Les nouveaux enjeux du cinéma
Tables rondes au cinématographe
Samedi 20 novembre, avait lieu au cinématographe deux tables rondes. Animée par Thierry Méranger des Cahiers du cinéma, Yannick Guin(adjoint à la Culture de la ville de Nantes), Claude-Eric Poiroux, exploitant des 400 Coups à Angers et Catherine Bailhache, directrice de l’ACOR ont tenté de cerner les nouveaux enjeux d’une salle de cinéma.
L’essor des « zones de chalandises »
L’occasion de rappeler que Nantes reste une ville bien pourvue niveau cinématographique avec deux multiplex côte à côte (tout le monde a bien reconnu nos chers UGC et Pathé), et trois cinémas d’art et essais , le Katorza, le Concorde et le Cinématographe. Pour CL-E Poiroux, les problèmes sont les mêmes que pour le Cinématographe. Il a très vite constaté l’abandon des salles de quartiers pour les zones de « chalandises ». C’est grâce à la dynamique de son équipe et à un travail de proximité qu’il a pu voir ses entrées passer de 850000 à 1.2 millions en six ans, avec un écran de plus. Son objectif : « tout montrer, dans de bonnes conditions », en étant le seul à proposer des films d’art et essai en VO .
Quand est-il pour le Cinématographe, petit cinéma d’art et essais face aux énormes multiplex ? « Le Cinématographe, est avant tout un projet », précise Emilie Mottier, directrice adjointe du cinématographe « Nous proposons une sensibilisation à l’image plus qu’une éducation, nous voulons avant tout attiser la curiosité des spectateurs. Pour les enfants, par exemple, les films sont simples mais très bien construits au niveau de l’image. Nous avons ainsi des lignes de programmation qui traversent l’année. La programmation de cette année « animaux animés »leur permet une certaine identification. ». On l’a compris, le cinéma d’art et essai reste une passion, « Ce qui compte, c’est l’ouverture d’esprit » ajoute Emilie « le contenant, le style et la forme sont privilégiés par rapport au contenu ». Autrement dit, ne vous attendez pas à voir « Taxi »,ou une autre grosse production sans originalité !
L’arrivée du numérique, progrès ou menace ?
On arrive ensuite à la question du numérique et de la conservation des films en pellicule « La numérisation des films et l’équipement numérique nous coûterait trop cher. » précise Emilie « Beaucoup de films des années 70 n’ont pas été conservés. Sur les grosses productions, par exemple, 600 copies sont brûlées et on en garde que 20 . Entre les années 30 et 60, des copies ont virées. » Le numérique pose donc plutôt un problème de liberté de diffusion par rapport à l’ultra- rationalisation des grands comme Gaumont ou Pathé, les cinémas d’art et essai sont encore libres du choix du films, de l’heure de la diffusion… « Le Cinématographe garde une certaine indépendance dans le secteur ultra commercial du cinéma. Nous sommes protégés du numérique grâce à une politique de conservation et par le souci de soutenir la création. Nous fonctionnons avec la Commission de programmation et nous devons arriver à un consensus pour la diffusion des films. »

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