Du 21 au 24 mai prochain se tiendra sur l’île de Nantes la 39e édition du festival Handiclap, organisé par l’APAJH 44 (Association Pour Adultes et Jeunes Handicapés de Loire Atlantique).
Guillaume Brochet, coordinateur du festival depuis 4 ans, explique ce drôle de nom : En 1987, les fondateur.rices du festival sont des parents d’enfants en situation de handicap, qui se sont dit « Ce combat qu’on mène pour l’éducation de nos enfants handicapés, on veut le mener aussi pour l’accès à la culture. »
Les premières années, ce sont des séries de projections de films dans les établissements et services spécialisés qui ont lieu, le nom Handi-clap faisant référence au cinéma.
« Ce combat qu’on mène sur l’éducation de nos enfants handicapés, on veut le mener aussi pour l’accès à la culture. »
Presque 40 ans plus tard, le festival continue de rendre la culture accessible au plus grand nombre : « Ce festival, c’est un moyen d’ouvrir vers l’extérieur et d’intéresser un public lambda, du coup, aux situations de handicap, et aux personnes en situation de handicap qui font de la création. C’est multiple. »
Le festival ne veut pas être une vitrine du handicap, mais une vitrine du vivre-ensemble et une piste de réflexion sur les normes. Au delà des normes d’accessibilité des bâtiments, qui ont bien évolué depuis 1987, on parle aussi des normes de l’art, et des normes légales du statut d’artiste.
« Se poser la question de « C’est quoi une pièce de théâtre normale ? » en fait ça ouvre des possibles gigantesques ! » explique Guillaume. Il donne l’exemple du chorégraphe clissonnais Nathan Arnaud : à la suite d’une perte de la vue, celui-ci intègre maintenant dans ses créations la place du public non voyant, en amenant une dimension sonore à ses chorégraphies.

Un tremplin pour les artistes et le public en situation de handicap
Le festival a l’ambition d’être un tremplin pour les artistes locaux, en situation de handicap comme le groupe Nous sommes des voix sans bouche, ou pas, comme Tinaa ou Enfant Bulle.
Le coordinateur du festival, qui est aussi porte parole de l’APAJH44, parle de la difficulté de conjuguer un statut d’intermittent du spectacle, par définition instable, avec la fatigabilité et la vulnérabilité souvent engendrées par un handicap physique ou mental.
Lire aussi
Le festival Handiclap « par tous.tes et pour tous.tes » revient pour sa 37 ème édition
Au delà de la programmation, sur le festival lui même tout est mis en œuvre pour que tous les spectateur.ices se sentent bien : la plupart des bénévoles du festival sont des personnes concernées par le handicap, ou des professionnels, orthophonistes, éducateurs, etc. L’accent est mis sur l’accessibilité, avec par exemple des programmes et une communication en Facile à Lire et à Comprendre (FALC) ou en vidéo en Langue des Signes Française (LSF), et un service d’accompagnement à la demande entre les parkings ou transports en commun jusqu’au site du festival. Un espace calme est prévu pour pouvoir s’isoler un peu « sous chapiteau, ce n’est pas toujours idéal en termes de stimulation sensorielle ! »
L’espace regorge d’idées et de techniques qui seraient généralisables à la vie nocturne et festive nantaise : pour lui « il serait tout à fait possible de sensibiliser le personnel d’accueil ou de sécurité à la reconnaissance des troubles comme on sensibilise actuellement à la reconnaissance des VSS. »
Pour l’APAJH44, ce festival veut être un moyen de faire bouger les lignes et de montrer que l’accès à la culture pour tous.tes n’est pas une utopie.
Pour aller plus loin
- Site du festival : www.handiclap.fr
- Site de l’APAJH44
- Nathan Arnaud et la compagnie Murmuration
- Fragil en parle, 2025 : Tinaa




