NOSIG, Divines and the Queen pour ne citer qu’elleux sont des acteur·ices majeur·es dans le partage et la visibilisation de la diversité queer dans la ville de Nantes. À travers l’organisation de la Pride, de CinePride, de shows de Drag ect. la sensibilisation à cette culture auprès des Nantais·es est devenu un enjeu important, jusqu’ici soutenue par la Maire sortante après deux mandats exécutés. Avec l’arrivée des municipales, la pérennisation de ces actions pourrait être compromise par l’arrivée d’un·e nouvelle·au maire.
Un questionnaire pour interroger les candidat·es
Le 18 février, Felix et Kevin, respectivement président·e et trésorier à l’association NOSIG, ont transmis un questionnaire à chaque candidat·e, pour les municipales de Nantes, pour connaître leurs positionnements sur certains sujets. Pour ce centre d’accueille et d’informations de la communauté LGBTQIA+, le but est de « valoriser les réflexions qu’iels ont eu, pour savoir s’iels prennent position, par quelle mesure concrètement, par quelles actions et par quel moyen financier … » explique Kevin. Les sujets évoqués y sont vastes et variés (éducation, logement, congé menstruelle, vie sociale, budget alloué aux associations, luttes contre les VSS…). Felix avance l’importance d’aller au-delà des questionnements LGBTQIA+ car « mettre des choses en place en soutien à la communauté LGBTQIA+, ça va servir tout le monde. Par exemple dans nos actions de sensibilisation, c’est de l’information, c’est de la réduction des risques, c’est de la lutte contre les stéréotypes et les clichés quels qu’ils soient : la grossophobie, le sexisme, les stéréotypes de genre dont peuvent souffrir les personnes hétéros et cisgenre aussi. Donc nos revendications à nous, elles rendent service aussi à l’entièreté des personnes. » Le projet de l’association est de diffuser les réponses des candidat·es sur leur sites internet s’iels venaient à en recueillir.

Char d’un groupe de Drag Queen pour la Pride 2025 à Nantes. Photo de Loïs Hervouet
Un membre du CA de Divines and the Queen, collectif artistique pour la transmission des cultures drag et queer, qui a voulu rester anonyme, déclare que les « positionnements politiques des ses membres diffèrent mais que le soutien de la mairie actuelle fait sens dans les projets qu’iels mènent et que cela leur permet d’être libre dans leur actions. » Avoir des élu·es qui les soutiennent dans leur projets reste une des attentes principale des associations.
La pérennité des soutiens financiers
L’association a déjà été approchée par plusieurs candidat·es. Dans un respect de sa charte qui la définit comme une association militante politique apartisane, iels n’ont pas voulu divulguer les noms. Deux rendez-vous avec deux partis ont été mis en place il y a quelques mois à l’initiative de ces derniers pour discuter d’expérience de terrain. Un·e autre candidat.es leur avait affirmé ne pas pouvoir s’engager à garantir de maintenir le soutien du budget et de leur location. En effet, la mairie sortante a investi un local en 2023 pour le développement de NOSIG grâce à un soutien économique de la ville « La Ville a pris en charge le paiement du loyer de ces nouveaux locaux (à hauteur de 80 000 euros par an) et les travaux d’aménagement (de 50 000 euros) » peut-on lire sur l’outil Radar de Mediacités.

NOSIG a pu emménager sur l’île de Nantes dans un nouveau local en 2023 à l’aide d’un soutien économique de la ville. Photo de Loïs Hervouet
Les membres de NOSIG expriment que « c’est une source de crainte pour [leur] association. » Étant également un accueil de jour et un local de passage et de rendez-vous pour un grand nombre d’associations membres et partenaires, la perte du local constituerait un dommage collatéral dans la vie de la communauté queer de Nantes.
Sécurité et visibilité
Un point qui unit les différents partis concerne la « sécurité à Nantes » présent sur une grande majorité des programmes. Pour NOSIG, la question devrait plutôt tourner autour de la condamnation publique des violences de la part des élu·es ainsi qu’un soutien public et un accompagnement aux victimes.
Pour Felix, afficher le soutien publiquement à la communauté queer à son importance « parce qu’à partir du moment où s’est condamné publiquement, il y a un peu moins de tabou dans l’opinion publique ».

Les « marches de la fierté » à Place du Cirque sont repeintes chaque année au mois de juin. Photo de Loïs Hervouet
« Il faut que la gauche se réapproprie la sécurité », explique le membre du CA de Divines and The Queen, qui déplore devoir se « sur-organiser » pour sortir, lors des soirées drag dans la ville. C’est ce qu’appuyait également la·le président·e de NOSIG en expliquant que « la question de la sécurité est bien plus large que juste faire venir des forces de l’ordre et mettre des caméras », une reconnaissance et un soutien aux victimes est vivement attendu des deux parts.
Les votes pour les municipales auront lieu les dimanches 15 et 22 mars. En attendant, tous les programmes des candidat·es pour Nantes sont disponibles et consultables en ligne.