La journée s’annonçait sous un climat tendu. Ce mercredi 18 février, à Nantes, la manifestation d’hommage à Quentin Deranque, à l’appel de plusieurs organisations d’extrême-droite, et sa contre-manifestation antifasciste se sont tenues à 1 heure de décalage et seulement à 1 kilomètre l’une de l’autre. Malgré la décision prise par la Préfecture en début d’après-midi d’interdire les rassemblements autour de l’hommage, la réunion antifasciste s’est finalement tenue sur le quai de Versailles, côté Saint-Mihiel.
Mise en garde de la rédaction : certaines images peuvent choquer un lectorat sensible au sang.

« …De Nantes à Lyon on pleure pas les nazis » est écrit sur la banderole. Les motivations des personnes présentes sont claires et s’illustrent par les slogans lancés au début du rassemblement: « Pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartiers pour les fachos« , « Nantes, Nantes, Antifa » ou encore « Ici, ici, on ne pleure pas les nazis« . 18/02/2026 Photo : Nathan Brunaud

Après un temps d’attente, le rassemblement d’une vingtaine de militant·es à Saint-Mihiel est rejoint par un cortège d’une centaine de personnes à 20H. Ce dernier s’est formé vers les cours Saint-Pierre et a contourné l’Erdre par 50 Otages. Dès la coalition des deux groupes, un dispositif de nasse est mise en place par les CRS. 18/02/2026 Photo : Nathan Brunaud

Nassé entre Saint-Mihiel et 50 Otages, le cortège est immobilisé. C’est dans un climat calme que la foule déclame des slogans. Après une dizaine de minutes, le groupe sera chassé par le cordon visible sur la photo vers l’entrée du pont Saint-Mihiel. Lors du déplacement, 2 militant·es seront frappé·es respectivement au poignet et à la jambe. L’une d’elle aurait été menacé par un policer : « Toi je vais te foutre la tête par terre« . 18/02/2026 Photo : Nathan Brunaud

A 20H49 un ordre de dispersion est lancé par un policier côté Erdre. Pensant pouvoir sortir de la nasse, la foule se dirige vers la rue Chateaubriand. Elle se heurte au cordon qui refuse de la laisser passer. « Interdiction de sortir, la prise part à la manifestation oblige de rester jusqu’à la fin, sauf en cas de danger« , déclare un CRS.18/02/2026 Photo : Nathan Brunaud

En suivant le mouvement de la foule, un manifestant avance vers le cordon. Une fois arrivé, il reçoit un coup de matraque vertical directement à la tête. Saignant abondement mais conscient, il est rapidement pris en charge par un·e des deux street-médics présent·es sur place. Il sera emmené à un hôpital privé par la suite. 18/02/2026 Photo : Nathan Brunaud

Quelques minutes après l’évènement, le cortège plaide, mains levées, pour pouvoir partir. C’est seulement à 21H22, après 30 minutes d’attente, qu’une policière se saisit d’un mégaphone. Elle annonce d’abord la possibilité de pouvoir partir par petit groupe de 3. Un stratagème connu par la foule qui s’exclame : » Elle est bonne celle-là, on connait déjà où ca va aller« . Un manifestant précise : « c’est un moyen de faciliter les interpellations en sortie de manif« . Après 5 minutes d’immobilité deux sommations avant l’usage de la force sont lancées. Les antifascistes clament : « On sort ensemble ou on ne sort pas » ainsi que « on s’appelle tous Camille Dupont« . Face au bloc de manifestant·es et après 1H30 de nasse, les CRS concèdent et laissent partir le cortège dans la rue Chateaubriand. 18/02/2026 Photo : Nathan Brunaud

Dans la liesse lié à la libération, un fumigène est allumé dans la queue du cortège. Il provoquera une dernière charge de CRS qui dispersera la foule et blessera une militante au bras. « C’est la troisième fois qu’on m’attaque durant le rassemblement« , déclare t-elle en pleure sous la douleur. Elle sera pris en charge par un street-médic qui après un diagnostic lui pose une poche froide sur son bras gonflé. Le militant soigneur nous confie: « Aujourd’hui j’ai soigné 5 blessé.es par des coups de matraque. » 18/02/2026 Photo : Nathan Brunaud