment ça prend », dans une métropole où il trouve paradoxalement LFI « un peu timide », sans « grande figure » locale. Selon lui : « Nantes reste un peu à l’écart de LFI parce que c’est la ville de Johanna Rolland et des socialistes, et ça m’agace. »

Des groupes d’action qui prennent de l’ampleur

Selon Andy Kerbrat, les réunions mensuelles du groupe d’action Nantes Centre rassemblaient environ 30 à 40 personnes l’hiver dernier. Elles en réuniraient désormais entre 70 et 80, au point que trouver des lieux suffisamment grands pour les accueillir deviendrait plus difficile. Une évolution également constatée par les deux animateur·ices du groupe d’action interrogé·es par Fragil. Pierre-Alexandre observe une première augmentation pendant la campagne des municipales de mars 2026, puis « une recrudescence de militants » depuis le début de la séquence présidentielle.

Le meeting donne à voir cette volonté de transformer la sympathie en engagement : au fond de la salle, des bénévoles présentent les groupes d’action de la métropole et des Jeunes insoumis aux personnes qui souhaitent les rejoindre, à côté d’un stand de collecte de fonds pour la campagne présidentielle et d’un autre pour Gaza. Photo : Amélie Fortin, le 18/09/2026

Alizée abonde : « Il y a énormément de nouveaux arrivants qui sont super motivés. On a déjà eu plusieurs vagues, mais là, ça s’est vraiment intensifié. » Une progression qui pose désormais la question de l’accueil de ces nouvelles personnes et de leur intégration dans les actions du mouvement. « Avec beaucoup de nouvelles personnes, ce n’est pas toujours garanti que ça se passe bien, mais tout le monde est hyper à l’écoute, a envie d’apprendre », poursuit-elle.

Depuis les dernières élections, La France insoumise compte désormais neuf élu·es sur les 69 membres du Conseil municipal nantais. Leurs premières propositions évoquées dans le programme de la Nouvelle Nantes offrent un autre regard sur la manière dont le mouvement pourrait s’installer dans la vie politique locale.

 


Déclaration d’intérêt

L’autrice de cet article est aussi militante LFI. Dans le souci d’apporter une information fiable, transparente, indépendante et en accord avec les valeurs de l’association, la rédaction de Fragil veille cependant à ce que les faits rapportés dans cet article (comme dans le reste des publications de Fragil) soient vérifiés et en aucun cas validés par la communication de quelconque parti, groupement ou mouvement parti politique.


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