12 mars 2026

Portrait Armel

Armel est membre du CA de Fragil depuis février 2026. Il revient sur son parcours au sein de l'association et ses motivations à s'engager au-delà de son rôle de rédacteur bénévole.

Portrait Armel

12 Mar 2026

Armel est membre du CA de Fragil depuis février 2026. Il revient sur son parcours au sein de l'association et ses motivations à s'engager au-delà de son rôle de rédacteur bénévole.

Qui es-tu en dehors de Fragil ?

Breton et Nantais, j’ai fait des études d’histoire. J’ai une appétence pour la transmission, l’accompagnement avec les jeunes. J’ai longtemps hésité à être prof d’histoire-géographie, j’ai été assistant d’éducation pendant longtemps avec plusieurs projets. J’ai ensuite travaillé comme secrétaire de rédaction dans une agence de presse qui avait une quarantaine de magazines. Secrétaire de rédaction, c’est un peu le correcteur et le coordinateur, on fait le suivi du début à la fin d’un magazine avec la rédaction, la pub, les graphismes et autres, jusqu’à la publication. Je me suis aussi engagé plusieurs fois dans l’associatif.

Quelle est ton histoire à Fragil ?

Je suis arrivé dans l’association en octobre 2025. J’avais entendu parler de Fragil quand je cherchais du travail dans la presse. Quelqu’un connaissait François-Xavier [salarié de Fragil et rédacteur en chef du magazine]. J’avais déjà tapé un ballon au foot avec lui, je voyais qui c’était parce que j’ai des potes dans le milieu musical à Nantes qui ont soit joué avec lui, soit le connaissent. Avec des copains de l’époque on avait une équipe de foot avec La Dérive, on jouait avec des migrants et F-X était venu une fois aussi.

J’ai donc connu Fragil comme ça et puis quand j’ai plongé un peu plus la tête dedans, je me suis dit : « Mais c’est génial comme média ! » C’est le rapport au local, le rapport à l’engagement, le rapport au sujet. Je suis très attaché à la ville de Nantes et ce genre de médias permet de la connaître encore mieux d’une part et puis de connaître d’autres choses. En fait c’est très très varié et ça amène à se poser beaucoup plus de de questions qu’on peut avoir sans ce traitement-là.

A Fragil, je suis pas très original dans mes sujets. Pour l’instant j’ai fait plusieurs sujets sur le rapport au foot et plusieurs autres sur le droit au logement. J’ai aussi fait partie du projet de rapprochement avec les radios Prun et Jet, avec la participation à l’émission DEbanalisons l’extrême-droite qui a été diffusée en mars.

En quoi est-ce important pour toi d’être dans une association comme Fragil ?

Fragil c’est important pour moi vis-à-vis de mon itinéraire et de mes valeurs. Ça me correspond : j’ai un pied dans la presse, j’avais un pied aussi dans l’enseignement, le rapport à la transmission de savoir aux jeunes et autres. La partie éducation aux médias, je la trouve excellente, c’est vraiment quelque chose qui me botte. J’ai même eu l’opportunité d’aller dans des ateliers animés par FX. J’encourage tou.tes les rédacteur.ices de Fragil à y assister, c’est hyper enrichissant.

Il y a également les valeurs véhiculées, la lutte contre la discrimination de toutes sortes. C’est quelque chose dans lequel je me retrouve.

Qu’est-ce qui t’a amené au Conseil d’Administration ?

J’ai passé de très bons mois la découverte de Fragil, ça a été vraiment un un plaisir. Je m’épanouis à me retrouver à travailler sur ce genre de sujets, à apprendre davantage. Il y a aussi un côté camaraderie qui me plaît beaucoup, il y a une entraide et une bienveillance que je trouve vraiment hyper agréables. Poursuivre ça au sein du CA, c’est d’une part apprendre pour moi et c’est aussi pouvoir utiliser mes compétences pour valoriser, améliorer Fragil du mieux que je peux en fonction de mes moyens.

À 38 ans, Florence, formatrice en espagnol originaire de Quimper, a rejoint Fragil. Entre ses envies d'écriture, de découvertes culturelles et de nouvelles rencontres, elle espère que cette expérience lui permettra de redécouvrir Nantes autrement. Son portrait

L'édito

Touche pas à mon info !

L’investigation vit-elle ses derniers mois sur l’audiovisuel public en France ? Contraints par une réduction budgétaire de 50 millions d’euros en 2018 par rapport au contrat d’objectifs et de moyens conclu avec l’ancien gouvernement, les magazines « Envoyé Spécial » et « Complément d’enquête » verront leurs effectifs drastiquement diminués et une réduction du temps de diffusion au point de ne plus pouvoir assurer correctement leur mission d’information. Depuis l’annonce, les soutiens s’accumulent, notamment sur Twitter avec le hashtag #Touchepasàmoninfo, pour tenter de peser sur les décisions de Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, déjà visée par une motion de défiance. L’association Fragil, défenseur d’une information indépendante et sociétale, se joint à ce mouvement de soutien.

Après la directive adoptée par le Parlement européen portant sur le secret des affaires en avril 2016, il s’agit d’un nouveau coup porté à l’investigation journalistique en France. Scandales de la dépakine, du levothyrox, du coton ouzbek (pour ne citer qu’eux), reportages en France ou à l’étranger sur des théâtres de guerre, à la découverte de cultures et de civilisations sont autant de sujets considérés d’utilité publique. Cela prend du temps et cela coûte évidemment de l’argent. Mais il s’agit bien d’éveiller les consciences, de susciter l’interrogation, l’émerveillement, l’étonnement ou l’indignation. Sortir des carcans d’une société de consommation en portant la contradiction, faire la lumière sur des pratiques, des actes que des citoyens pensaient impensables mais bien réels. Telle est « la première priorité du service public », comme le considère Yannick Letranchant, directeur de l’information.

En conclusion, nous ne pouvions passer à côté d’une citation d’Albert Londres ô combien au goût du jour, prix éponyme que des journalistes d' »Envoyé Spécial » ont déjà remporté : « Je demeure convaincu qu’un journaliste n’est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie. »


Valentin Gaborieau – Décembre 2017