16 février 2026

Shine Bright : une bière à paillettes pour « casser les codes »

Reportage-photo. La brasserie d'insertion sociale Tête Haute, son restaurant Mashup et deux drag queens nantaises ont collaboré pour brasser une bière à paillettes. Une création qui « casse les codes » servie dans plusieurs bars nantais.

Shine Bright : une bière à paillettes pour « casser les codes »

16 Fév 2026

Reportage-photo. La brasserie d'insertion sociale Tête Haute, son restaurant Mashup et deux drag queens nantaises ont collaboré pour brasser une bière à paillettes. Une création qui « casse les codes » servie dans plusieurs bars nantais.

La bière Shine Bright est une pale ale irisée, du fait de la présence de paillettes ajoutées au moment de l’enfutage. Elle est née de la collaboration entre la brasserie d’insertion sociale Tête Haute, son restaurant Mashup, et deux drag queens nantaises : Jodye Coaster et Gloria Gaine d’Or du collectif Divine and the Queens.

« Le message de la bière, c’est de rassembler, dans cette idée de réinsertion, d’aller chercher d’autres profils et d’autres expériences, et de propager tout ce partage ici à Mashup et dans les lieux partenaires qui ont accepté de proposer la bière », déclare Jodye Coaster. « Je crois que cette cette bière, elle est née sur un sur un comptoir en train de boire des coups tous ensemble », se remémore Jimmy, responsable et encadrant à Mashup. Seuls 24 fûts ont été brassés pour l’instant. Elle est disponible à Mashup et dans plusieurs bars du centre-ville comme Le Cercle rouge, le Sir Carmes ou encore le Café de la cité. 15/02/2026 Photo : Mashup

 

Jodye Coaster (à gauche) et Gloria Gaine d’Or (à droite) avec l’équipe du restaurant d’insertion Mashup, situé sur l’île de Nantes. « Mashup, c’est le bébé de Tête Haute», explique Géraldine Hascoët, directrice du restaurant (3e niveau à gauche).  Les créateurs de la première brasserie artisanale d’insertion sociale de France, située au Cellier, l’ont ouvert sur l’île de Nantes il y a près de 2 ans. « Ils ont voulu dupliquer le modèle tout en incluant une partie restauration. On est donc un restaurant d’insertion aussi. On est plus sur une cuisine tradi, tout en brassant nos bières et en ayant un message fort sur l’insertion sociale. » Le restaurant forme des personnes éloignées de l’emploi aussi bien en cuisine qu’en salle. Un projet « sport » reconnait Géraldine, du fait de la diversité des profils et des problèmes que peuvent rencontrer ces personnes dans leurs vies par ailleurs, mais « c’est valorisant quand on les voit sortir et aller sur un taf qui est normal et qu’ils s’en sortent », poursuit-elle. 15/02/2026 Photo : Florence Calvez

 

Le rôle de Gloria Gaine d’Or, du collectif Divine and the Queens, dans la fabrication de la bière ? « Les paillettes. C’est moi qui les ai mises une par une, je les ai cassées à la main. » explique-t-elle, pince-sans-rire. Avant de poursuivre plus sérieusement : « Il y a aussi une question d’apprendre l’envers du décor pour nous parce que ça fait longtemps qu’on fait des brunchs ici et on ne connaissait pas forcément ça, comment brasser la bière. » Les deux drags queens ont en effet participé au choix du houblon, du goût de la bière et à l’idée d’y mettre des paillettes « pour le côté fun », ajoute Jodye Coaster. 15/02/2026 Photo : Florence Calvez

 

« Les paillettes, c’est la partie un peu plus technique de la bière », explique Jimmy. « Yoann [le brasseur de Tête Haute] a dû ouvrir chaque fût sans y introduire trop d’oxygène. Il a vidé chaque petite boîte de paillettes dans chaque fût. Ce jour-là, il y avait beaucoup de paillettes un peu partout dans la brasserie. » « Ça vaut le coup », renchérit Géraldine, « quand ils l’ont sortie au Cercle Rouge, les retours étaient géniaux. C’est surprenant, tu ne t’attends pas à avoir une bière à paillettes. » Cette collaboration « casse les codes » selon elle de l’univers très masculin de la bière. Certains fûts contiennent des paillettes vertes, d’autres bleues, rouges ou encore mauves. On peut donc s’amuser à aller de bar en bar afin de découvrir « toutes les couleurs de l’arc-en-ciel », résume Gloria Gaine d’Or. 15/02/2026 Photo : Florence Calvez

La bière Shine Bright était en suggestion lors du dernier brunch drag chez Mashup, animé par Jodye Coaster, ce dimanche 15 février. Dans une ambiance festive, l’événement mêle brunch, drag show et quiz de culture générale. Le prochain aura lieu le dimanche 19 avril. 15/02/2026 Photo : Florence Calvez

 

Jodye Coaster anime les drag brunchs de Mashup un mois sur deux, dont la 13e édition avait lieu ce dimanche 15 février. On la retrouve dans de nombreux événements à Nantes, dont la Nao Queer fin mai pour l’ouverture du mois des fiertés. Gloria Gaine d’Or sera également de la partie. En attendant, elle animera prochainement un brunch drag à Vallet ainsi que la soirée May’N drag à Laval avec la drag queen Faye Men 15/02/2026 Photo : Florence Calvez

 

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.

À 38 ans, Florence, formatrice en espagnol originaire de Quimper, a rejoint Fragil. Entre envie d’écriture, découvertes culturelles et nouvelles rencontres, elle espère que cette expérience lui permettra de redécouvrir Nantes autrement.

L'édito

Touche pas à mon info !

L’investigation vit-elle ses derniers mois sur l’audiovisuel public en France ? Contraints par une réduction budgétaire de 50 millions d’euros en 2018 par rapport au contrat d’objectifs et de moyens conclu avec l’ancien gouvernement, les magazines « Envoyé Spécial » et « Complément d’enquête » verront leurs effectifs drastiquement diminués et une réduction du temps de diffusion au point de ne plus pouvoir assurer correctement leur mission d’information. Depuis l’annonce, les soutiens s’accumulent, notamment sur Twitter avec le hashtag #Touchepasàmoninfo, pour tenter de peser sur les décisions de Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, déjà visée par une motion de défiance. L’association Fragil, défenseur d’une information indépendante et sociétale, se joint à ce mouvement de soutien.

Après la directive adoptée par le Parlement européen portant sur le secret des affaires en avril 2016, il s’agit d’un nouveau coup porté à l’investigation journalistique en France. Scandales de la dépakine, du levothyrox, du coton ouzbek (pour ne citer qu’eux), reportages en France ou à l’étranger sur des théâtres de guerre, à la découverte de cultures et de civilisations sont autant de sujets considérés d’utilité publique. Cela prend du temps et cela coûte évidemment de l’argent. Mais il s’agit bien d’éveiller les consciences, de susciter l’interrogation, l’émerveillement, l’étonnement ou l’indignation. Sortir des carcans d’une société de consommation en portant la contradiction, faire la lumière sur des pratiques, des actes que des citoyens pensaient impensables mais bien réels. Telle est « la première priorité du service public », comme le considère Yannick Letranchant, directeur de l’information.

En conclusion, nous ne pouvions passer à côté d’une citation d’Albert Londres ô combien au goût du jour, prix éponyme que des journalistes d' »Envoyé Spécial » ont déjà remporté : « Je demeure convaincu qu’un journaliste n’est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie. »


Valentin Gaborieau – Décembre 2017