14 janvier 2026

Première expo nantaise du collectif Ajvar

Reportage photo. Durant tout le mois de janvier se tient la première exposition nantaise du collectif Ajvar au bar Personnes. Formé à Lille, le collectif composé de Vesna et Clem présente ses linogravures.

Première expo nantaise du collectif Ajvar

14 Jan 2026

Reportage photo. Durant tout le mois de janvier se tient la première exposition nantaise du collectif Ajvar au bar Personnes. Formé à Lille, le collectif composé de Vesna et Clem présente ses linogravures.

Lundi 12 janvier se tenait le vernissage de l’expo de linogravure du collectif Ajvar au bar Personnes, à côté du Jardin des Plantes. Malgré deux styles très différents, les deux artistes se retrouvent autour de thèmes communs, tels que « tout le monde déteste l’URSSAF », qui met en avant le coté froid et désincarnant de l’administration, ou « Chimères et souvenirs », qui évoque le temps passé, la famille et les amis. « On découvre souvent qu’on a eu la même inspiration presque en même temps », s’amuse Vesna.

Chouette ambiance au Personnes pour le vernissage de la première exposition du collectif Ajvar – photo Adélaïde Cesbron – 12/01/26

Les deux artistes linograveuses, qui composent le collectif Ajvar : Vesna (à gauche) et Clem (à droite) – photo Adélaïde Cesbron – 12/01/26

Les deux artistes ont des styles très différents. Vesna, alias Ves ske, aime les aplats monochromes, avec des couleurs très intenses, à l’image de cette illustration du bar Le Poste à Lille, où les deux artistes se sont rencontrées – photo Adélaïde Cesbron – 12/01/26

Clem, alias Kiwichampi, préfère quant à elle les dégradés de couleur et les jeux de texture, comme sur cette œuvre faisant référence au roman « Un psaume pour les exilés sauvages » – photo Adélaïde Cesbron – 12/01/26

Clem présente aux personnes présentes la manière de réaliser une linogravure : « il faut penser à l’envers : tout ce que tu enlèves apparaitra blanc, et tout le texte sera inversé ». – photo Chris Briant – 12/01/26

La gouge de Clem – photo Chris Briant – 12/01/26

Vesna pose avec Arthur, le modèle de l’illustration qu’elle tient dans la main – photo Chris Briant – 12/01/26

Le DJ Terminado La Rigolada ne sera plus là, mais il restera toutes les illustrations – photo Chris Briant – 12/01/26

Info utiles :

L’exposition dure jusqu’au 12 février 2026 au bar Personnes, 32 Rue de Coulmiers, à Nantes, elle est visible aux heures d’ouverture du bar. Gratuite.

Collectif Ajvar sur Instagram : @collectif_ajvar

Adélaïde est revenue à Nantes il y a deux ans maintenant. Après 15 années passés à Bruxelles, elle est de retour dans la métropole nantaise avec l'envie de redécouvrir sa ville. Nouvelle arrivée à Fragil, c'est avec un œil neuf qu'elle rejoint la rédaction.

L'édito

Touche pas à mon info !

L’investigation vit-elle ses derniers mois sur l’audiovisuel public en France ? Contraints par une réduction budgétaire de 50 millions d’euros en 2018 par rapport au contrat d’objectifs et de moyens conclu avec l’ancien gouvernement, les magazines « Envoyé Spécial » et « Complément d’enquête » verront leurs effectifs drastiquement diminués et une réduction du temps de diffusion au point de ne plus pouvoir assurer correctement leur mission d’information. Depuis l’annonce, les soutiens s’accumulent, notamment sur Twitter avec le hashtag #Touchepasàmoninfo, pour tenter de peser sur les décisions de Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, déjà visée par une motion de défiance. L’association Fragil, défenseur d’une information indépendante et sociétale, se joint à ce mouvement de soutien.

Après la directive adoptée par le Parlement européen portant sur le secret des affaires en avril 2016, il s’agit d’un nouveau coup porté à l’investigation journalistique en France. Scandales de la dépakine, du levothyrox, du coton ouzbek (pour ne citer qu’eux), reportages en France ou à l’étranger sur des théâtres de guerre, à la découverte de cultures et de civilisations sont autant de sujets considérés d’utilité publique. Cela prend du temps et cela coûte évidemment de l’argent. Mais il s’agit bien d’éveiller les consciences, de susciter l’interrogation, l’émerveillement, l’étonnement ou l’indignation. Sortir des carcans d’une société de consommation en portant la contradiction, faire la lumière sur des pratiques, des actes que des citoyens pensaient impensables mais bien réels. Telle est « la première priorité du service public », comme le considère Yannick Letranchant, directeur de l’information.

En conclusion, nous ne pouvions passer à côté d’une citation d’Albert Londres ô combien au goût du jour, prix éponyme que des journalistes d' »Envoyé Spécial » ont déjà remporté : « Je demeure convaincu qu’un journaliste n’est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie. »


Valentin Gaborieau – Décembre 2017