Publié le 6 septembre 2010

Romain Ledroit

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Le procureur général du Texas, Greg Abbott, débute une enquête sur les méthodes de classement du moteur de recherche Google. Le fait de ne pas arriver en tête des résultats serait un préjudice pour les entreprises, une entrave à la libre concurrence.

Google dans le viseur. Trois sites, qui n’arrivent pas en haut de page Foundem, SourceTool et myTriggers n’auraient pas assez de trafic du fait d’un mauvais référencement. Le trafic généré par Google représente 60 à 80 % des parts de marché selon les pays. Ces trois sites estiment donc que Google est le principal responsable du préjudice. Le Monde précise que ces trois sites auraient les mêmes avocats que Microsoft. Foundem est soutenu par une fondation « largement financée par Microsoft ». Microsoft a lancé il y a quelques mois Bing, son propre moteur de recherche.

Le procureur général de l’état du Texas demande une enquête auprès du célèbre moteur de recherche pour déterminer la manière dont fonctionne l’algorithme Google. Cet algorithme mis en place par le co-fondateur Larry Page est la source du succès : dévoiler la méthode revient à remettre un secret de fabrication aux autorités. On ne voit pas comment la firme américaine pourrait accepter une telle démarche.

L’algorithme PageRank

En cause, le système Google. Il se défend de proposer aux utilisateurs les meilleurs services disponibles. Le moteur de recherche fonctionne grâce à un système de popularité, PageRank. Il recense le nombre de liens qui dirigent un utilisateur vers une page. Le rank augmente en fonction de la popularité de ces pages elles-mêmes. Ainsi est établie une hiérarchie par popularité qui devient qualité pour la firme américaine. Etonnante équation pour un algorithme aussi complexe.

Une économie repose sur ce seul algorithme. Des entreprises, souvent des agences de communication, se sont spécialisées dans la visibilité et le référencement. Elles assurent la popularité d’une marque pour des sommes forfaitaires, allant de quelques centaines d’euros pour une prestation à durée limitée contre quelques milliers d’euros pour une prestation annuelle.

Ce procureur texan, Greg Abbott enquête régulièrement sur les pratiques qui menacent lles libertés dans le domaine du numérique.

Il y a quelques mois, c’est à Apple que le procureur demandait des comptes. Une procédure similaire à celle de Google avait été entamée afin de prévenir une situation qui menace la libre concurrence. L’arrivée du portail de vente iBooks lié à la commercialisation de l’Ipad aurait entraîné une hausse des prix des livres numériques.

Traditionnellement vendus au prix maximum de 9,99 $ par Amazon pour le Kindle, une grande partie des titres sont maintenant vendus 3 à 5 $ de plus par Apple. Cette augmentation est due au système mis en place : le contrat d’agence. Les éditeurs sont désormais libres de fixer leur prix et touchent 70 % du prix de vente, 30 % revenant au vendeur. Cinq des six plus grandes maisons d’édition ont signé ce contrat d’agence. Le procureur texan souhaite empêcher une hausse généralisée des prix.

Plus étonnant, Greg Abbott s’est déjà fait remarqué en 2005 pour sa lutte contre certains logiciels espions mis en place sur les CD audio. Sony, ajoutait une protection des DRM contre la copie sans prévenir l’utilisateur. L’état du Texas a été le premier a attaqué Sony suite au vote du Consumer Protection Against Computer Spyware Act en 2005.

Romain Ledroit