Portevent : « Un lieu de vie ouvert à toustes : des familles jusqu’aux fêtards »

Depuis quelques mois maintenant dans le quartier Saint-Félix, une nouvelle enseigne décore le lieu qui a longtemps abrité la Scène Michelet puis Décadanse. L’association le Nouveau Pavillon y a ouvert Portevent afin de promouvoir « la culture orale européenne ». Entre nouveaux projets et programmation riche, une nouvelle aventure a commencé pour les salarié·es et bénévoles de l’association

Le nouveau lieu Portevent s'implante peu à peu à St-Félix. Photo : Mathilde Weber, 31/04/2026

Situé à quelques mètres de l’arrêt de tram St-Félix à la place de ce qui était encore il y a quelques mois « Décadanse », Portevent a ouvert ses portes en janvier, après un long moment de rénovations faites par les salarié·es et les bénévoles. Tristan, salarié aux multiples casquettes qui gère notamment la vie associative et les bénévoles nous explique qu’il a fallu « quasiment 6 mois pour rénover [ce lieu] bien abîmé par ses vies d’avant ». Pour l’association Le Nouveau Pavillon, c’était important de «  mettre un peu [d’elleux mêmes] dans la rénovation ». Et en effet, de nombreux détails attrapent l’attention : chaque salle a une scénographie différente : un monde un peu aquatique, un manoir, des escaliers qui mènent dans le ciel… Tristan explique que les salarié·es se sont « inspiré·es de l’univers du conte pour aménager ces espaces », avant d’ajouter que l’esthétique étrange du conte permet de « parler à tout le monde : des enfants et familles aux plus fêtards ».

Tristan, salarié au Nouveau Pavillon, pose devant la fresque peinte pour l’inauguration : « les artistes ont carte blanche » pour redécorer le lieu. Photo : Mathilde Weber, 31/04/2026.

Un déménagement pour continuer de grandir

Le déménagement des locaux de Bouguenais au centre de Nantes n’a pas mis de coup dur à l’association. Une grande partie des bénévoles est «  venue de Bouguenais à ici », selon Tristan qui rajoute : «  la greffe fonctionne très bien ». Tristan remarque en effet un mélange entre les bénévoles « historiques » et les nouveaux bénévoles, «  les gens du quartier qui ont entendu parler du lieu et du projet ». L’autre mélange qui assure la vitalité de l’association selon le responsable bénévole, c’est le fait qu’il y ait des personnes de tous âges : « à l’image des musiques trads et des bals folkloriques… c’est une vie associative qui est très intergénérationnelle ». Pour le salarié, cette hétérogénéité, c’est quelque chose de « précieux ». Avec le déménagement, l’association continue de grandir et d’évoluer.

Le Nouveau Pavillon est une association qui est «  spécialisée sur tout ce qui est culture orale européenne », nous résume Tristan. Selon lui, ces traditions orales, qui se transmettent depuis des générations, sont toujours «  réinterprétées par les artistes de leurs époques ». Aujourd’hui, c’est par exemple en croisant ces arts avec des arts plus actuels : on peut retrouver du jazz-trad, de l’électro-trad…
C’est une description large qui permet à l’association de proposer des évènements bien différents. On peut y retrouver des lectures de contes, des bals folks, des concerts mais aussi des ateliers, des expositions etc. Le salarié indique que Portevent attend aussi les propositions des nantais·es, sont en lien avec des associations pour encore diversifier et faire vivre le lieu.
Les espaces ont été pensés de manière modulable étant donné «  qu’il y a plein de typologies d’évènements différents  », indique le manager de projets culturels : « on peut basculer de lectures de contes à des DJ sets plus festifs ».

« Des suppressions de politiques culturelles publiques »

Pourtant ce déménagement et ce nouveau souffle ont été contraints par des restrictions budgétaires culturelles comme l’explique Tristan, qui travaille aussi à la gestion culturelle et sur les partenariats de l’association Nouveau Pavillon : «  à Bouguenais on était plongés dans une situation qui était très précaire financièrement dûe à des suppressions de politiques culturelles publiques à plusieurs échelons ».
Aujourd’hui, une grande partie des ressources du Nouveau Pavillon provient de subventions publiques, étant donné que la programmation est considérée d’intérêt général. Pour financer un peu plus l’association, le lieu propose de louer ses espaces à de « grosses boîtes productrice de musiques » pour des résidences, et prêtent leurs espaces aux artistes indépendant·s locaux et locales. À terme, l’association souhaiterait que les entreprises privées puissent organiser « des séminaires, des formations… dans [ses] locaux » afin de remplir les caisses autrement.

La salle de concert, au parquet craquant permet d’accueillir des concerts, des soirées et des contes. Photo : Mathilde Weber, 31/04/2026

Après s’être stabilisé dans ce nouveau lieu, et avoir organisé leur festival « Eurofonik », le Nouveau Pavillon cherche maintenant à s’ouvrir encore plus aux autres associations et à d’autres partenaires : « l’idée c’est de créer aussi d’autres partenariats avec d’autres disciplines artistiques  », indique Tristan dans la salle des expositions. Il conçoit que le lieu sera peut être moins porté sur l’esthétique trad en s’ouvrant à d’autres courants, mais explique que « Portevent c’est la maison, le lieu de vie qui est alternatif et c’est l’association Le Nouveau Pavillon qui a récupéré les clés et qui est résidente ».


Pour aller plus loin : 


Avatar de Mathilde Weber