Publié le 3 novembre 2006

Renaud Certin


Les Utopiales 2006 ont décollé en douceur. Le Festival de Science-Fiction nantais se centre cette année sur la S-F de l’ancien bloc de l’Est, thème aussi improbable que Mr Spock à la tête du soviet suprême !

Aussi insolite que cela paraisse, c’est au travers de la Science-Fiction que les cinéastes des régimes soviétiques ont amorcé leur révolution culturelle, dès les années 20. Loin d’être anodines, ces pellicules furent parfois de grands succès de l’autre côté du mur.

A côté de ces hommages rendus aux esprits réactionnaires et aux fusées à réaction, le festival reste immuable : prix littéraire, prix de la BD, prix du film, expos, rencontres, débats et conférences...

La première journée a été calme. Passage en revue des salles obscures.

On commence par noter l’intriguant « Manga ». Ce film russe à la frontière du fantastique et du futurisme, construit comme un clip, mêle dans sa bande-son Pixies moscovites et hip-hop français.

Une autre bonne mention est à attribuer à « The Bothersome Man » (« L’Homme qui dérangeait »), une fable norvégienne entièrement tournée en décors réels. Andreas, sorte d’homme sans passé, tente d’y percer - avec candeur et une pointe de gore- le secret d’une société parfaite, terne, et entièrement meublée par Ikéa .

En attendant les autres films et les conférences de Norman Spinrad ou Serge Lehman, plusieurs alternatives s’offrent au visiteur.

Les cybernéticiens se feront plaisir à interagir avec les machines hystériques de Bill Vorn : ces pieuvres métalliques pendues au plafond réagissent à la présence humaine d’une manière parfois flippante.

Les amateurs de graphisme s’arrêteront devant les toiles d’Aleksi Briclot et Benjamin Carré. Ces designers graphiques de jeux créent des toiles 3D en direct, projetées sur grand écran.

Les fans d’autos resteront interdits devant une expo insolite sur d’authentiques voitures volantes.

Mais finalement, tout s’efface devant l’attraction la plus excitante de cette édition. On attend du sang et de la cervelle durant le match de Chess-Boxing. Ce sport hybride (un round aux échec, un round de boxe), né dans les BD tarabiscotées d’Enki Bilal, a maintenant sa fédération sur la planète terre. Ses champions, mi-Kasparov mi-bourre-pif, monteront dimanche soir sur le ring de la cité des congrès.

C’est un ‘petit pain (dans la gueule) pour l’homme’ mais c’est un ‘grand bond en avant’ pour l’humanité !

Renaud CERTIN.