8 février 2026

Soirée Anthesterie : entre concerts et réflexion

Samedi 31 janvier, le collectif nantais Muses organisait au Pannonica la 4ᵉ édition de la soirée Anthesterie. Un événement qui mêle concerts et table ronde, il réunit artistes et public autour des enjeux d’égalité des genres dans la musique. Une volonté du collectif de créer un espace de réflexion au-delà de la fête

Soirée Anthesterie : entre concerts et réflexion

08 Fév 2026

Samedi 31 janvier, le collectif nantais Muses organisait au Pannonica la 4ᵉ édition de la soirée Anthesterie. Un événement qui mêle concerts et table ronde, il réunit artistes et public autour des enjeux d’égalité des genres dans la musique. Une volonté du collectif de créer un espace de réflexion au-delà de la fête

Samedi 31 janvier s’est tenue au Pannonica la 4ème édition de la soirée Anthesterie. Un évènement organisé par le collectif Muses qui intervient pour l’égalité des genres dans la musique.

La soirée a débuté à 19h par une table ronde d’une durée d’une heure autour de la question “Comment produire une œuvre qui porte une parole engagée ?”. Trois artistes étaient invitées à échanger : Zoé Cavaro, photographe réalisatrice, Yasmina Bee réalisatrice de podcast et DJ et Athenarabic : photographe et vidéaste. La soirée s’est poursuivie avec un concert réunissant deux artistes : Rookie, une jeune artiste pop et Agathe Plaisance pour une variété pop/folk.

Une soirée engagée au delà du concert

Avec l’ajout de la table ronde, la soirée Anthesterie se démarque des autres en créant un espace de réflexion autour de l’égalité des genres. Une initiative mise en place il y a un an lors de l’édition précédente et qui a trouvé son public. Pour Enora coordinatrice de l’association Muses et Julia  membre de celle-ci, l’objectif est de créer du lien et donner un sens plus profond à cette soirée « On a fait le choix de laisser la parole aux artistes uniquement » énonce Enora.

La soirée vise également à attirer un public différent « Tu vas écouter un concert et t’amuser mais tu vas aussi t’asseoir et réfléchir » affirme Enora. Pour elle cette table ronde est aussi une occasion de se faire connaître auprès d’artistes qui seraient susceptibles de rencontrer les mêmes problématiques.

Ce format permet aussi au collectif de se démarquer parmi de nombreux événements culturels nantais, « l’offre culturelle est très concurrentielle à Nantes, c’est un choix de se différencier de ces propositions là et montrer notre pâte» .

Enora (gauche) et Julia (droite) lors de la soirée Anthesterie le 31 janvier 2026 ; Crédit : Lucie Costabel

Enora (gauche) et Julia (droite) lors de la soirée Anthesterie le 31 janvier 2026. ©Lucie Costabel

Mettre en lumière la réalité du milieu musical

Parmi les intervenantes, surnommée Yasmina Bee, cette créatrice de podcast qui participait à la table ronde ne cache pas son engouement pour celle-ci “ça humanise les gens derrière ces concerts et ça permet de partager les problématiques que l’on peut rencontrer […] on essaie juste de mettre des sujets sur le tapis”

DJ et co-créatrice du collectif d’événements festifs nantais La Récré.e elle évoque des remarques sexistes encore fréquentes dans l’industrie musicale : « En tant que chargée de prod et management les remarques sexistes sont vraiment présentes j’ai vraiment vécu ce truc là d’être un peu “la potiche de service” où ton avis ne compte pas » .

Un constat partagé par Athenarabic (Sarah) également intervenante de la table ronde, qui souligne que certaines initiatives d’inclusion se révèlent forcées « il y a cette sensation d’être un quota ». Selon elle, cette inclusion par défaut sert parfois à se donner une bonne image plutôt qu’à remettre en question les pratiques du milieu.

Bien que le milieu musical reste encore assez masculin, Yasmina insiste sur l’évolution de l’industrie musicale et l’importance de continuer à montrer son engagement : « Aujourd’hui il y a tellement plus de réseaux portés par des femmes : il y a une certaine sororité et entraide » 

Yasmina Bee, une artiste intervenante à la table lors de la soirée le 31 janvier 2026. © Lucie Costabel

Anthestérie, une soirée au cœur de l’engagement du collectif Muses

C’est dans cette volonté de promouvoir les artistes issus de minorités de genre que Muses inscrit cette soirée « L’idée de cette soirée de base c’est vraiment de mettre en avant les artistes sexisées et de montrer que aujourd’hui c’est possible de faire ces programmations qui ne sont pas composées que d’hommes cis genre »

Organisée une fois par an, Anthestérie occupe une place particulière dans les actions menées par Muses. Elle permet d’attirer un public plus large et de rendre visibles les missions du collectif dans le milieu musical « Anthesterie c’est un peu la fenêtre qui montre au public ce que l’on fait ».

Infos pratiques :

Compte instagram Association Muses (cliquer sur Muses)

 

Séduite par l’esprit local, culturel et engagé de Fragil, Lucie a rejoint le webzine il y a un an et s’y est tout de suite sentie à sa place. Touchée par l’entraide et l’accompagnement qu’elle y a trouvés, elle poursuit aujourd’hui l’aventure, convaincue d’avoir fait le bon choix : celui du journalisme.

L'édito

Touche pas à mon info !

L’investigation vit-elle ses derniers mois sur l’audiovisuel public en France ? Contraints par une réduction budgétaire de 50 millions d’euros en 2018 par rapport au contrat d’objectifs et de moyens conclu avec l’ancien gouvernement, les magazines « Envoyé Spécial » et « Complément d’enquête » verront leurs effectifs drastiquement diminués et une réduction du temps de diffusion au point de ne plus pouvoir assurer correctement leur mission d’information. Depuis l’annonce, les soutiens s’accumulent, notamment sur Twitter avec le hashtag #Touchepasàmoninfo, pour tenter de peser sur les décisions de Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, déjà visée par une motion de défiance. L’association Fragil, défenseur d’une information indépendante et sociétale, se joint à ce mouvement de soutien.

Après la directive adoptée par le Parlement européen portant sur le secret des affaires en avril 2016, il s’agit d’un nouveau coup porté à l’investigation journalistique en France. Scandales de la dépakine, du levothyrox, du coton ouzbek (pour ne citer qu’eux), reportages en France ou à l’étranger sur des théâtres de guerre, à la découverte de cultures et de civilisations sont autant de sujets considérés d’utilité publique. Cela prend du temps et cela coûte évidemment de l’argent. Mais il s’agit bien d’éveiller les consciences, de susciter l’interrogation, l’émerveillement, l’étonnement ou l’indignation. Sortir des carcans d’une société de consommation en portant la contradiction, faire la lumière sur des pratiques, des actes que des citoyens pensaient impensables mais bien réels. Telle est « la première priorité du service public », comme le considère Yannick Letranchant, directeur de l’information.

En conclusion, nous ne pouvions passer à côté d’une citation d’Albert Londres ô combien au goût du jour, prix éponyme que des journalistes d' »Envoyé Spécial » ont déjà remporté : « Je demeure convaincu qu’un journaliste n’est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie. »


Valentin Gaborieau – Décembre 2017