« Le « non » est la chose la plus précieuse que les enfants possèdent », appuie Nathalie, militante au sein d’Enfantiste44 et accompagnante parentale. Créé par Claire Bourdille en 2022, le collectif Enfantiste voit le jour au moment des élections présidentielles en réponse à un constat : l’angle mort sur l’enfance dans les programmes électoraux. Ce collectif intersectionnel (antiraciste, antivalidiste, anticlassiste, …) et apartisan compte désormais 103 groupes départementaux sur tout le territoire français.
Si le concept d’« enfantisme » existe depuis les années 1970 aux Etats-Unis, il n’a été popularisé en France que très récemment et notamment grâce à ce collectif. À l’instar du féminisme ou de l’antiracisme, l’enfantisme est un mouvement social culturel et politique qui « lutte pour les droits des enfants afin qu’ils soient traités à équidignité des adultes », explique Nathalie.
La lutte contre l’adultisme
« Il faut changer de posture en tant qu’adulte vis-à-vis des enfants. » continue la militante. Si l’adultisme est leur premier combat c’est que ce rapport de domination exercé par les adultes sur les enfants entraîne des violences physiques, psychologiques ou bien sexuelles. Pour Nathalie, ce comportement envers les plus petit·es est la racine de toutes les violences qui découleront par la suite : « Une grosse majorité des personnes qui sont actuellement sont en prison, sont des personnes qui ont été victimes de violences dans leur enfance. » ajoute-t-elle.

Chiffres alarmants, statistiques manquantes
Les infanticides comme celui de Lyhanna, « ne sont pas des faits divers, mais des faits de société » et les chiffres le prouvent. En France, chaque année, selon la Civiise et le Haut conseil à l’égalité, 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles et 400 000 sont co-victimes de violences intrafamiliales. Plus de 200 enfants sont victimes de maltraitance par jour d’après l’UNICEF, et l’observatoire national de protection de l’enfance dénombre un infanticide tous les cinq jours. Si les statistiques nationales existent — pourtant bien en deçà de la réalité d’après la militante, les données locales sont absentes, bien que demandées par le collectif Enfantiste : « C’est tout l’objet de notre plaidoyer, étaye Nathalie, comme l’enfance n’est ni considérée, ni pas prise en compte, l’argent n’est pas investit pour créer des statistiques autour de ce sujet. » D’après Ouest France, aujourd’hui, à Nantes, 1 200 procédures pour violences sexuelles sont en cours pour seulement neuf policie·res au sein de la brigade des mineurs.
Des actions pour visibiliser cette cause
Pour ainsi mettre en avant cette cause, le collectif Enfantiste organise chaque année un rassemblement le samedi précédant l’anniversaire de la convention internationale des droits d’enfants : « C’est notre grande action nationale, précise Nathalie. On y rappelle l’état des violences faites aux enfants, l’état de l’inaction politique autour de ces violences et qu’elles sont infusées dans toutes les sphères de notre société. » Au niveau local, Enfantiste44, constitué de plusieurs dizaines de militant·es, fait partie du collectif F.U.R.I (Féministes Uni·es pour une Riposte Intersectionnelle) et est présent lors des manifestations du 8 mars ou 25 novembre. Un moyen pour elleux de se faire connaître et d’agrandir leurs équipes militantes et bénévoles : « On a besoin de personnes avec des compétences différentes pour multiplier les événements et visibiliser la cause ! »




