16 janvier 2026

La neo-soul à la nantaise par Keysuna

Après la sortie de son premier album BOUNDS et de son premier clip DAT WALK fin 2025, l’artiste nantaise Keysuna démarre la nouvelle année des projets plein la tête.

La neo-soul à la nantaise par Keysuna

16 Jan 2026

Après la sortie de son premier album BOUNDS et de son premier clip DAT WALK fin 2025, l’artiste nantaise Keysuna démarre la nouvelle année des projets plein la tête.

BOUNDS c’est de la neo-soul melée à des sonorités jazz et hip-hop sur des thématiques liées aux relations humaines et aux émotions. Voilà ce qu’on peut retrouver dans le premier album de la jeune musicienne Keysuna, sorti en octobre 2025. Quelques mois plus tard, elle sort un clip sur son titre Dat Walk ainsi qu’un live session sur sa chaine Youtube pour illustrer l’ambiance de ses musiques.

S’imprégner de la musique par la danse

C’est par la danse que Cléo Bonnerot, alias Keysuna, fait ses premiers pas dans l’univers du hip hop. « On parle beaucoup du fait, surtout dans le hip-hop, que ton corps c’est comme un instrument. Et on avait justement été encouragé à prendre un instrument pour aussi voir la relation avec la musique autrement que par le corps », amorce-t-elle. Et c’est après une blessure, qu’elle se plonge dans la musique en se formant à la production MAO, au chant et à la basse. D’abord en autodidacte puis par des Boot Camp à Trempo et au conservatoire de Nantes. Après la sortie d’un EP Early Birds en 2024 et quelques concerts pour promouvoir sa musique, la musicienne sort son premier album BOUNDS en octobre 2025. C’est aussi une œuvre introspective ou elle y parle de ses expériences « mais ce sont aussi des constats et des observations de gens dans (s)on entourage, de comment iels aiment et ont du mal à aimer. »

Dans le processus de création de BOUNDS, c’est le son qui a primé sur le sens des mots. « Les paroles c’est très important, même si ce n’est pas ce qui vient d’abord. Pour moi c’est la musique avant tout, avant les paroles, avant le sens. » Le choix d’écrire en anglais c’est principalement pour les sonorités et la liberté qu’offre ce langage rythmé. De son point de vue « il y a moins de jugement si je décide de dire les choses d’une certaine manière même si c’est grammaticalement incorrect, en anglais ça passe mieux. »

« C’est fou quoi de se dire qu’en 2025, des gens m’ont découverte chez un disquaire. »

Pour rendre son album plus concret, Keysuna choisit de le sortir sous forme de vinyle disponible chez des disquaires à Nantes. « A la fin d’un concert en décembre, il y a des personnes qui sont venues me voir en me disant « on est passé·e chez le disquaire et il y avait ton Vinyle qui jouait. On a demandé ce que c’était, iels nous ont montré ton disque ». C’est fou quoi de se dire qu’en 2025, des gens m’ont découverte chez un disquaire. »

Photo de la pochette de BOUNDS par Noa Ilonga.

Faire de la musique en indépendante lui donne plus de liberté pour être et créer ce qu’elle souhaite. « C’est compliqué aujourd’hui de penser à comment tu veux exister dans l’industrie de la musique parce qu’en vrai c’est devenu un monde ultra digital. » Beaucoup d’artistes se trouvent à devoir exposer leur vie sur les réseaux sociaux dans un but de promotion de leur musique sous la pression de certains labels, ou aussi par simple volonté. Mais pour Keysuna, devoir promouvoir sa musique en exposant sa personne ne l’intéresse pas.  « Moi aujourd’hui, je suis artiste, je n’ai pas envie de raconter ma vie. Ma musique est trop importante pour passer en second plan. »

De la musique à l’audiovisuel

Elle est en voie de devenir une « artiste à 360 ». La jeune musicienne maîtrise la musique, travaille l’esthétique qu’elle veut donner à sa musique avec la photographe Noa Ilinga et l’artiste multi-casquettes Luccini Sweets au cotés desquelles elle développe son intérêt pour l’audiovisuel.

En novembre dernier, elle a sorti le clip de son titre Dat Walk, inspiré du film de Michel Gondry Eternal Sunshine of the Spotless Mind. Les thématiques de l’amour et de l’oubli que l’on retrouve dans ce long métrage sont des sujets récurrents de son album. C’est aussi une manière de « rendre sa musique plus accessible » en l’illustrant à travers des images et une ambiance qui dépeignent la musique. Un autre clip « complètement différent » devrait sortir prochainement sur sa chaîne Youtube.

Plus récemment, un live session sur sa musique Why ? , disponible sur Youtube, a été tourné dans le garage de son grand-père. La lumière froide, et l’ambiance tamisée contrastant avec la douceur de sa voix jazzy crée une « atmosphère ultra spéciale » et intime qu’elle a voulu transmettre dans ce garage de mécanicien. D’autres live sessions sortiront dans les prochains mois, qui auront également été « tournés dans des lieux atypiques nantais ».

 

Infos utiles 

Des dates de concerts nantais seront prochainement annoncés sur sa page Instagram.

 

Si à 23 ans Loïs a déjà traversé l'Atlantique, visité trois pays avec son sac sur le dos et sa curiosité en bandoulière, c'est au bord de l'Erdre, à Nantes qu'elle préfère se retrouver plus que partout ailleurs, à l'écoute du clapotis de l'eau, son élément préféré.

L'édito

Touche pas à mon info !

L’investigation vit-elle ses derniers mois sur l’audiovisuel public en France ? Contraints par une réduction budgétaire de 50 millions d’euros en 2018 par rapport au contrat d’objectifs et de moyens conclu avec l’ancien gouvernement, les magazines « Envoyé Spécial » et « Complément d’enquête » verront leurs effectifs drastiquement diminués et une réduction du temps de diffusion au point de ne plus pouvoir assurer correctement leur mission d’information. Depuis l’annonce, les soutiens s’accumulent, notamment sur Twitter avec le hashtag #Touchepasàmoninfo, pour tenter de peser sur les décisions de Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, déjà visée par une motion de défiance. L’association Fragil, défenseur d’une information indépendante et sociétale, se joint à ce mouvement de soutien.

Après la directive adoptée par le Parlement européen portant sur le secret des affaires en avril 2016, il s’agit d’un nouveau coup porté à l’investigation journalistique en France. Scandales de la dépakine, du levothyrox, du coton ouzbek (pour ne citer qu’eux), reportages en France ou à l’étranger sur des théâtres de guerre, à la découverte de cultures et de civilisations sont autant de sujets considérés d’utilité publique. Cela prend du temps et cela coûte évidemment de l’argent. Mais il s’agit bien d’éveiller les consciences, de susciter l’interrogation, l’émerveillement, l’étonnement ou l’indignation. Sortir des carcans d’une société de consommation en portant la contradiction, faire la lumière sur des pratiques, des actes que des citoyens pensaient impensables mais bien réels. Telle est « la première priorité du service public », comme le considère Yannick Letranchant, directeur de l’information.

En conclusion, nous ne pouvions passer à côté d’une citation d’Albert Londres ô combien au goût du jour, prix éponyme que des journalistes d' »Envoyé Spécial » ont déjà remporté : « Je demeure convaincu qu’un journaliste n’est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie. »


Valentin Gaborieau – Décembre 2017