25 août 2022

Les soirées Paillette Party, un rendez-vous régulier pour le public Drag et Queer nantais

Le 13 août 2022 s'est tenu aux Ateliers de Bitche la cinquième édition de la Paillette Party. Cette soirée drag organisée par le collectif Bubble Gum offre la possibilité aux Drag King, Drag Queen et Queer amateurs de s'exprimer sur scène avant une fête qui rassemble tous.tes les invité.e.s. À cette occasion, Fragil s'est rendu sur les lieux et s'est entretenu avec Shaqueera, l'une des organisatrices du collectif qui se trouve être aussi performeuse et présentatrice, afin de connaître les raisons de la création du collectif et en savoir plus sur l'organisation de leurs événements.

Les soirées Paillette Party, un rendez-vous régulier pour le public Drag et Queer nantais

25 Août 2022

Le 13 août 2022 s'est tenu aux Ateliers de Bitche la cinquième édition de la Paillette Party. Cette soirée drag organisée par le collectif Bubble Gum offre la possibilité aux Drag King, Drag Queen et Queer amateurs de s'exprimer sur scène avant une fête qui rassemble tous.tes les invité.e.s. À cette occasion, Fragil s'est rendu sur les lieux et s'est entretenu avec Shaqueera, l'une des organisatrices du collectif qui se trouve être aussi performeuse et présentatrice, afin de connaître les raisons de la création du collectif et en savoir plus sur l'organisation de leurs événements.

Créé en août 2021 par Shaqueera, Sissy Borg et Hot Headed Christine, le collectif Bubble Gum est né pour proposer une scène ouverte à toutes les personnes désireuses de monter sur une scène Drag dans un cadre chaleureux et festif, où les débutant.e.s et expérimenté.e.s sont les bienvenu.e.s.

Shaqueera a ouvert le show devant un public enthousiaste.

« On sent une demande d’événements plus récurrents de la part du public queer nantais »

Ces trois performeuses ont déjà participé à plusieurs événements Drag nantais. Pour la création de Bubble Gum, Shaqueera et Sissy Borg ont eu le déclic après avoir participé au Pride’N’Art, un festival qui se déroule sur plusieurs jours avec des concerts, des expositions, des conférences, un drag-show…  Elles ont notamment apprécié le concept qui consiste à laisser la liberté à des personnes non professionnelles de pouvoir s’exprimer sur scène. Cependant, l’attente de ce festival est longue pour son public. Shaqueera explique : « Pride’N’Art est un événement important qui ne se déroule qu’une fois par an, on l’attend toute l’année un peu comme on attend Noël. Et pourtant, on sent une demande d’événements plus récurrents de la part du public queer nantais ».

Une performeuse sur scène.

Elles ont alors eu l’idée de proposer un événement similaire au drag-show du Pride’N’Art avec une scène plus simple, mais sur un rythme plus fréquent. « On a trouvé génial le fait que des amateur.ice.s puissent monter sur scène, et notre but était de proposer la même chose ; offrir aux gens une plate-forme pour leur première performance, afin de leur donner l’opportunité de tester la scène. En tant qu’organisatrices, on performe également » rapporte Shaqueera. 

Sissy Borg.

« La première soirée, on a été débordés par le nombre de personnes »

Hot Headed Christine a quitté le collectif entre-temps, mais en un an, Bubble Gum a déjà organisé cinq soirées Paillette Party, dont les quatre premières se sont déroulées au Michelet. « Au début, j’ai envoyé un mail à la scène Michelet, Olivier était conquis par le concept. On s’est rencontré très vite et on a convenu d’un format de soirée » Avec la fermeture du site en avril 2022, elles ont dû envisager d’autres lieux, d’autant plus que les Paillette Party faisaient salle comble au Michelet. Lors de certaines éditions, il avait parfois été demandé aux participants de réserver leurs places jusqu’à une semaine à l’avance, même pour ceux qui ne performaient pas. La raison est simple : la demande était supérieure à la capacité de la salle. « La première soirée, on a été débordés par le nombre de personnes qui sont venues. Étant donné que le public est assis pendant la Paillette Party, on réduisait le nombre de places à 110 pour les soirées à la scène Michelet. Les ateliers de Bitche est un lieu auquel j’avais déjà pensé avant en raison de sa capacité supplémentaire, la jauge y est quasiment doublée. Pour nos soirées, on a envie d’avoir de l’espace et aussi de la spontanéité afin de ne pas demander de réservation à l’avance » confie Shaqueera. 

Malgré la capacité de plus de 200 personnes des ateliers de Bitche, la cinquième édition de la Paillette Party a été victime de son succès ; le lieu a affiché complet et des retardataires se sont vus refuser l’entrée.

La cinquième Paillette Party s’est déroulée à guichets fermés.

Lors du show, pas loin de dix participant.e.s se sont représenté.e.s sur la scène, la plupart en playback. Sissy Borg et Shaqueera se sont relayées pour l’animation du spectacle et ont performé plusieurs fois, Shaqueera a même chanté, accompagnée par une pianiste. L’ambiance y était accueillante et bon enfant, chaque passage se terminant sur un tonnerre d’applaudissements. La musique était principalement de la Pop, du R’n’B ou de la variété, les artistes ont ainsi pu performer sur du Jenifer, du Nâdiya, du Brigitte Bardot… Et cette tendance se poursuivra lors de la boum après le spectacle jusqu’à 2h du matin, entre danse et bonne humeur générale. Lors de la fête, Jérôme, qui assistait pour la première fois à la Paillette Party, témoigne : « l’ambiance est cool et bienveillante, c’est ce à quoi je m’attendais. J’avoue que je m’attendais à un autre type de musique mais c’est bien aussi, ça me rappelle ma jeunesse » dit-il avec le sourire.

Shaqueera.

La force du collectif

Entre la régie, les bénévoles et les animatrices, le collectif porte bien son nom. Lors des premières éditions au Michelet, une dizaine de bénévoles était sollicitée entre la billetterie, les installations… Aux ateliers de Bitche, ils étaient même une quinzaine en raison de la gestion du bar, un travail qui ne leur revenait pas à la scène Michelet. Pour Shaqueera, les bénévoles représentent une vraie force « On a de la chance d’avoir 10, voire 15 bénévoles qui répondent présents pour chaque soirée et qui se relaient. On peut profiter de la force du collectif, il est important que celui-ci perdure ».

Une des nombreuses performeuses.

La page Facebook de Bubble Gum.

Le Festival Fumetti : une kermesse graphique riche et conviviale

Les Brigands à Saint-Céré : le fabuleux bonheur d’être sur scène!

Amateur de musique, de littérature et d'art en général.

L'édito

Touche pas à mon info !

L’investigation vit-elle ses derniers mois sur l’audiovisuel public en France ? Contraints par une réduction budgétaire de 50 millions d’euros en 2018 par rapport au contrat d’objectifs et de moyens conclu avec l’ancien gouvernement, les magazines « Envoyé Spécial » et « Complément d’enquête » verront leurs effectifs drastiquement diminués et une réduction du temps de diffusion au point de ne plus pouvoir assurer correctement leur mission d’information. Depuis l’annonce, les soutiens s’accumulent, notamment sur Twitter avec le hashtag #Touchepasàmoninfo, pour tenter de peser sur les décisions de Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, déjà visée par une motion de défiance. L’association Fragil, défenseur d’une information indépendante et sociétale, se joint à ce mouvement de soutien.

Après la directive adoptée par le Parlement européen portant sur le secret des affaires en avril 2016, il s’agit d’un nouveau coup porté à l’investigation journalistique en France. Scandales de la dépakine, du levothyrox, du coton ouzbek (pour ne citer qu’eux), reportages en France ou à l’étranger sur des théâtres de guerre, à la découverte de cultures et de civilisations sont autant de sujets considérés d’utilité publique. Cela prend du temps et cela coûte évidemment de l’argent. Mais il s’agit bien d’éveiller les consciences, de susciter l’interrogation, l’émerveillement, l’étonnement ou l’indignation. Sortir des carcans d’une société de consommation en portant la contradiction, faire la lumière sur des pratiques, des actes que des citoyens pensaient impensables mais bien réels. Telle est « la première priorité du service public », comme le considère Yannick Letranchant, directeur de l’information.

En conclusion, nous ne pouvions passer à côté d’une citation d’Albert Londres ô combien au goût du jour, prix éponyme que des journalistes d' »Envoyé Spécial » ont déjà remporté : « Je demeure convaincu qu’un journaliste n’est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie. »


Valentin Gaborieau – Décembre 2017