Les Ateliers de l’espoir : trois heures pour sauver la démocratie

Créés en 2024 par quatre professionnel·les de l’animation et de la transition écologique, les Ateliers de l’espoir ont pour but de donner aux citoyen·nes des outils pour reconnaitre le fascisme et s’y opposer. Jeudi 29 octobre avait lieu l’un de ces ateliers à la Cocotte Solidaire sur l’île de Versailles. Il a réuni 15 personnes qui sont ressorties de ces trois heures d’intelligence collective plus optimistes et résolues à s’engager d’ici aux présidentielles de 2027.

Les participant·es à l'Atelier de l'espoir relient les 14 aspects du fascisme théorisés par l'écrivain italien Umberto Eco à des événements s'étant récemment déroulé en France, sous la houlette de Lola (en bout de table). Photo : Florence Calvez, 29/10/2026

« Beau programme » s’exclame d’un ton ironique Myriam, l’une des participantes de l’Atelier de l’espoir ce jeudi 29 octobre 2026 à la Cocotte Solidaire à Nantes. Les 15 personnes réunies autour de la table ce soir-là viennent en effet de réfléchir en petits groupes aux mesures qu’elles mettraient en place si elles souhaitaient instaurer un régime fasciste en France. Empêcher la mixité sociale, limiter la liberté de la presse, donner davantage de pouvoir aux forces de l’ordre, couper les subventions des associations… Les idées fusent dans le groupe, au sein duquel l’ambiance est détendue malgré la gravité du sujet.

Savoir reconnaitre le fascisme

C’est ainsi que commence un Atelier de l’espoir : par une définition de ce qu’est une démocratie puis de ce qu’est le fascisme. À l’issue de cette première partie, Lola, l’animatrice bénévole de cette séance, demande à chacun·e de définir son état d’esprit. Victor se sent « blasé » face au constat que de nombreux aspects du fascisme tels que définis par l’écrivain italien Umberto Eco sont déjà présents en France. Charles est de son côté « réaliste », tandis que Marie-Christine est « crispée ». Pour Yulia, originaire de Russie, tout cela a un air de « déjà vu ».

Cette première partie, d’une durée d’1h30, a pour but de rendre les participant·es « lucides sur la menace fasciste qui pèse sur la démocratie », peut-on lire sur le site des Ateliers de l’espoir. Créée en 2024 par quatre professionnel·les de l’animation et de la transition écologique, l’association a pour objectif de sensibiliser 150 000 personnes d’ici aux élections présidentielles de 2027. Ce chiffre n’est pas pris au hasard : il correspond au nombre estimé de resistant·es en France durant la Seconde Guerre mondiale.

Exemple de support visuel sur lequel se basent les ateliers. Photo : Florence Calvez, 29/10/2026

Lola, qui a elle-même découvert les Ateliers de l’espoir en 2024 lors d’un camp climat du mouvement Alternatiba, alterne entre activités en petits groupes et en assemblée, dans une logique de « co-création ». « J’aide les gens à s’emparer du sujet et à parler. En fait, les trois quarts du temps, ce sont les gens qui parlent, ce n’est pas descendant », affirme-t-elle.

Optimisme et passage à l’action

Celle qui anime ce soir-là son deuxième atelier reconnait que son état d’esprit face au panorama politique mondial est « fluctuant ». Elle reste néanmoins optimiste en s’appuyant sur la théorie de la masse critique. « Ça, c’est un truc qui me donne de l’espoir. C’est l’idée que si tu convaincs 10 % de la population de changer de comportement sur un sujet, c’est la masse politique qui va faire vraiment changer les choses », confie-t-elle.

Les participant·es alternent entre réflexion en petits groupes et mise en commun en groupe entier, ce qui confère un rythme dynamique à l’atelier d’une durée de 3 heures. Photo : Florence Calvez, 29/10/2026

L’optimisme est également au rendez-vous parmi les participant·es à la fin de l’atelier. La seconde partie de la soirée est en effet dédiée à s’inspirer d’épisodes historiques ayant abouti à plus de justice sociale comme la mobilisation des suffragettes au Royaume-Uni, le Conseil National de la Résistance en France ou le mouvement ayant empêché l’avènement du fascisme dans l’entre-deux-guerres aux États-Unis. Après avoir pris connaissance de nombreuses structures dans lesquelles il est possible de s’engager, chacun·e énonce une action qu’iel va entreprendre dès le lendemain.

À la fin des trois heures, Claude est « optimiste », Marie-Christine se sent « résolue » et se sent armée pour répondre à ses proches tenté·es de voter à l’extrême droite. Dorian souligne l’aspect intergénérationnel du groupe, heureux de voir que « des personnes à la retraite se mobilisent quand même ».  Lola termine la soirée par la lecture d’un texte de la journaliste Salomé Saqué intitulé La démocratie ne meurt que si on la laisse mourir. Les Ateliers de l’espoir ont quant à eux bien décidé de ne pas la laisser mourir et même de la faire vivre concrètement à travers leur mouvement qui essaime dans différentes villes de France.


Pour aller plus loin

  • Le site des Ateliers de l’espoir : https://ateliersdelespoir.fr/
  • Les prochains ateliers à la Cocotte Solidaire auront lieu les lundis 30 novembre et 14 décembre, de 18h à 21h. Gratuit, sur inscription via HelloAsso

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