29 novembre 2025

Premier album d’Alice H.A, pop folk instinctive et électrique

Alice H.A, chanteuse-guitariste nantaise, a sorti Sideways le 20 août 2025. Un premier album pop folk écrit, composé et enregistré sur six ans pour dévoiler un univers intime, nourri de rencontres, d’instinct et d’émotions. Retour sur le long chemin parcouru par la musicienne et sur ses choix artistiques assumés.

Premier album d’Alice H.A, pop folk instinctive et électrique

29 Nov 2025

Alice H.A, chanteuse-guitariste nantaise, a sorti Sideways le 20 août 2025. Un premier album pop folk écrit, composé et enregistré sur six ans pour dévoiler un univers intime, nourri de rencontres, d’instinct et d’émotions. Retour sur le long chemin parcouru par la musicienne et sur ses choix artistiques assumés.

« L’inconscient encré dans le réel. » Alice H.A, chanteuse-guitariste installée à Nantes, a sorti son premier album le 20 août 2025. Sideways est une porte entrouverte sur l’intime. Une pop folk chargée de ce qui déborde quand les émotions ne tiennent plus en place.

Un album écrit au rythme de la vie

Rien n’a été simple ni rapide dans la naissance du premier album d’Alice H.A. Le disque s’est construit sur près de six ans, entre pauses, évolutions personnelles et problèmes techniques. « J’ai eu 15 000 idées et 15 000 changements d’avis », raconte-t-elle en riant. À mesure qu’elle progresse à la guitare électrique, certaines prises deviennent « trop vieilles ».

Loin de travailler uniquement en studio, Alice compose dans les interstices de sa vie, portée par des ami·es qui refusent de la laisser abandonner. « Rien n’est venu de mon initiative au début, j’ai fait ce projet grâce aux autres », reconnaît-elle avec gratitude.

Guitares prêtées, arrangements composés par des proches musicien·nes et ingés son, enregistrement improvisé à la montagne avec sa sœur, Sideways porte la trace de toutes celles et ceux qui ont ajouté une pièce à ce puzzle. Elle résume : « je me suis enregistrée toute seule, voilà ce que j’ai fait toute seule et pour le reste, j’ai vraiment été aidée ».

Pour désigner un objet qui la représente, elle pointe une boule disco. Une bonne représentation du processus de création aux multiples facettes de son album. Le 25 novembre 2025 © Amélie Fortin

Un univers pop folk où l’inconscient ouvre la voie

Musicalement, Alice revendique une identité simple : « moi je dis pop folk, je suis très à l’aise avec le mot “pop” et je garde “folk” parce que tout est composé à la guitare acoustique à la base ». Ses influences, dont elle n’a pas forcément conscience, sont multiples. Elle parle aussi bien de punk que de Renaud, Miley Cyrus ou Britney Spears. Certain·es entendent des accents de chanteuse irlandaise dans sa voix, alors qu’elle n’a mis les pieds qu’une fois à Dublin : « en fait je me suis rendu compte après coup qu’il y avait plein de choses, dans ma manière de chanter, que j’avais écoutées dans mon enfance ».

Les textes de la Nantaise d’adoption résultent d’une écriture instinctive. « Au début, quand j’écrivais, c’était mon inconscient qui sortait tout d’un coup », déclare-t-elle. Elle livre qu’il y a quelques années « j’avais besoin que ça sorte, parce que je ne savais pas trop dire que je n’allais pas bien », avant de reprendre avec ironie : « ça révolutionne rien, tout le monde fait ça ».

Les thèmes aussi s’imposent malgré elle : « le rapport au corps, l’ambivalence des émotions, les rapports entre les gens, j’en dis beaucoup plus dans mes chansons que ce que je pense ». La continuité de ses différents morceaux ne se révèle à elle qu’avec le temps : « je n’ai pas composé un album concept, j’ai composé des chansons comme elles venaient et finalement, il y a quand même un lien entre elles ».

Dans le confort de son canapé aux coussins marqués par les longues heures à écrire et composer. Le 25 novembre 2025 © Amélie Fortin

Un public « attentif » qui « prend soin » des chansons

Alice H.A monte seule sur scène, avec sa voix et sa guitare électrique. Cette configuration crée un climat particulier. « J’ai l’impression que les gens prennent soin de mes chansons, qu’ils prennent soin de ce que je leur raconte, à ce que je veux leur transmettre comme émotion », confie-t-elle. Des moments qui parfois l’emportent : « ça m’est déjà arrivé d’être trop dedans et d’être submergée par mes propres émotions, et là c’est pas très pratique de chanter quand t’as envie de pleurer ».

Un « public attentif » selon ses mots, qui engendre aussi une certaine pression : « c’est limite plus flippant, si tu fais une erreur, ils sont focus sur toi ». Cette attention très forte crée aussi son lot de réactions inattendues. Elle s’amuse que quelques-un·es « ne comprennent pas toujours les paroles ». Alice reste campée sur sa décision : « j’écris en anglais pour me cacher et je le revendique car pour l’instant, c’est comme ça que je me sens bien ». Ce choix lui permet aussi d’adopter un style « très direct, avec assez peu de figures de style, cash, voire un peu violent ».

En arrière-plan, le vinyle de la bande originale de Barry Lyndon qu’elle adore. Le 25 novembre 2025 © Amélie Fortin

Une tournée qui s’esquisse et un deuxième album en route

Après des années à enregistrer « dans des conditions folkloriques », une petite tournée se prépare pour 2026, parfois en double plateau avec l’artiste folk Mike Noegraf. « Souvent, c’est moi qui joue en première, parce que c’est plus calme ce que je fais », explique-t-elle avec humour.

Pas encore de date nantaise prévue. L’organisation en solo lui demande une énergie qu’elle n’a pas toujours. « J’ai une petite flemme à booker toute seule, je préfère faire autre chose », comme l’album suivant. « Là, ça ira beaucoup plus vite. Plus jamais je refais un truc toute seule », dit-elle, lucide et amusée.

Pour découvrir l’univers d’Alice H.A

Curieuse, passionnée et lumineuse, Amélie a cette envie sincère de faire rayonner la culture et la solidarité nantaise.

L'édito

Touche pas à mon info !

L’investigation vit-elle ses derniers mois sur l’audiovisuel public en France ? Contraints par une réduction budgétaire de 50 millions d’euros en 2018 par rapport au contrat d’objectifs et de moyens conclu avec l’ancien gouvernement, les magazines « Envoyé Spécial » et « Complément d’enquête » verront leurs effectifs drastiquement diminués et une réduction du temps de diffusion au point de ne plus pouvoir assurer correctement leur mission d’information. Depuis l’annonce, les soutiens s’accumulent, notamment sur Twitter avec le hashtag #Touchepasàmoninfo, pour tenter de peser sur les décisions de Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, déjà visée par une motion de défiance. L’association Fragil, défenseur d’une information indépendante et sociétale, se joint à ce mouvement de soutien.

Après la directive adoptée par le Parlement européen portant sur le secret des affaires en avril 2016, il s’agit d’un nouveau coup porté à l’investigation journalistique en France. Scandales de la dépakine, du levothyrox, du coton ouzbek (pour ne citer qu’eux), reportages en France ou à l’étranger sur des théâtres de guerre, à la découverte de cultures et de civilisations sont autant de sujets considérés d’utilité publique. Cela prend du temps et cela coûte évidemment de l’argent. Mais il s’agit bien d’éveiller les consciences, de susciter l’interrogation, l’émerveillement, l’étonnement ou l’indignation. Sortir des carcans d’une société de consommation en portant la contradiction, faire la lumière sur des pratiques, des actes que des citoyens pensaient impensables mais bien réels. Telle est « la première priorité du service public », comme le considère Yannick Letranchant, directeur de l’information.

En conclusion, nous ne pouvions passer à côté d’une citation d’Albert Londres ô combien au goût du jour, prix éponyme que des journalistes d' »Envoyé Spécial » ont déjà remporté : « Je demeure convaincu qu’un journaliste n’est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie. »


Valentin Gaborieau – Décembre 2017