6 février 2026

Disquaire, le rassemblement discophile bat son plein : « Y’a plein de monde, c’est génial ! »

Du 31 janvier au 1er février s’est tenue la dixième édition du festival Disquaire. Organisé par Alban et l’équipe du Disquaire du Dimanche, l’événement rassemble deux fois par an les Nantais·es passionné·es de vinyles. Cette fois-ci, les festivités se sont déroulées au L.A.B (Little Atlantique Brewery), pour une édition record.

Disquaire, le rassemblement discophile bat son plein : « Y’a plein de monde, c’est génial ! »

06 Fév 2026

Du 31 janvier au 1er février s’est tenue la dixième édition du festival Disquaire. Organisé par Alban et l’équipe du Disquaire du Dimanche, l’événement rassemble deux fois par an les Nantais·es passionné·es de vinyles. Cette fois-ci, les festivités se sont déroulées au L.A.B (Little Atlantique Brewery), pour une édition record.

Disquaire est le rendez-vous immanquable des féru.es de vinyles nantais·es. Qu’iels en vendent, qu’iels en achètent ou qu’iels mixent avec. Depuis trois éditions, l’événement prend de l’ampleur et se stabilise en terme d’affluence.

« Avant, j’avais trois ou quatre DJs sur le week-end, aujourd’hui, j’en ai huit, et ça joue tout au long de l’événement. Dès 11h30 jusqu’à la fermeture. C’est la première fois depuis que c’est lancé que j’ai deux éditions d’affilée qui font à peu près les mêmes chiffres d’affluence, donc c’est très bien », déclare Alban, organisateur, au sujet de l’évolution de Disquaire.

Avec 1 200 entrées sur cette seule édition, l’objectif est donc atteint et paraît être de très bonne augure en vue de la prochaine date qui devrait avoir lieu aux alentours du mois d’octobre prochain.

Les acteur·ices du festival

Les intervernant·e·s étaient plus d’une vingtaine à animer la journée, derrière les stands, les micros ou les platines.

De quoi changer du quotidien en magasin, à l’heure où le vinyle n’est plus le mode de consommation prioritaire. Abubakar, co-fondateur de la boutique Oneness Records, explique : « C’est plus dur que ça a été il y a un temps, il y a moins de gens qui viennent en boutique. En venant ici, ça fait plaisir de voir autant de monde se déplacer pour acheter des disques ».

Son de cloche similaire pour Valentine, étudiante en philosophie : « J’aime beaucoup collectionner, mon père avait de grandes étagères pleines de disques. Avec le développement des plateformes de streaming, on perd beaucoup l’aspect physique de ce que l’on écoute. J’essaie de venir à chaque édition pour parfaire ma discothèque ».

Endrift, DJ électro programmée le samedi déclare avec enthousiasme : « C’est le plaisir de jouer ici en vrai ! À la dernière édition je suis venue avec les Vinyliques Anonymes, on a fait une interview et un talk où on parlait musique et voyages, c’était trop bien. Aujourd’hui on a le soleil avec nous, il y plein de monde de tous les âges, c’est super ! »

Endrift pendant son set à Disquaire. Thème : Voyage dans l’espace. 31/01/2026 – Crédit : Fernette Nesta

Un week-end bien rempli, puisque 18 exposant·es ont posé leurs bacs au deuxième étage, dans l’ambiance batelière du bar chantenaysien. Lieu jusqu’auquel de nombreux·ses visiteur·ses sont d’ailleurs arrivé·es par voie maritime, via l’arrêt de Navibus, quittant un bateau pour aussitôt embarquer dans un autre.

Caisses de vinyles mélangeant les styles musicaux. À l’image des exposant·es et de la programmation du festival. 31/01/2026 – Crédit : Fernette Nesta

Du haut de ses 22 ans, Nesta, nouvel arrivant à Nantes et à Fragil souhaite consacrer son temps à l’apprentissage du métier de journalisme, domaine dans lequel il se voit continuer.

L'édito

Touche pas à mon info !

L’investigation vit-elle ses derniers mois sur l’audiovisuel public en France ? Contraints par une réduction budgétaire de 50 millions d’euros en 2018 par rapport au contrat d’objectifs et de moyens conclu avec l’ancien gouvernement, les magazines « Envoyé Spécial » et « Complément d’enquête » verront leurs effectifs drastiquement diminués et une réduction du temps de diffusion au point de ne plus pouvoir assurer correctement leur mission d’information. Depuis l’annonce, les soutiens s’accumulent, notamment sur Twitter avec le hashtag #Touchepasàmoninfo, pour tenter de peser sur les décisions de Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, déjà visée par une motion de défiance. L’association Fragil, défenseur d’une information indépendante et sociétale, se joint à ce mouvement de soutien.

Après la directive adoptée par le Parlement européen portant sur le secret des affaires en avril 2016, il s’agit d’un nouveau coup porté à l’investigation journalistique en France. Scandales de la dépakine, du levothyrox, du coton ouzbek (pour ne citer qu’eux), reportages en France ou à l’étranger sur des théâtres de guerre, à la découverte de cultures et de civilisations sont autant de sujets considérés d’utilité publique. Cela prend du temps et cela coûte évidemment de l’argent. Mais il s’agit bien d’éveiller les consciences, de susciter l’interrogation, l’émerveillement, l’étonnement ou l’indignation. Sortir des carcans d’une société de consommation en portant la contradiction, faire la lumière sur des pratiques, des actes que des citoyens pensaient impensables mais bien réels. Telle est « la première priorité du service public », comme le considère Yannick Letranchant, directeur de l’information.

En conclusion, nous ne pouvions passer à côté d’une citation d’Albert Londres ô combien au goût du jour, prix éponyme que des journalistes d' »Envoyé Spécial » ont déjà remporté : « Je demeure convaincu qu’un journaliste n’est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie. »


Valentin Gaborieau – Décembre 2017